‹ La vie arabe et la société musulmaneChapitre 13 sur 157 · I.A V I E An AB K · texte numérisé non relu

I.A V I E An AB K

» Elle est assise muette près du sauf» et de son lits ;

» Kilo ne le voit ni ne lui parle.

» — Dis-moi, ô roi, comment je pourrais faire pour » qu’elle me reconnût.

» — Celui des morts que tu laisseras approcher du sang et y boire ,

» 11 te verra et te parlera.

» Je demeurai et j'attendis, et ma mère revint et but dans le sang noir.

» Aussitôt elle me reconnût. »

(HoHKftr, Odjitiée, tiv. XI.)

Dans cet ordre d’idées rentrent les croyances de ceux qui prétendaient que du crâne de l’homme assassiné, sans vengeance, sortait un hibou qui s'en allait criant au-dessus de la tombe du défunt : « Désallérez-inoi, désaltércz-mui, » jusqu’à <ce qu’on eût puni le meurtrier.

Ce hibou était d’abord petit, puis il grandissait, imprimait partout la tristesse ; il se logeait de préférence dans les maisons inhabitées, sons les \oûtes sépulcrales, et enliu dans les lieux où étaient inhumées les personnes mortes de mort violente. Toujours il appelait, annonçait ou révélait le malheur. N’cst-il pas curieux de voir que, de l’Arabie à l’Europe entière, la superstition humaine se soit donné la main pour investir le hibou d’un sacerdoce de terreur? La croyance est générale et l’on ne sait vraiment comment expliquer cette conformité de préjugés entre des races si différentes.

La guerre et la violence étaient pour ainsi dire l’étal permanent des Arabes. Ils considéraient la vengeance comme un devoir sacré, et, dans leurs idées, le sang voulait du sang. Le meurtre ne pouvait être satisfait que par un autre meurtre. ou par une compensation en tètes de chameaux de na-

LES ANCIENS ARABES

turc à désintéresser la famille de la victime. Se soustraire à relie obligation, c’était vouloir, de tribu à tribu, se jeter dans des guerres aussi longues que terribles. On appelait cette coutume la ilii/a ou prix du sang. Celui qui, le premier, réglementa la diva fut Aabd-el-Mettaleb, l’aïeul du prophète ; voici dans quelles circonstances :

« Seigneur, avait-il dit, si vous me donnez dix enfants, je vous jure de vous en immoler un en actions de grâces. » Dieu l’entendit et le tit père neuf Ibis encore. Aabd-el- Mettalcb, fidèle à sa promesse, remit au sort àdécider quelle serait la victime, et le sort désigna Aabd-Allah, jeune homme âgé de vingt-quatre ans ; mais, la tribu s’élevant contre ce sacrifice, il fut arrêté, sur l’avis d’une devineresse, Aarrafa, qu’ Aabd-Allah serait mis d’un côté et dix chameaux de l’autre; que le sort serait de nouveau consulté jusqu'à ce qu’il se prononçât pour l’enfant, et qu’autant de fois qu’il se prononcerait contre lui, dix chameaux seraient ajoutés aux premiers.

Aabd-Allah ne fut racheté qu’à la onzième épreuve, et cent chameaux furent immolés à sa place.

Quelque temps après, Dieu manifesta qu’il avait accueilli favorablement cet échange, car il fit naître d’ Aabd-Allah notre seigneur Mohhammed, et, depuis, le prix du sang — (fiÿfl — fut fixé légalement à cent chameaux.

Mille superstitions terribles et sinistres troublaient l'imagination des Arabes.

Ils avaient de longs récits sur les ogres qu’ils désignaient sous le nom de El Ghilane et Taghoul. Les ogres hantaient les solitudes, prenaient toute sorte de formes et entraient en communication avec l’homme.

l’our d'aucuns, l’ogre était une espèce d'animal hideux, tenant de l’homme et de la bête, habitant loin de tout être

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