IV. l'œuvre dfs tabernacles
L'œuvre des tabernacles, c'est l'œuvre des pauvres appliquée à Notre-Seigneur Jésus-Christ dans l'Eucharistie, à celui que le P. Lacordaire appelait un jour : Le Grand Pauvre.
Oui, Jésus-Christ, sur la terre, est pauvre; il veut avoir besoin de nous; de notre travail, de nos soins, de notre vigilance, de notre garde.
L'œuvre des tabernacles est établie pour procurer à la paroisse d'abord, puis aux églises pauvres du diocèse ou des missions, les linges, et \qs ornements, nécessaires au saint Sacrifice de la messe.
C'est un ouvroir dans lequel viennent travailler quelques personnes tout spécialement dévouées à Notre-Seigneur Jésus-Christ dans la sainte Eucharistie.
Là, il y a moins de cet attrait extérieur et de cette joie expansive que fait éprouver le travail pour les pauvres, mais il y a une joie plus intime, plus cachée, plus pieuse.
Dans cet ouvroir, se réparent les ornements que l'usage a détériorés.
Là, se confectionnent les amicts, les purificatoires^ les corporaux, les aubes, les nappes d'autel, des ornements complets.
Là, les personnes à qui Dieu a donné plus d'habileté sont heureuses d'appliquer leur talent pour la broderie, et d'offrir à Jésus-Christ un travail que les connaisseurs apprécieraient et envieraient.
En lisant la vie de Notre-Seigneur, disait un prédicateur aux jeunes filles de Vœuvre des tabernacles, vous vous êtes surprises quelquefois à regretter de n'avoir pas été à Bethléem au jour de sa naissance; vous auriez été heureuses de fournir à la divine mère de Jésus, le linge qui servit à envelopper le corps de son enfant.
Vous auriez été heureuses encore de travailler avec la sainte Vierge à tisser cette robe que Notre-Seigneur a portée toute sa vie et que les bourreaux ont tirée au sort après sa mort.
Vous auriez été fières de remplir le rôle de Véronique, lorsque n'écoutant que son amour, elle vint essuyer avec son voile la face ensanglantée de Jésus.
Oh 1 chères enfants, ne regrettez rien de tout cela; il vous est donné de remplir près de Notre-Seigneur tous les services que lui rendaient et la sainte Vierge et les saintes femmes de la Passion. Dans le tabernacle, sur l'autel, pendant la messe, il a besoin de vous comme autrefois il avait besoin de sa mère.
Vous remplacez Marie; ô enfants, que vous êtes heureuses !
L'œuvre des catéchismes, l'œuvre des pauvres, l'œuvre des tabernacles, sont les principales œuvres auxquelles vous devez participer.
Si votre mère fait partie de quelques réunions de bienfaisance, priez-la de vous conduire avec elle.
Si elle visite les familles indigentes, demandez-lui de l'accompagner; mais si elle refuse, n'insistez pas.
Nous vous l'avons dit dans la Vie au Pensionnat : N'embrassez pas toutes les bonnes œuvres qui se présentent; n'accueillez pas avec enthousiasme toutes les dévotions dont on vous exalte les eftets merveilleux; ne vous surchargez pas de toutes les prières qui vous sont recommandées.
Pour tout ce qui a rapport directement ou indirectement à la vie de voire âme, n'ajoutez rien, ne modifiezriendece quia été réglé entre votre directeur et vous, sans consulter votre directeur d'abord, et même, pour les choses extérieures, sansl'assentiment du curé de la paroisse et de votre mère.
Nous complétons notre travail sur la parois'ie par quelques pages qui font autorité.