‹ La vie arabe et la société musulmaneChapitre 127 sur 157 · I* RO V K II B ES KT SEMENCES · texte numérisé non relu

I* RO V K II B ES KT SEMENCES

Celui qui a fini sou temps.

N'a plus qu’à allonger ses jambes.

U ou fa adjelou ,

Imedd ridjelou.

Celui qui est décidé à mourir ne supplie pas.

Li itnoute, ma idemmem.

Knquiers-toi de ton voisin,

Avant de t’enquérir de la maison ;

Et renseigne-toi sur tou compagnon.

Avant de demander le chemin.

Chouf le djr.r,

Kebel ed-dar ;

Ou chouf, er-refik Kebel et-trik.

Le voisin n'est bon qu'à augmenter les ordures et à faire des cancans.

El djar iketer ez-zebel ou ikherodj et kl w bar.

Le renversement des selles,

Le labourage des marais.

Et l'amour des renégates.

Gharfale esseroudj,

Jlhart el meroudj,

Ou sahhabet el aaloudj.

Celui qui patiente vaut mieux que celui qui désire.

Et celui qui désire vaut mieux que celui qui désespère.

Li isslénna kher menu li itemenna.

Ou li itemenna khér menu li gataa lyass.

Quand lu vois du rouge dans le ciel, le soir. Prépare ton cheval pour la marche ;

Mais, si tu vois du rouge dans le ciel, le matin, Rentre ton cheval dans le douar.

Menine techouf el hhamora fel aachi,

Ourtjed aaoudek lel mechi;

Ou menine techouf el hhamora fes-sebahh, üekhol aaoudek lel merahh.

La bonne nouvelle, que Dieu l’apporte, Et la mauvaise, que Dieu l'éloigne,

Li fi h a kliér, Allah idjib-lia.

Ou li mafi-ha kliér, Allah ibaad-ha.

Il a passé une nuit dans le marais, et, le lendemain matin, il était le cousin des grenouilles.

fiat lila fel merdja, sebahh benn aam el djerane,

La inoutée pour aller à un ami-, c’est une descente. El aagueba louai Ihhabib hhadoura.

L’ennemi ne devient jamais ami.

Et le son ne devient jamais farine.

El aadou ma irdjaa sedig.

Ou en-nekhala ma lerdjaa deguig.

Le lion et le cochon,

De chacun le père est connu.

Sebaa ou Ihhallouf,

Koul-ha, bouli maarouf.

PROVERBES ET SENTENCES 403

Quand le chien a de l'argent, on lui dit : « Monseigneur le chien I »

El Mb menine ikoun aandou drahame, igouloulou : stdi kelboune.

Celui qui dit : « Le lion n’cst qu’un âne ! »

Eh bien, qu'il aille lui mettre un licou.

Li i ij oui : es-sebaa hhemar,

Irohheu tressennou.

Ce proverbe est souvent appliqué par les Arabes à ceux d’entre eux qui, par haine contre nous, se plaisent à nier jusqu’à la bravoure de nos soldats, dont, au fond, ils sont par expérience très-convaincus.

Le monlement des chevaux.

Le lâchement des lévriers,

Et le cliquetis des boucles d’oreilles.

Vous ôtent les vers d’une tête (dissipent les chagrins). Rekoub le ferass ,

Teloug le merass.

Ou tékerkib le kherass,

Iguelaa ed-doude menn er-rass.

C’est un homme habile : il prend des gazelles monté sur un âne.

Radjel kombass : ihhakem le ghez-al aala dahar el hhemar.

Les Arabes, qui sont d’une mobilité extrême et qui cependant ont été très-souvent atteints dans leurs intérêts matériels par nos lourdes colonnes dont ils se moquaient avec bonheur, emploient maintenant ce dicton quand ils parlent des Français :

LA VIE ARAltE

Le monde est avec celui qui est debout.

Ed-denya maa louakef.

La peur apprend à courir vile.

El khouf iaallem es-sebok.

Le raisin sec n’est bon à manger que lorsqu’il est ridé.

Ez-zebib ma itkel ghér mekemmecli.

On sc sert, en général, de ce dicton pour excuser un ami que l’on enlend blâmer d’avoir épousé une femme be-lle encore, mais déjà vieille.

La femme fuit la barbe blanche.

Comme la brebis fuit le chacal.

El mra therob menti echib,

Kif en-Tiaadja mena ed-dib.

On raconte qu'un homme âgé et à barbe blanche rencontra, un jour, en voyage, une femme dont la tournure et la démarche, bien qu’elle fût entièrement voilée, excitèrent au plus haut point son attention. « Qui que tu sois, lui dit-il, si lu n’es pas mariée, je t’épouse en te donnant la dot que tu voudras, et, si tu es mariée, que Dieu bénisse ta famille et ton mari à cause de toi. — Je ne suis pas mariée, lui réponditelle, mais mes cheveux sont tout blancs et je pense que cela ne vous conviendra pas. — Assurément, répliqua le vieil Arabe sans balancer. » Et il la quitta d’un pas pressé. Quand il fut un peu plus loin, la femme ainsi abandonnée le rappela et lui cria de toute la force de ses poumons: « Par Dieu, monseigneur, je n’ai pas encore vingt ans, et mes cheveux sont noirs comme l’aile du corbeau; mais j’ai voulu vous

P1UIVKRDKS ET SENTENT F. S 4sr.

montrer aussi que je n’aimais pas non plus ce que vous n’aimiez pas vous-même.

Dieu pardonne à l’amant et k la maltresse :

Il ne pardonne jamais à celui qui les fait se rencontrer. Rebbi iq lie for le-zani ou ez-zaniqa :

Ou ma igheforch el moulaki.

Celui qui veut manger du miel doit savoir supporter la piqûre des abeilles.

Li ï h lie b el aassel issberr aala lessaa en-uahhal.

Celui qui dit ce qui ne plaît pas,

S’expose à entendre ce qu'il ne désire pas,

U igoul ma innbaghi,

Issmaa li ma ichthi.

Une tête sans finesse.

Une citrouille vaut mieux qu’elle.

Rass bêla hheila ,

Kabouua khér menn-hd.

Les chrétiens sont les ennemis de Dieu ;

On ne peut les vaincre qu’en leur jurant par Dieu. En-nessara aadiqane Allah,

Ou ilkhodou qhér be aahad Allah !

Ainsi, on ne peut vaincre les chrétiens que p&r des serments faits au nom de Dieu. Ce proverbe, ce n’est pas moi qui l'ai inventé, il a cours dans tout le pays arabe. A bon entendeur, salut.

LA VIF. ARABE

Si tu veux te venger d’un homme, envoie-lui une jolie femme,

Et, si tu veux te venger d’une femme, envoie-lui un beau jeune homme.

Ida teliheb tenntljom menti railjel, siyeb aalih mra zina. Ida teliheb tenntkom menu mra, siyeb cliebab aali-ha.

La nuit des accidents, auéun chien de garde n'aboie.

Lillt le keda ma innbahh fi-ha kelb.

Mets tes chagrins dans un filet.

Il en tombera et il en restera.

Dir el hemm fe chebka,

Clii itihh ou chi ibka.

Couche-toi avec du chagrin plutôt qu'avec du repentir. Bâte fel yliûl ou la tebate fe nedama.

Je te donnerai le pouvoir quand germera le sel,

Et fleurira le charbon.

Naalik el hherma menine innbetl el mellili,

Ou inououer el fahham.

Le rat qui se presse fait le bonheur de la chatte.

El far mekallok menu saad el gotta.

L’année de la glace.

Laboure et laboure encore.

Aam el djelid,

Hharelt ou zid.

Le mensonge n’ajoute rien au courage.

El kedeb ma izidche fer-rekoubiya.

PROVERBES ET SENTENCES

Il n’y a que la terre — tombe — qui puisse raraasier l’œil — de l’ambitieux.

La ichebbaa el aain, ghér et-trab

Cavalier celui qui monte aujourd’hui.

Faress mena erkeb elyoum.

Le mort, que Dieu lui soit miséricordieux,

Et le vivant, que Dieu le sauve.

Li male Allah irhhamou,

Ou li aach Allah issellemou.

Fais-moi vivre aujourd'hui, tu me tueras demain.

Hhayini elyoum ou ktelni (jlieda.

Quand la porte est ouverte,

Il peut entrer un lion on un ogre.

El bab el mahhaloul.

Idkhol sebaa ou le ghoul.

C'est celui qui a mal à la dent

Qui doit courir après la tenaille — le dentiste.

Li dorrlou dersslou,

Ifl'etech aalel koullab.

Ne vante le marché Que celui qui y gagne.

Ma icheker es-souk.

Mena gliér li irbbahh fih.

C’est la réponse que font les Arabes h ceux de leurs core ligionnaires qui, devant eux, se permettent de vanter les chrétiens.

Que lui manque-t-il ? C'est un oiseau de la mosquée Il boit dans un bassin et il couche sur les tuiles.

Ouatchta kliessou : zaoutlj el iljamaa,

Ichrob fel khassa, ou ibal fel karmoude.

Le lion brise et les chacals mangent.

Es-sebaa ïherress ou diyab takoul.

Le cavalier qui n’a pas d'armes,

C’est comme un oiseau qui n’a pas d'ailes.

El faress bêla selahh ,

Kif et-tair bêla djenahh.

Oh! l'impatient! pourquoi te presses-tu?

Rien ne se fait que par l’ordre de Dieu.

Ya le mekallok aalach tetkallok,

Koul-chi, be amer Allah.

Quand celui qui parle est insensé, celui qui l’écoute doit— être sage.

lia kane el metkellem-mahboul , ikoun el messennote aakel.

Achète un cheval rapide, si tu poursuis, tu atteins,

Et, si tu es poursuivi, tu te sauves.

Echeri aaoud sabok, lia tetred, telhhay ;

Ou ila lekoun melroud, lemnaa.

Pour un secret, ne soyez que deux.

Un troisième ne serait qu’un bavard — indiscret.

Es serr bine tenine ;

Ou ef-talete ghér fedouli.

PROVERBES ET SENTENCES

Dans ce monde, il y a trois choses auxquelles il ne faut jamais se lier :

La fortune, les femmes et les chevaux.

Telt messail ma iloumanouch fed-denya :

Ez-zemane , en-nessa ou le khéil.

Maintenant, me dira-t-on, voilà des proverbes et des sentences qui peuvent, nous en convenons, donner une idée des mœurs et de la tournure d’esprit des Arabes; mais, dans la pratique, comment les approprier aux besoins si variés des circonstances et de la conversation? Je vais essayer de le faire pour quelques-uns, ils serviront d'exemple pour les autres.

Balance-l-on devant vous à tenter une entreprise juste, honnête, mais cependant pleine de périls, dites :

Mets ta confiance en Dieu et ne crains plus rien.

A menti be Hebbi, ou la tekhaf.

Vous trouvez-vous en face de gens faibles, indécis, se décourageant pour la moindre contrariété, pour le plus petit obstacle, remontez-leur le moral par les maximes suivantes prononcées d’un ton doctoral :

La patience est la clef de la réussite.

Es-seber meftahh le feredj.

Ou bien :

Le toujours (,1a persévérance) use même le marbre.

Ed-ilouam ilkob er-rekham.

Entendez-vous un homme, trahi par la fortune, faire bon marché de sa dignité, gémir, se plaindre ou se mettre en fureur au lieu de se résigner, diles-lui :

500 LA VIE ARAIIE

L’oiseau de race (le faucon), quand il est pris, ne se débat plus, — se soumet à son sort.

Tair Ihhorr, ila hhassel, maïlkhebolche.

Vient-on à citer un homme qui réussit dans toutes ses entreprises, et qui, cependant, ne parait mériter les faveurs de la fortune, ni par ses talents, ni par son intelligence, appliqucz-lui cette sentence :

Une once de bonheur vaut souvent mieux qu’un quintal d’intelligence.

Uukiya saad khér menti konntar aal el.

A celui qui se vante d’avoir fait de belles actions et qui n'en attribue pas la moindre part à ses compagnons, répondez :

L'aigle lui-même ne peut pas voler sans plumes.

El oogab ma-ïtairchi bêla rich.

Trouvez-vous sur votre route un homme vaniteux, ridicule, qni s’ingénie pour faire croire à tous qu’il est d’une noble origine, bien que réellement il soit d’une basse extraction, donnez-lui un salutaire avertissement en glissant adroitement ce qui suit dans la conversation :

On a demandé : « Quel est Ion père, ô monsieur le mulet ? »

11 a répondu : « Le cheval est mon oncle. »

Galou achekoun babak y a sid le beghulf

Ujuvub : khali laaoud.

Vous convient-il de donner un bon conseil à celui qui,

PftOVER BES KT SEMENCES

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