‹ La vie arabe et la société musulmaneChapitre 112 sur 157 · LA Z Y A R A · texte numérisé non relu

LA Z Y A R A

ni d’originalité; la preuve, c’est que, quand on l’a vu une fois, on l'oublie difficilement.

Dès leur arrivée, les familles s’installent dans le cimetière qui entoure le marabout en réputation. Elles s'isolent les unes des autres au moyen de cotonnades apportées à cet effet, tendues avec intelligence ; les chevaux, les mulets, les Anes et les chameaux sont entravés à la corde sur les espaces restés vides entre les tombeaux.

Pendant que les serviteurs préparent le campement et les aliments, les pèlerins vont faire leurs ablutions à la fontaiue voisine et se rendent ensuite, nu-pieds, dans la chapelle du saint qu’ils sont venus visiter; il y allument une foule de cierges de toutes les dimensions, de toutes les couleurs, et y font brûler les parfums en usage dans l’Orient : l’encens, le benjoin, le bois de sandal, etc., etc. — Bekhour. — Cette cérémonie pieuse est complétée par la récitation à haute voix de versets du Koran ou de prières appropriées à la circonstance.

Le lendemain, après un nouveau pèlerinage, on fait, en l’honneur du marabout, une fantazia effrénée, que savent encore animer ou encourager par leurs cris de joie habituels — you ! you! — les femmes et les enfants sous les yeux desquels elle se passe ; puis, le troisième jour, chacun rentre dans sa tribu, après avoir fait à la zaouya de nombreuses offrandes tant en nature qu’en numéraire.

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