I, A VI K ARABE
Il jeûne, il prie, il fait ses ablutions, il pratique l’aumône et ne pense qu’à faire le pèlerinage. .
Isoum, isalli, itououdaa, iseddok le guellaline, ou moradou Ihhedj.
Jeûner, prier, faire ses ablutions, donner aux pauvres et •visiter la maison de Dieu, voilà, en effet, avec la profession de foi — chahada, — les bases fondamentales de l’islamisme ; celui qui, chez les Arabes, s’appuie rigoureusement sur elles, est certain d’obtenir la considération générale et de passer pour un vrai croyant.
Le jeune — siijam — consiste à ne rien manger ni boire, comme à ne fumer ni priser pendant toute la durée d’un mois lunaire, qu’on appelle ramadane, depuis le moment où l’on peut distinguer un til noir d’un fil blanc, jusqu’au coucher du soleil. C’est là un jeûne très-sévère et surtout trèsfatiguant quand on doit s'y soumettre pendant les grandes chaleurs de l’été. On le rompt néanmoins rarement, et, quand on le rompt, pour cause de maladie par exemple, on doit, plus tard, remplacer par autant de jours de jeûne ceux où il a été suspendu. Après le coucher du soleil et la nuit arrivée, on recouvre la liberté de manger et de boire, de fumer et de priser tant qu'on le veut, mais à la condition de reprendre l’abstinence au point du jour.
Les prières. — Elles sont au nombre de cinq :
Prière du point du jour. — Salate el fedjer. — Elle oblige, on le voit, le musulman à se lever de très-bonne heure, été comme hiver.
Prière de midi. — Salate el aalam — eddohor.
Prière de trois heures. — Salate el aasser.
Prière qui précède le coucher du soleil. — Salate el tnoghreb.
Prière qui précède le souper, environ huit heures du soir. — Sainte el aacha.
Ces prières, bien entendu, sont un peu avancées ou retardées, suivant la saison.
On invite les fidèles à la prière au son de la voix humaine, et non au son des cloches, que les musulmans ont en horreur, probablement parce que les chrétiens s’en servent. Voici la formule invariablement employée par les mouddenn, ou gens chargés de cette convocation.
Dieu est le plus grand.
Allahou akber.
Préparez-vous à la prière.
Hheyya aal salate.
Préparez-vous au bonheur.
Hheyya aulel falahh.
Ils doivent la répéter deux fois, en la faisant précéder, comme en la faisant suivre, de la profession de foi — chahada — que j’ai déjà citée.
Ablutions. — El ouduu : elles se divisent en grandes et petites. La petite ablution doit précéder chacune des cinq prières que je viens de signaler. On l'appelle : oudou es seghir, et la grande, oudou el kebir, n’est pratiquée qu’après des cas exceptionnels, prévus par la loi, et dont il est au moins inutile de parler ici. L’ablution qui se fait au point du jour n'aurait, je crois, rien de bien attrayant pour des Européens.
I. ’aumonf.. — Sadaka : elle est aussi très-recommandée par la religion musulmane. L'aumône faite en secret et sans ostentation apaise la colère de Dieu et préserve des morts
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