‹ La vie arabe et la société musulmaneChapitre 134 sur 157 · LA ME ARABE · texte numérisé non relu

LA ME ARABE

jamais la pensée de les engager à faire avec vous des promenades à pied, ils accepteraient peut-être par politesse; dans le fond, ils n’en seraient nullement charmés. Les Arabes ne marchent que pour leurs affaires; ils n'en éprouvent le besoin ni pour faire la digestion, ni pour éviter l’obésité, etc., etc., car leur sobriété et le genre de vie qu’ils inÈiuAit les met à l’abri de tous les dangers que l’intempérance ou l'oisiv été font courir à la santé. Aussi, quand ils voient des chrétiens se promener à grands pas sur une place publique, ils les tournent en ridicule et ne manquent jamais de dire :

Regarde, regarde, voilà les chrétiens qui frappent la danse; — ils sont fous.

Üenneg, denney, en-nessara rahoum idrobou ed-damu, — mahbel.

Il en est de même pour l'exercice du cheval. Les Arabes ne s’en servent que pour faire la guerre, surveiller leur fortune, paraître dans les fêtes publiques et dans les réunions religieuses, — ouaada; — alors, ils en usent et en abusent. Hors de là, ils vont presque toujours au pas, ne comprenant nullement que l’on puisse monter à cheval pour le seul plaisir de courir sur une grande route. En voyant un ofticier galoper dans les rues, 'souvent je les ai entendus dire avec malice : « Mais où va donc un tel à une pareille allure? Il faut qu’il soit bien pressé. Il est sans doute chargé par son général de porter une dépêche très-importante. »

Il est aussi du plus mauvais ton de proposer des paris. La gageure est une espèce de jeu, et les jeux de hasard sont sévèrement prohibés par la loi musulmane.

On lit dans le Koran, chapitre 3, verset !)2 :

LE SAVOIR-VIVRE

« O croyants ! le vin, les jeux de hasard, les statues et le sort des flèches sont une abomination inventée par Satan. Abstcnez-vous-en, et vous serez heureux. »

Quand un chef, quel que soit son rang, parait devant ses inférieurs, s'il marche, il ne marche qu’avec dignité, ni trop vite, ni trop lentement, et, s’il parle, il ne le fait qu'à voix basse, avec une grande sobriété île gestes. Cette conduite lui est au surplus recommandée par Dieu lui-même. On trouve dans le Korau, chapitre 31, verset 18 :

« Cherche à modérer ton pas et à baisser ta voix, car la plus désagréable des voix est bien la voix de l’àne. »

Si vous ne voulez vous déconsidérer complètement aux yeux d'un Arabe, ne lui posez jamais l’une des cinq questions suivantes :

1° Quel temps fera-t-il demain?

2” Celle femme qui est enceinte donnera-t-elle le jour à une tille ou à un garçon?

3" l a journée sera-t-elle heureuse ou malheureuse?

4” Quand un tel doit-il mourir?

5° Quand aura lieu la lin du monde?

Vous passeriez pour un impie ou pour un ignorant qui ne sait même pas que Dieu seul peut décider de semblables choses.

N’offrez jamais de vin ni de liqueurs à un Arabe devant ses coreligionnaires, ce serait le mettre dans une position très-délicate. En effet, il acceptera ou il refusera. S’il refuse, il vous aura peut-être contrarié: et. s’il accepte, il se sera déconsidéré. Le Prophète a dit : « Le vin est le père de toutes les abominations. *

MO

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