LE TRAVAIL
Le cheval étant, par sa nature et par son tempérament, plus impressionable et plus sujet à se modifier que tout autre animal, il est hors de doute que le travail exerce aussi une grande influence sur sa constitution. Si on l’accoutume, par exemple, h porter de lourds fardeaux comme le chameau, il deviendra infailliblement une béte de somme. Si l’on s’en sert pour traîner la charrue, pour dépiquer les grains, il deviendra semblable au bœuf et au mulet. Dieu a créé le boeuf pour cultiver la terre, le chameau pour enlever les fardeaux, et le cheval pour les courses rapides ; par conséquent, l’employer à un travail pour lequel il n'est pas né, c'est vouloir l'humilier, détruire ses qualités et le soumettre à une contrainte peu compatible avec sa nature. Toute violence faite aux lois posées par Dieu lui-même devient indigne de ceux qui la pratiquent, en même temps que funeste ii ceux qui la subissent. Regardez la gazelle, la vache des pays déserts, l'hémione, que deviennent-ils quand ils se soumettent à la dictature de l'homme et qu'ils abdiquent entre scs mains la puissance de leur état sauvage ? Ils perdent leur force, leur énergie, leurs allures, ainsi que leur noble et belle apparence.
Les Chevaux des pays déserts du Sahara sont les plus beaux et les meilleurs chevaux du monde. A quoi doiventils leurs brillantes qualités? A une cause très-simple, la voici : on ne s'en sert que pour les monter, pour accomplir des courses longues et rapides ; puis, sans leur imposer au-
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cun autre travail, on les rend à leurs habitudes naturelles, en les laissant paître à leur guise et en liberté, de telle sorte que, tout en étant apprivoisés, ils conservent cependant les avantages de l’état sauvage.
Il y aura donc toujours une grande différence entre les chevaux des pa\s riches, oit il mangent beaucoup et sont astreints à des travaux avilissants, et ceux des pays déserts, où ils sont d’une extrême sobriété, et ne font pas autre chose, dés leur plus jeune âge, que de chasser, que d'attaquer, de poursuivre ou de fuir l’ennemi. La même chose n’a-t-elle, pas lieu pour les hommes ? Prenez des Arabes, des Bédouins moitié sauvages, habitant des pays arides; ils sont braves, forts, insensibles à la misère, à la soif et à la faim, rompus à toutes les fatigues ; transplantez-les dans les contrées fertiles, condamnez-les au repos et à une nourriture abondante, leurs forces diminueront, leur courage s'affaiblira, leur résignation ne sera plus la même, bientôt vous ne les reconnaîtrez plus.
Je conclus : le cheval n’est pas dans l'inaction cl la graisse; mais il est tout entier dans le travail et la tempérance.
Et, quand vous exigerez de lui un travail excessif, augmentez un peu sa nourriture habituelle, vous en obtiendrez alors des efforts inouïs. Quel serait, au contraire, l'avantage de celte augmentation, avec un cheval habitué de tout temps à une abondance exagérée î II serait nul ; on n’y trouverait que le danger de le tuer, et, si son estomac y résistait, la preuve qu’ayant toujours eu de trop, c’est pour cette raison qu'il ne peut rien donner de plus en fait de vitesse et de résistance.
Mais en voilà assez sur ce sujet ; passons aux accouplements sur lesquels vous désirez aussi mon avis.
Les Arabes ont en horreur les accouplements incestueux (1), ils ne feraient jamais saillir la tille par le père, la mère par le tils, la sœur par le frère. Il est, du reste, avéré que, dans ces cas-là, un étalon arabe pur sang n’éprouve pas le moindre désir. Des gens du Hcdjaz m’ont raconté dernièrement qu’un étalon de leur pays, tils d’une jument alezane, n’avait jamais voulu saillir des juments de cette couleur. Quand ils les voyait, soit qu’elles lui rappelassent sa mère, soit pour tout autre motif, il s'en éloignait sans manifester aucune envie.
Au surplus, en accouplant le père avec la tille, la mère avec le fils et la sœur avec le frère, on risquerait de n'avoir, avec une descendance ainsi continuée, que des rejetons faibles, dégénérés, incapables de rendre des services.
Il est avantageux, au contraire, suivant les Arabes expérimentés, d’accoupler des sujets de la même famille, quaud ils sont parents à tout autre degré, et que, surtout, la constitution qu’ils doivent à des père et mère irréprochables n’a été modifiée ni altérée par des causes extérieures, étrangères à l’origine. Ils assurent qu’en transmettant toujours ainsi les qualités et non les défauts, on arrive bien plus sûrement à conserver une noble race pure de tout mélange (5).
Vous m’avez dit que certaines personnes, en France, dont les jugements sur la question chevaline ont de la valeur, croyaient que, le pur sang arabe ayant dégénéré, il serait possible de le faire remonter à sa pureté primitive par des
(1) Les auteurs anciens ont aussi prétemlu que les chevaux avaient horreur île l’inceste; c'est l’opinion de Varron, do Virgile, etc., etc. (Cours de science hippique professé à l'École des Haras, par M. Ephrem Houel.)
(2) C'est également l’avis du fameux duc de Newcastle, qui, l'un des premiers, s’est occupé du pur sang et des croisements.
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croisements bien entendus avec ces étalons anglais dont la réputation s’étend dans le monde entier. Suivant moi, c’est là une grave erreur, parce que les chevaux européens, quels qu’ils soient, comme, du reste, tous ceux qui vivent dans les pays fertiles, où ils subissent déjà une dégénérescence par un excès de nourriture, et je comprends avec eux les chevaux de la Syrie, de l’Égypte, de l’Irak et du Moghreb (ouest), ont, en outre, des taches originelles, soit du côté paternel, soit du côté maternel, souvent des deux côtés à la fois, ce qui ne permet plus de les considérer comme des animaux dotés d’un sang entièrement pur. Partant de là, pour rien au monde, un Arabe, possesseur d’une jument vraiment noble, ne consentirait à l’accoupler avec le plus bel étalon anglais. Ce serait à ses yeux une complète mésalliance. Ceci peut vous expliquer les paroles d’un poète célèbre de l’Arabie. Il a dit :
Les ignorants croient qu'il y a beaucoup do chevaux purs;
Mais ils sont encore plus rares que les vrais amis.
Vous m’apprenez que le gouverneur de l’Égypte a fait saillir des juments arabes pur sang par des étalons anglais. Si le fait est exact, j’en suis fâché pour lui, car il n’y a qu’un défaut de connaissances, en fait de science hippique, qui puisse lui servir d’excuse. Je sais, moi, que, si l’on accouplait des juments arabes d’une pureté bien constatée avec des étalons anglais, on ne pourrait en obtenir que l’espèce de chevaux que nous appelons moukeref, c’est-à-dire nés d’une jument entièrement noble et d’un père dont l’origine est entachée. Ils sont encore plus mauvais sous tous les rapports que le produit d’un père au sang pur et d’une mère au sang mêlé — hadjine. — Leur postérité ne pourra que s’avilir
à la longue ; car, quand bien même les descendants de ces accouplements irrationnels se distingueraient en apparence par un bel extérieur, ils ne vaudraient jamais, pour le fonds et pour les qualités, ceux qui viennent d'un père noble ; à plus forte raison, des héritiers d’une race confirmée des deux côtés, et par le sang et par l’antiquité.
Je me résume et je dis :
Le hhor noble, ou, ce qui est la même chose, le aalik, qui signifie excellent au plus haut degré, marche chez nous le premier dans l’échelle des races.
Après lui vient le hadjine, l’incomplet, le défectueux, dont le père est pur et la mère d’origine inférieure.
Derrière le hadjine se présente le moukeref ; sa mère est noble, son père de basse extraction.
En effet, du moukeref, nous arrivons au berdoune (singulier de beradine) ; on n’en fait aucun cas ; son père et sa mère sont roturiers.
Vous le voyez, et je crois vous l’avoir déjà dit, le prix du cheval est dans sa race.
Et enfin, le poulain ressemble d’ordinaire à son père par les organes principaux: la tête, la cervelle, les poumons, le cœur, le foie, les os, les nerfs et les tendons. 11 tient le reste de sa mère. On a constaté encore que l’étalon transmet à scs produits la plupart de scs défauts physiques ou moraux. Aussi se gare-t-on avec le plus grand soin des maladies qui, chez un élalon, sont inhérentes aux os, aux veines, aux tendons, et repoussc-t-on pour la monte les mauvais caractères et la rétivité.
Je ne connais pas beaucoup les chevaux anglais, et cependant, par tout ce que j’ai vu, lu ou entendu dire, je suis certain qu’ils sont bien loin de valoir les chevaux arabes. Si les chevaux anglais devancent les chevaux arabes et t'our-
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nissent une course brillante sur un hippodrome pendant quelques minutes, pendant une heure même, j’y consens, il ne faut l’attribuer qu'à leur haute taille, à leur croupe élevée, à leurs longues jambes ainsi qu’à l'entrainement qu’on leur fait subir ; mais, s’ils devaient, comme les nôtres, courir pendant sept à huit heures sans s'arrêter, ils ne soutiendraient pas leur réputation. Plus la distance sera grande et le terrain accidenté , plus vite apparaîtra l’infériorité. Leur organisation, quoi qu’on en dise, ne leur permet pas de supporter longtemps, et sans souffrir, la colonne d’air que déplace toujours une course rapide (1).
Le cheval arabe, grâce à sa poitriue profonde, à sa puissante respiration, à ses larges fosses nasales, à l'ampleur de ses flancs cl do son rein, à scs membres de fer et à sa sé-
(I) Tontes tes fois que les chevaux de course anglais, les ract-horttt ont lutté de vitesse contro tes chevaux arabes, ils l’ont toujours emporté, dans les conditions ordinaires, c’est-à-dire dans uuo arène de deux ou trois milles; mais reculez les limites du terrain, et il en sera tout autrement. Il y a quelques années, des Anglais ayant amené avec aux des chevaux pur sang se trouvaient dans la province de Nedj, uno contrée de l’Arabie centrale; l’idée leur vint de proposer un défi aux Bédouins, dont les chevaux maigres et osseux ne leur inspiraient point d’abord une grande estime. Les Bédouins acceptèrent et demandèrent combien do jours durerait la course ; les Anglais, on le penso bien, se récrièrent. Il fut enfin convenu qu'on réduirait l’épreuve A trois heures; ce fut et.core beaucoup trop pour les chevaux anglais, qui, après avoir pris la tète au départ, se trouvèrent bientdl essoufflés, épuisés, mourants, tandis quo les chevaux arabes arrivèrent sains et saufs au but. Je ne veux point faire ici de comparaison injurieuse, mais tous les tporltmen conviennent qu’il existe plus d’un rapport entre le pedeslrian et la racc-horst. Il résulterait donc des faits connus que la civilisation accroît chez l'homme et chez les animaux la force d'impulsion, mais qu'elle affaiblit choz eux la force de résistance à la fatigue, ce que Ie3 Anglais appellent endurance.
I Itevue dei Deux Monde», 15 mai 1863, Esquirol.)
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vère éducation, aussi bien sous le rapport de la sobriété que sous celui des fatigues et des intempéries, le cheval arabe, dis-je, peut courir sans entrainement réglementé (car il est toujours entraîné), sur tous les terrains et par tous les temps, une demi-journée et plus sans reprendre baleine.
Chez nous, on nomme modjelli le cheval qui arrive le premier aux courses et qui gagne le prix; mosally, eelui qui vient après lui, et sokit (le silencieux), l'animal qui touche au but le dernier. Un lit le trouble dans ses yeux et l’humiliation sur sa face.
Toutes les fois qu'on verra dans le monde un cheval se distinguer par la fierté, la souplesse, l’élégance et des qualités extraordinaires, on peut être sûr qu’il a du sang arabe dans les veines. D'où lui vient-il ? De son père, de sa mère ou de ses ancêtres.
Chez les Arabes, on attache tant de prix à la pureté du sang qu’aujourd'hui encore les habitants du Nedjed et du Hedjaz ne voudraient pas, pour leurs juments, d’un étalon du plus bel extérieur, fût-il renommé pour la course, si sa généalogie leur était inconnue. Ils lui préféreront toujours un étalon dont les formes seront moins agréables, mais d’une origine incontestée, quand bien même il paraîtrait valoir dix fois moins. La raison en est que, d'après eux, si le poulain ressemble quelquefois à son père et à sa mère, il tire aussi souvent ses qualités de son grand-père, de son aïeul ou de son bisaïeul, etc., etc. Ainsi, bien loin d'attacher, en fait de reproduction, une si grande importance à ce qui, dans un étalon, peut séduire les yeux, il faut, avant tout, savoir exactement à quoi s’en tenir sur la pureté de son origine et de sa race.
Après cela, j’avoue qu’il est bien rare et bien difficile, à présent, de trouver des chevaux arabes primitifs, c’est-à-dire
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lout à fait pur sang, et dont la nature n’ait été modifiée sous aucun rapport, ni par le travail, ni par la nourriture, ni par des alliances malheureuses avec des étrangers. On ne doit pas donner ce nom à ceux qui, trop nourris d’habitude, portent des fardeaux, labourent la terre, dépiquent les grains et qui, de bonne heure, n’ont point été exercés aux longues courses, aux fatigues, aux intempéries, ainsi qu’à supporter avec résignation la soif et la faim.
Le seul pays où l’on peut rencontrer le pur sang dont j’ai parlé, c’est dans le vrai désert, chez les Arabes errants, notamment chez les grandes tribus des Zenata et des Senhadja. Là, de temps immémorial, la race n’a été altérée par aucun mélange nuisible, et chacun y connaît la parenté de ses chevaux, père, mère, sœurs, oncles et tantes paternels et maternels, grand-père, grand’mère, aïeul, etc., etc.
Autrefois, les Arabes avaient très-peu de rapports avec les étrangers, et alors il leur était facile de conserver leurs races. Mais, depuis qu’ils se sont laissé entamer par des voisins persans, égyptiens, turcs, etc., etc., elles ont subi de profondes modifications. Maintenant, est-ce à dire qu’avec nos chevaux tels qu’ils sont aujourd’hui, on ne puisse entreprendre de belles actions ; je crois le contraire, et j’y suis amené par tout ce qui s’est passé sous mes yeux pendant ma longue carrière de guerre. J'ai vu alors bien souvent, non un seul cheval, cela ne prouverait rien, mais des réunions de mille à deux mille chevaux de nos pays, franchir sous leurs cavaliers des distances énormes dans les circonstances les plus déplorables.
En 1845, du Maroc où j’étais établi avec ma déira, non loin de l’embouchure de la Moulouya, je me suis mis en campagne avec une nombreuse cavalerie pour faire une razia dans le Djebel-Aamour, dont les tribus m’avaient trahi et
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donné de grands sujets de mécontentement. Le succès couronna mon entreprise, et, marchant le jour, marchant la nuit, ne prenant de loin en loin qu’un peu de repos, nous rentrâmes chez nous chargés de butin, après avoir ainsi parcouru 880 kilomètres, tant pour aller que pour revenir.
En arrivant dans notre camp, nous pûmes encore, pour la plupart, faire la fantaziya devant nos femmes et nos enfants, qui poussaient des cris de joie pour saluer notre heureux retour.
Pendant ce long trajet, nous n’avions donné que huit repas d’orge à nos chevaux; ils n’ont bu d'ordinaire que tous les deux jours, et cependant, il n’en est resté que quelquesuns en arrière. Comment s’étaienl-ils donc soutenus ? Tout simplement avec les plantes et les arbustes du Miséricordieux dont le Sahara est parsemé. Voilà ce qui prouve que, si chez nous le sang a subi des altérations, il en reste encore assez pour accomplir des choses étonnantes.
En effet, s’il est impossible de faire d’une race où le sang est mêlé une race pure, il est, au contraire, reconnu que l’on peut, au moyen d’alliances bien comprises, faire remonter à la noblesse primitive celle qui n’a été appauvrie que par des privations excessives, un manque de soins ou par des travaux abusifs.
Voilà surtout ce qui devrait engager les Arabes à ne consentir à aucune mésalliance, comme à maintenir dans toute leur intégrité les saines méthodes d’élevage qui nous ont été transmises par nos aïeux. Le cheval lui-même dit:
Élève -moi comme si j’étais ton frère,
Et monte-moi comme si j'étais ton ennemi. Rcbbi-ni ki khouk ,
Ou rekktb-ni ki aadouk.
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Que le salut soit sur vous, à la fin comme au commencement de cette lettre.
Écrit par le pauvre on Dieu, Sid-el-Hadj Aadd-el-Kadeh Dev-Mauhi-ed-Dine.
Damas, le 10 mai 18G6.
Telle est la réponse de l’émir Aabb-cl-Kader aux questions que je lui avais posées. Je crois qu'au point de vue exclusif du cheval de selle, il a raison. En effet, les chevaux arabes, ainsi que les chevaux barbes, et j’ai eu bien des fois les moyens de m’en assurer quand j’étais en Algérie, sont condamnés dès leur naissance à vivre eu plein air, à supporter l'humidité des nuits et la chaleur brûlante du jour. Ils sont encore accoutumés de très-bonne heure à la fréquentation de l'homme, à la vue des objets extérieurs, à l'audition des bruits les plus étranges, tels que cris de joie (t/ou you ) poussés par les femmes et les jeunes filles dans toutes les circonstances heureuses, à la détonation si fréquente des armes à feu ( baroud ), aux rugissements effrayants du lion qui \ ient rôder autour des tentes, aux hurlements féroces et saccadés de l’hyène, aux glapissements sans fin du chacal, aux beuglements assourdissants du chameau qui couche dans le dwiar, aux aboiements précipités du chien de garde, aux mugissements du tambourin (yuellale) et du lambourde basque (bennddir), dont ou se sert pour égayer les jours de fête. Ou les voit presque toujours sellés et bridés, et, lorsqu’ils marchent, soit pour des actions de guerre, soit pour trouver leur nourriture, ils franchissent habituellement de grandes distances pal' des chemins difficiles, raboteux, accidentés, dans des contrées parsemées de palmiers nains, de lentisqucs et de buissons épineux. C'est là une vie qui fortifie les organes de la respiration, qui donne de la
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force aux articulations, et qui rend les reins, les muscles ot les membres robustes; aussi les chevaux arabes peuvent-ils supporter, sans que leur santé s'en ressente, des courses et des privations auxquelles ne pourraient résister des chevaux de moins de sang et autrement élevés. Pour moi, c’est une conviction. Sur quoi s’appuie-t-elle? sur cc fait, que je puis dire avec vérité :
L’oreille a entendu, et l'oeil a vu.