MORT D E LA P K M >1 E A H A I! E
Soins pendant la maladie. — Provisions pour la dernière heure. — Recommandations de la mère. — Demande de pardon. — Profession de foi. — La mort. — Ablutions. — Les linceuls. — La réponse à l’ange interrogateur. — Chant des pleureuses. — Prières des tolbas. — Chant de la gouala.
— La prière des funérailles. — ‘inhumation. — Le fadaoua.
— Le deuil. — Note de l’émir Aabd-el-Kader !
Peut-être un jour dirai-je la naissance de la femme arabe, l'accueil qui lui est fait à son entrée dans la vie, les jeux de son enfance, les enseignements de sa jeunesse, les devoirs qui lui sont imposés, la place qu’on lui accorde dans le monde, ainsi que ses occupations d’épouse et de mère. Mais, aujourd’hui, pressé par le temps, et pour compléter les études qui précèdent, je me bornerai à raconter ses derniers moments, à décrire sa mort.
LA VIE AHABE
Quand une femme est atteinte d’une maladie grave, son mari ne néglige rien pour éloigner le danger, pour la sauver.
Il appelle d’abord le médecin — tebib, — qui, le plus souvent, n’est qu’un vulgaire empirique.
Il passe ensuite aux recettes surnaturelles, dont les vieilles femmes — atljalze — ont seules le secret.
Puis il a recours aux savants — tolbas, — à ceux qui, sur cette terre, passent pour être les privilégiés de Pieu ; si la mort n’est pas décrétée, ils obtiendront peut-être la guérison au moyen de formules religieuses — kliott, — talismans qu’ils feront porter sur différentes parties du corps, ou brûler, pour qu’on puisse en absorber la cendre délayée dans certaines boissons.
Et enfin, en désespoir de cause, il fait aux pauvres d’abondantes aumônes.
« L'aumône, a dit le Prophète, peut, parfois, prolonger une existence. »
Mais la malade ne se rétablit pas; loin de là, son état s’aggrave ; la famille a perdu tout espoir ; l’époux fait alors venir son plus proche parent ou son meilleur ami, et il lui dit:
— Ce qui est écrit sur le front, la main de l'homme ne saurait l’effacer; j’ai usé de tous les moyens, aucun ne m’a réussi :
» Ni les fumigations de l'ucheb(l),
» Ni les décoctions du farouni,
* Ni les applications du bou nnfaa,
» Pas même le feu — el kii.
(1) El âcheb , el farouni cl bou uafaa, plantes connues pour leurs propriétés médicinales.