‹ La vie arabe et la société musulmaneChapitre 82 sur 157 · I.A VI K ARABE · texte numérisé non relu

I.A VI K ARABE

entretenir ou faire revenir l’appétit. Dès qu’on a soif, c'est preuve qu’on est rassasié ; on boit, le repas est fini.

A celui qui a bu, il faut dire :

Que Dieu le donne la santé (force).

Sahha.

Ou bien :

Dieu a apaisé ta soif.

Rouai Allah!

Et il doit vous répondre :

Que Dieu le sauve :

Nedjak Allah.

Allah mellmek!

Que Dieu se rappelle les auteurs de tes jours.

Allah irliham oualdik.

La formule d'invocation avant de manger est, & peu près, partout celle-ci :

Au nom de Dieu I

O mon Dieu, bénissez ce que vous nous donnez à manger. Et, quand ce sera consommé, reproduisez-le.

Servez-vous de la main droite pour boire et pour manger : le démon boit et mange de la main gauche.

Mangez avec une grande propreté, ne soufflez ni sur la nourriture, ni sur la boisson, et ne vous servez pas d’un couteau. Le Prophète a cependant recommandé de ne pas manger trop chaud.

En sortant de table, on remercie le Tout-Puissant par ces autres paroles :

Je suis rassasié, louange à Dieu !

Batii chebaane, el hhamedou lellah!

HOSPITALITÉ

Celui qui reçoit un personnage considérable, ne doit pas manger avec lui. Son devoir est de se tenir debout pendant le repas, de veiller à ce que l’hôte ne manque de rien. S’agitil d’un voyageur de moindre importance, le maître de la tente se fera son convive, et, pour l’engager à manger, il se gardera bien, lui, de dire que sa faim est apaisée. Le principe est celui-ci :

Si tu ne manges pas, fais manger.

Enn lem takuul, oukkel.

J’appris plus tard que, pour mes débuts chez sidi Mohhammed benn Haoua, l’on ne m’avait pas trouvé trop maladroit. Cela me fit plaisir, parce qu’alors, capitaine au 2* chasseurs d'Afrique, j'arrivais à Mascara, en qualité de consul de France, auprès de l’émir Aabd-el-Kader, que tous les yeux me fusillaient, et que les Arabes pas plus que les Français ne pardonnent le ridicule.

Depuis, j’ai mangé bien souvent sous la tente. J’avais acquis de l’expérience, et ce qui m’avait autrefois paru d’une difficulté inouïe m’a semblé plus facile, à la condition toutefois de ne pas porter de pantalons collants, et de mettre toujours mes sous-pieds dans ma poche avant de m’asseoir sur un tapis. Il est vrai d'ajouter que, plus tard, j’ai trouvé à peu près partout des cuillers, non en argent, ce luxe est défendu par le Prophète, mais tout simplement en bois. Cet instrument de table est donc connu chez les Arabes, bien qu’en campagne, hors du logis, dans les expéditions rapides, on ne s'en serve pas toujours. Quant aux fourchettes, je n’en ai jamais vu, excepté chez quelques chefs haut placés qui s’en étaient pourvus pour nous faire plaisir.

La femme est chez nous la maison vivante, elle préside à la table de famille, elle y accueille l'invité, et sa seule pré-

Page 1