LA VIE A II A II E
De même que, si l’on vous demande des nouvelles d'uue personne décédée depuis quelque temps déjà sans qu'on l'ait su, ne répondez pas :
Un tel est mort. 1 Felane mate.
Mais dites seulement:
Que Dieu lui soit miséricordieux!
Allah iirhhamou
On vous comprendra, et vous n’aurez pas prononcé le nom de la mort, qui est toujours une chose désagréable, à moins qu’on ne parle de la mort reçue dans la guerre sainte.
Ce perpétuel retour vers Dieu donne, si je ne me trompe, aux phrases les plus banales du dialogue arabe un ton touchant, un accent pénétré qui prouve jusqu'à l'évidence combien les inulsumans tiennent à leur religion. Peuvent-ils l’oublier quand on la leur rappelle ainsi à chaque acte de la vie, à chaque instant du jour?
Malgré la propension des Arabes à faire des compliments, des flatteries de tout genre et en toute occasion, il serait maladroit, en entrant dans une tente, de vanter un cavalier, un enfant, un cheval, en disant seulement : « Quel beau cheval, quel bel enfant, quel admirable cavalier! » sans ajouter aussitôt:
Que la bénédiction de Dieu soit sur eux !
Fi-houm el baraka !
Ou bien :
Que le cheval — ou l’enfant — soit béni, avec l’allongement de ta vie et la protection de Dieu!
Mebrouk el aaoud — el icliir — be loulane aamrek ou selerr Allah.
LE SAVOIR -VIVRE
En agissant autrement, on se ferait considérer comme un méchant ou un envieux qui cherche à porter la perturbation et le malheur dans la famille, à jeter un sort, aàin.
L’adin, qui veut dire le mauvais œil, est un acte d’envie secrète et invincible; il peut venir d’un ami tout comme d’un ennemi, même d'un indifférent.
Quand on se doute que le mauvais œil s'est abattu sur un homme, sur un animal ou sur un objet quelconque, ou va trouver des tolbas ou des femmes qui passent pour savoir en débarrasser, au moyen de certaines pratiques, ou bien encore à l’aide de quelques paroles sacramentelles que l’on enferme dans un petit sachet en filali et que l’on porte en guise de talisman — hlierz. — On croit encore détourner sa funeste influence en s’écriant vivement :
Mes cinq doigts dans ton œil !
Khamsa fi adinek !
Au même ordre d’idées appartient l’impolitesse que l’on pourrait commettre en désignant quelqu'un avec le doigt.
Dans les villes, pour se préserver de l'aaïn, on suspend un lieux fer à cheval dans la maison. Celui qui vous aura envié, jalousé, doit recevoir un coup de pied de cheval dans l'œil et en mourir.
Quand, pour donner de la force à son affirmation, un ami vajusqu’à se désirerdu mal.il faut se hâter de détourner l'effet de cette sorte d’imprécation prononcée contre soimême. A ces paroles :
Si je t’ai menti, que Dieu vide ma selle !
Ida guedebt aalik, Allah ikheli serdji !
Répondez sur-le-champ :
Que le mal soit loin de toi !
Baaid el bêla aalik!
En société, à peine ces mots prononcés :
J'ai vu en songe, | Cltefl fel menam.
Tout le monde s'écrie :
Le bien, s'il plaît à Dieu. | El khér ennchaallah.
S’il arrive une contrariété, un accident à un ami qui est sur le point de se mettre en route, d’accomplir un acte quelconque de la vie, diles-lui :
S’il plail à Dieu, tu n’auras pas de mal ! Tu viens de payer, de désintéresser le malheur.
Ennchaallah, la bass aalik ! Defaat el bêla.
Les Arabes, attribuant aux couleurs éclatantes, au rouge principalement, des idées de joie et de bonheur, quand on veut souhaiter du bien à quelqu’un d’une manière générale, on lui dit :
Que Dieu te rougisse la figure!
Allah ihhammer-lek oudjliek !
Les couleurs sombres, le jaune principalement, éveillant, au contraire, des idées de misère et de chagrin, si l’on veut souhailprdu mal, on s'écrie :
Que Dieu le jaunisse la figure !
A llah isse/fer lek oudjhek
LE SAVOIR-VIVRE