‹ La vie arabe et la société musulmaneChapitre 49 sur 157 · MORT DK LA FEMME ARABE · texte numérisé non relu

MORT DK LA FEMME ARABE

que pour cous qu’elle va laisser dans celte vallée de misères.

Les derniers moments approchent : c’est l'instant de confesser la foi, de rendre le témoignage à Dieu — cliahada.

Un des assistants prononce plusieurs fois de suite et sans paraître y mettre d’intention :

« Il n’y a de Dieu que Dieu, et notro seigneur Mohhltmnied est l’envoyé de Dieu. *

D’autres personnes répètent ensuite ces paroles jusqu’à ce que la malade dise à son tour, et sans y avoir été invitée, la phrase sacramentelle, ou, si elle ne peut plus parler, place devant sa bouche l’index de la main droite , levé vers le ciel, ce qui suffit pour indiquer qu'elle reconnaît et proclame l'unité du vrai Dieu.

On ne doit pas brusquer ni forcer la récitation du témoignage. 11 n’y a que les gens mal élevés et grossiers qui le fassent. Si la mort vient sans que la profession de foi musulmane ait été prononcée, les hommes croient que 1a malheureuse a quitté cette terre sans être en état de grâce, tuais l)ieu est le plus savant.

La femme rend enfin le dernier soupir; aussitôt un vieillard ou une parente s’empresse de lui fermer les yeux et la bouche ; les amis essayent de consoler ainsi le mari consterné :

« Dieu vous l’avait donnée, Dieu l’a reprise. »

« Nul ne peut avancer ni retarder le terme de la vie. »

On éloigne tout le monde de la chambre mortuaire; on emmène les enfants ; les proches sortent en gémissant.

A peine sont-ils partis, que deux femmes âgées, connues pour leur piété et leur dextérité à accomplir les ablutions suivant le rite, arrivent en toute hâte.

Elles prennent du savon, de l'eau chaude, des lanières de laine, ou simplement un morceau d'étoffe de coton, et procèdent au lavage de toutes les parties du corps, qu'elles essuient d'abord et habillent ensuite avec un soin religieux.

Dans cette toilette funéraire, le camphre n’est point oublié. On met à la défunte une chemise de coton très-longue, elle couvre la poitrine, les bras et les genoux ; puis un pantalon qui descend jusqu’à la cheville. Par-Jessns la chemise, on place une large gandoura, espèce de robe flottante.

La ligure est cachée par un voile léger — khemar, — et la partie supérieure de la tête disparait sous un énorme bonnet nommé koufiya.

On termine ces détails en enveloppant le tout d’un grand drap — kreher, — et on le lie au-dessus de la tôle, à hauteur du cou, de la poitrine, des hanches et au-dessous des pieds, à cinq reprises différentes enfin, parce que Dieu, étant unique, aime l’unité et l’imparité.

Pendant toutes ces opérations, ou asperge le linceul avec des eaux de senteur et de l’eau du puits Zcm-Zem.

Les gens riches couvrent le cadavre de quatre chemises, quatre gandouras et quatre kechers.

Pour exprimer qu’une femme appartenait à une grande famille, on dit :

« Elle a été ensevelie dans quatre linceuls! »

Quelquefois, ces objels sont en soie ou en étoffes précieuses; mais alors ils doivent être de couleur verte.

L’or et les pierreries sont interdits à la femme dans la tombe. Les boucles d’oreilles, les colliers lui sont enlevés, on peut lui laisser les anneaux qu’elle portait à sa dernière heure.

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