T. A V I K ARABE
L’ami sincère ne se connaît que dans le moment du danger.
Es-sedik ma-innnref la ouakl ed-dik.
La terre est une charogne ; ceux qui la recherchent sont des chiens.
Ed-denya djifa, nu toüab-ha, kelab.
lin ennemi doué de raison
Vaut mieux qu'un ami ignorant.
El aadou el aakel,
Khér menti es-sedik el djaliel.
Le froid apprend à voler le charbon.
El berd yaallem serkel el fahliam.
Où est passé votre argent, ô les chrétiens?
Ils ont répondu: « Dans l'cntétemcnt et dans les pertes (dans les folles dépenses). »
Ouine mechaou draham-koum ya nessara ?
Galou : fel aattade ou le khessara.
En effet, les Arabes, depuis le dernier cavalier jusqu'au chef le plus puissant, tous, malheureusement pour nous, ont la conviction qu’un peu pins tôt ou un peu plus tard, nous quitterons leur pays. Notre présence chez eux est une calamité qui leur a été infligée par Dieu, en punition de leurs péchés. Le Tout-Puissant satisfait, il pardonnera, et les chrétiens seront, ù leur tour, vaincus et humiliés. Quand cela arrivera-t-il ? ils l’ignorent. Comment cela se passera-t-il ? ils n’en savent absolument rien ; mais les Français auront un jour de grands embarras européens, ils me pourront continuer ni leurs armements, ni leurs dépenses; un maître de
PROVERBES ET SENTENCES
l'heure viendra — moul saa , — se produira, cl la délivrance aura lieu au moment où l'on y pensera le moins.
Un chef illustre de notre armée plaçant un matin son camp dans les environs de Guudigel — province d’Oran, — vit un berger qui, appuyé sur son bâton, paraissait plongé dans une profonde méditation, et qui, au lieu de s'éloigner, n’avait pas même l’air de s'apercevoir de tous les mouvements de troupes qui s’opéraient autour de lui. Etonné de l'indifférence de cet homme, il s’en approcha, a Que faistu là? lui dit-il — Ce que je fais-là, tu veux je savoir? — Oui. — E/i bien, je regarde la terre musulmane qui, envahie par les chrétiens, verse des larmes de désespoir. » La rosée avait été abondante, et notre fanatique faisait ainsi allusion aux gouttes d'eau qui étaient suspendues à chacun des brins d’herbe que nous foulions aux pieds.
Celui qui a été sauvé par ses jambes
L’est aussi bien que celui qui a été sauvé par son bras.
Li mennaaou, keraaou,
Ki li mennaaou deraaou.
Les Arabes, ainsi que je l’ai dit, tiennent en grande estime le courage, et cependant, chose étonnante, ils n’accablent pas de leur mépris ceux qui en sont totalement dépourvus. Ce n’est pas leur faute, Dieu l’a voulu, il faut les plaindre au lieu de les blâmer. L’homme faible de cœur peut même arriver, chez eux, à une certaine influence s’il fait un noble usage de sa fortune, et s’il est habile dans les conseils.
Après Vaasser (irois heures de l’après-midi), ne dépasse le pays habité
Que l'enfant d’une ànessc.
Menu baad el aasser, ma ifoute el aamara.
Gliér ould el hhamara.