‹ La vie arabe et la société musulmaneChapitre 30 sur 157 · A TOUTE HEURE · texte numérisé non relu

A TOUTE HEURE

Sois le bienvenu.

Sois avec ta santé.

Sois avec la paix.

Comment toi?

Comment ton temps?

Comment es-tu fait?

Comment es-tu?

Comment vas-tu?

Les enfants vont-ils bien ?

Marhhaba bik.

Aala selamtek.

Aal selama.

Ouarh ennta ?

Ouach hhalek ?

Ki rak dair ?

Kirak?

Kifennek ?

Li chachera be khér.

Tu trouveras ici la famille et du large. Halenn ou sahalenn.

Chez les Arabes, le mot temps revient à chaque instant dans la conversation. Au lieu de dire : « Comment te portes-tu?» on dit : « Comment va tou temps? » c'est-à-dire : « Comment

SALUTATIONS

te trouves-tu pendant le temps que Dieu t'a donné à passer sur cette terre. *

Il est une nuance moins marquée, moins connue, qu'on ne saisit pas tout d'abord quand on n’a pas une grande habitude des usages arabes. Je veux parler du détour au moyen duquel ils s’informent de l’état de la femme de leur interlocuteur.

La nommer, fût-elle à la mort, serait une haute inconvenance ; aussi l'intérét qu'on veut lui témoigner se manifeste-t-il par des désignations indirectes, par des allusions.

Comment va ta tente?

Comment vont tes gens?

Comment va ta famille?

Comment vont tous les tiens?

Ki rahi khéïmtek ?

Ki rahoum nassek ?

Ki rahi aayalek ?

Ki rahi djemaatek ?

Comment vont les enfants d'Adam ?

Ki rahotim banou Adem ?

Comment vont ceux qui t’aident?

Ki rahoum el aaouana ?

Toute désignation trop claire éveillerait la jalousie : Il a donc vu ma femme, il la connaît donc, qu’il s’inquiète d’elle?

A moins d’une très-proche parenté, il est défendu aux femmes de se montrer aux hommes et aux hommes de regarder les femmes. Ceci explique pourquoi les hommes seuls peuvent aller au marché quand il s’agit de pourvoir aux besoins de la famille. Dans l’intimité, on ne peut voir que scs sœurs, scs belles-sœurs, ses tantes, et encore, pour cela, faut-il montrer une grande discrétion. Que voulez-vous ! la jalousie est dans le sang du peuple arabe. L"n poète a dit: « Je t’aime tant, ô Sa/iija — la pure — que je suis jaloux

de moi-même, de l'affection que je te porte, de ta grâce, de ta beauté, du milieu dans lequel tu vis, de l'air que tu respires. Si, pour être sûr de te posséder seul, je pouvais te placer dans la prunelle de mes yeux, cela ne m'empêcherait pas d'être encore jaloux de toi jusqu'au jour du jugement dernier. »

Le tutoiement, qui est pour ainsi dire exclusivement employé par les Arabes, cesse souvent dans les conversations de mari à femme, lin homme bien élevé ne parle d’habitude à la mère de scs enfants qu’à la deuxième personne du pluriel. Il y a dans ce fait une certaine déférence.

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