FÊTES PRINCIPAL F. S
rÉTis mixciPALts
R as$ el aam. — La tête de l’année.
C'esl le premier jour de l’année musulmane. 11 tombe le 1" du mois de moliharem. On jeûne, on prie, on s'embrasse et l’on se dit mutuellement : Mebrouk el aam ! — Que l’année soit heureuse!
El aachoura.
(.et te fête consacre l’anniversaire de la mort de sid el Hhassenn et de sid el Hhaoussine, fils du kalifa sidi Aali bou Taleb, gendre du Prophète. Elle a lieu le 10 du mois de mohbarem.
On assure aussi que, ce jour-là, on a sauvé du naufrage dix compagnons — sohhab — de l’envoyé de Dieu.
El mouloud.
lourde la naissance de Mohhammed. Cette fête se célèbre le douzième jour de rabéaa louel. Elle dure sept jours.
On prie, on allume des cierges dans toutes les écoles publiques, dans sa maison ; on ne travaille pas, on s’habille de son mieux, et l’on se réjouit avec des re/hs, pâtes légères faites avec du miel et du beurre, coupées en petits mor-
ceaux.
Aaïd es-seghir,
Aaid el feter.
Cette fête porte indifféremment ces deux noms : la petite fête, la fête du déjeuner. Elle tombe le l'r du mois de clioual. Sa durée est de trois jours.
On la célèbre en réjouissance de la rupture du jeûne trèsdur imposé par la loi pendant le mois de ramadan — ramedane.
On fait une prière supplémentaire le matin. Elle s’appelle Salale el aaïd.
On s’embrasse, on se visite, on s’offre des friandises, hhalaouate el aaïd.
Aaïd el kebir, chez les Arabes.— Korbane ou Baïram, chez les Turcs.
La grande fête. Elle tombe le 10 du mois dou el hhadja; elle dure sept jours et elle a lieu en commémoration du sacrifice d’Abraham.
On l’appelle encore Youm el oukouf, — lc.jour de la présence, — parce que ce jour-là est celui où les pèlerins qui vont visiter la chambre de Dieu, — bile Allah, — sont admis à entrer dans le temple de la Mecque.
Pour la grande fête, dans chaque famille, tout individu petit ou grand, à moins d’impossibilité absolue, doit sacrifier un mouton. L’excédant de ces provisions de bouche doit être immédiatement distribué aux pauvres.
On recherche les moutons qui ont de belles cornes, parce que la croyance populaire veut que ces animaux sacrifiés dans les voies de Dieu soient admis, après la mort du croyant, à lui faire franchir le terrible Cirate, ce pont qui relie l’enfer
LA CONFIANCE EN DIEU 4M
au Paradis. Monté sur l’un des moutons offerts en holocauste et se tenant vigoureusement à scs cornes, le fidèle qui aura été généreux pour les déshérités de la fortune ne tombera pas dans l’abtme.
LA COXFIAXCE ES DIEU
On assure que du temps de Moulay-Selymane, empereur du Maroc, une affreuse disette étant venue désoler le pays, le sultan ordonna que l’on fît briser les instruments de musique, et que l’on eût à pleurer et à prier. Quelques jours après ce décret, on lui amena un esclave qui avait été surpris, dans les rues, dansant et chantant, en s’accompagnant avec des battements de mains. « Pourquoi, lui dit le commandeur des croyants, te livres-tu à de pareilles démonstrations de joie quand tout le monde est dans l’affliction ? — Mon maître , répondit l’esclave, a des magasins qui sont remplis de grains ; je n’ai donc point à m’inquiéter, je place ma confiance en lui, il me nourrira, et c'est là ce qui cause ma gaieté. — Si cette créature, reprit le sultan, a pu mettre sa confiance dans une autre créature, que mon peuple place sa confiance en Dieu. »
Et il leva toutes les interdictions.
Cette légende où respire tout le fanatisme de la confiance en Dieu, m'a été contée par un Arabe qui se trouvait ces jours derniers à Bordeaux. Il est de Fez — Fasx, — et il se nomme Aa/i benn Hltamed. Atteint d'une de ces maladies d’yeux assez communes en Afrique, il s'était déterminé, sur
les instances de ses coreligionnaires habitant Paris, à venir secrètement se faire traiter en France.
Comment avait-il pu se résoudre à un parti aussi extême ? Car, si l’on voit, de temps en temps, en Europe, des bandes passagères d'Arabes — hayadas, — montreurs de tours de force, — qui parcourent les capitales, Vienne, Berlin, Madrid, Saint-Pétersbourg, Constantinople, comme on en a applaudi dernièrement une troupe à Paris, rien n'est plus rare que de voir un Arabe isolé entreprendre le même voyage, surtout pour demander à la civilisation européenne la guérison des maladies contre lesquelles l’art musulman s'est déclaré impuissant.
Devenir aveugle, s’il demeure ; recevoir cinq cents coups de bâton de la part de ses chefs s’il se laisse prendre en partant ; partir et affronter tous les dangers que la politique des marabouts présente à l’imagination des fidèles pour les détourner de voyager en pays chrétien : le cas était grave. 11 avait consulté un parent, homme de religion, et après bien des discours, une chapelle — koubba, — cachée dans un pli de montagne, avait reçu, par une nuit obscure, chacun tremblant d’être découvert, le serment réciproque du voyageur et de l’ami, l’un jurant de ne pas trahir, et l’autre de ne manquer, pendant le voyage, à aucun précepte de la loi.
Par le serment de Dieu !
Et par le serment du Prophète de Dieu '
Celui qui trahira, Dieu le trahira.
Be ahad Allah !
Ou be ahad r assou I Allah !
Li igheder, ighederou Allah.
Cette formule se prononce les mains droites jointes et lc-