‹ La vie arabe et la société musulmaneChapitre 69 sur 157 · LA BOI9SOM · texte numérisé non relu

LA BOI9SOM

La boisson exerce également une notable influence sur la nature du cheval: si l’on n’y porte une grande atftntion, elle peut déterminer des accidents fâcheux qui, à la loHgue, deviendraient chroniques et pourraient transformer sa constitution.

Les chevaux du Sahara ne boivent qu’une fois par jour quand ils trouvent de l’eau ; autrement, ils se passent facilement de boire deux jours et même trois. Le meilleur moment pour les abreuver est le milieu de la journée.

Dans les tribus qui possèdent beaucoup de brebis et de chameaux, on donne de préférence du lait aux chevaux. C’est la boisson la plus réconfortante et la plus saine. Là où il n’y a que des brebis, on a soin de leur donner du lait au moins au printemps. Dans tous les cas, on ne sèvre les poulains qu’au moment où on peut remplacer le lait de la mère par celui des chamelles et des brebis.

Le lait a la propriété de fortifier les muscles en les dépouillant d’une graisse inutile, de faciliter la respiration et de rendre ainsi le cheval infatigable. Celui de la chamelle

LE CHEVAL ARABE PUR SANG <13

possède surtout l’avantage d’affermir la moelle et d’entretenir la santé, ce qu'on reconnaît toujours à la gaieté, au brillant du poil et à la souplesse des crins.

Le cheval arabe n'aime ù boire que de l’eau trouble. Estelle claire et crue, il la trouble lui-même avec scs pieds. Ne peut-il le faire, il boit avec une visible appréhension.

Les habitants des villes et des pays fertiles ont grandement tort de faire boire leurs chevaux jusqu’à trois fois par jour. L'absorption d’une trop grande quantité de liquide donne de la mollesse aux muscles, grossit le corps et gonfle les chairs. Elle détermine souvent des tremblements, et rend le cheval impropre à la course. Ou abime encore sa constitution en le faisant boire immédiatement ou peu de temps après qu'il a marché.

L'eau venant de loin et qui a parcouru des tuyaux de plomb ou des conduits de plâtre est également très-nuisible. L’expérience l'a démontré. On prétend qu’à la longue elle est capable d'altérer la constitution primitive au point d’étioler la descendance.

Dans certaines tribus, quand un cheval a été fatigué par

de longues journées de chasse ou de courses, on lui fait boire du bouillon de mouton étendu d’eau fraîche. Ce régime le remet promptement.

Plus un cheval a travaillé, plus on doit lui distribuer l’eau avec précaution ; c'est le moyen d’éviter les refroidissements du corps et les arrêts de transpiration. Souvent, le jour d’une course excessive, on ne le fait pas boire du tout.

En résumé, les Arabes empêchent leurs chevaux de boire beaucoup. Ils disent que l’excès de la boisson pousse au ventre, ramollit les tissus et diminue l'ardeur au travail.

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