I.E SAVOIR-VIVRE
se conformer chez les Arabes sous peine de passer pour un homme mal élevé.
Un homme qui a ce que nous appelons de la tenue, qui est soigné dans sa mise, qui tient à se conformer aux préceptes de la bonne compagnie, et, chez les Arabes, la bonne compagnie est celle qui s’honore d’être pieuse jusque dans les plus petits détails, coupe scs moustaches à la hauteur de la lèvre supérieure, et ne laisse ([ue les coins dans toute leur longueur ; il évite ainsi de salir ses vêtements en mangeant; il fait raser ses cheveux une lois par semaine, pratique soigneusement les ablutions voulues par la loi, fait souvent rafraîchir sa barbe, qui est taillée en pointe, et ne néglige jamais de se nettoyer les ongles. Les ronger avec les dents serait du plus mauvais ton. D'après les préjugés arabes, les ongles sont des démons: quand on les coupe, il ne faut pas les jeter à terre, il faut les jeter au feu ou les enterrer.
En présence de vieillards ou de supérieurs, de son père, de scs oncles ou de son frère aîné, il faut se garder, sous peine de déconsidération, non-seulement de prononcer des mots licencieux, de se livrer à des allusions grivoises, mais encore de mettre la conversation sur les femmes ; il est même interdit d'en prononcer le nom.
Si, cependant, on est forcé de se servir d’une phrase mal sonnante pour des oreilles arabes, on peut se la faire pardonner par la formule ordinaire de hhachak, qui correspond assez bien avec celle de sauf votre respect de nos paysans. Exemple :
Hier, je suis allé à Alger, et, sur ma route, sauf votre respect, j’ai rencontré un troupeau de cochons.
El baraihh roliheut tel Djezair ou hhachak, fe trék tlaguite maa doulet el hhalalef.
Lorsqu’on parle d’un niallteur possible, quelque éloigné qu'il soit, il est du plus mauvais goût de mettre sou interlocuteur en jeu. On ne peut pas dire, par exemple :
Par Dieu, c’est un bon tireur ; comme d’ici à la porte, il te jetterait parterre avec une balle.
Ouallali radjel derrab : ki menna lel-bab iléyylihak be ressass.
Il faut dire :
Il tuerait son ennemi.
Itéyyalih aadouh.
Si vous vantez quelqu’un devant un ami ou même un étranger, il est de bon goût de leur donner les qualités de l’absent. Exemple :
Un tel est un homme sage et courageux comme toi ou comme celui qui m'écoute.
Felane radjel aakel ou rakba kifek ou kif el messennote.
Principe absolu : Il faut faire intervenir le nom de Dieu toutes les fois que vous parlez de l’avenir. Ainsi, ne dites jamais devant les Arabes : « Demain, il fera beau temps; demain, je ferai ceci ou cela, » sans ajouter:
S’il plaît à Dieu. | Ennchaallah.
Cette omission suffirait à vous déconsidérer, car personne ne peut connaître l'avenir, qui est tout entier dans les mains de Dieu. A l’appui de leurs idées sur ce sujet, les Arabes racontent la légende suivante :
En énumérant ce que ses forces lui permettaient de faire, le lion dit un jour:
LE SAVOIR-VIVRE
EnnchaaUah — s’il plaît à Dieu, — j'enlèverai, sans me gêner, le cheval.
Ennchaallah — s’il plaît èi Dieu, j'emporterai la génisse, et son poids ne in’ empêchera pas de courir.
Lorsqu’il en vint à la brebis, il la crut tellement au-dessous de lui, qu’il négligea cette religieuse formule : « S’il plaît à Dieu, • et Dieu le condamna, pour le punir, à ne pouvoir jamais que la traîner. Si le fait est vrai, il est probable que le lion, dégoûté par l'odeur désagréable du suint, n'implante qu’avec répugnance scs dents dans la laine de cet animal.
Dans toute exclamation arrachée à la surprise doit se • trouver le nom de Dieu, ce nom qui conjure le mal.
Gloire à Dieu ! | Se bahane Allah !
Il n'y a de force que par Dieu.
• La koua ilia bellah.
Jamais un Arabe n’entreprend une course, une chasse, ne procède à un acte quelconque, le plus ordinaire même, sans prononcer d’abord ces mots :
Au nom de Dieu ! | Bessemellali !
Quand vous parlez d’une personne honorable décédée depuis plus ou moins de temps, ce serait une grande impolitesse que de citer son nom sans le faire suivre immédiatement de ces mots r
Que Dieu lui accorde sa miséricorde !
Allah irhliamou.