‹ La vie artistique (volume 2)Chapitre 27 sur 52 · CONSTANTIN MEUNIER · texte numérisé non relu

CONSTANTIN MEUNIER

17 février 1896

Constantin Meunier, sculpteur de Louvain, résume son œuvre, raconte sa vie.

manifeste sa pensée par l'exposition qu'il ouvre rue de Provence, dans l'hôtel de TArt nouveau.

Par les bronzes et les plâtres qui se dressent devant le visiteur, l'artiste captive immédiatement l'attention de ce passant qui vient lui demander quel secret d'existence a découvert son labeur, depuis tant et tant de longues années, à travers les difficultés, les chagrins, les désespérances, les espoirs. Toutes ces figures apparues ici sont graves, et comme passives, malgré la douleur de l'effort, la violence

recommençant chaque jour le même combat. Chaque incident de la poésie héroïque continue l'antique effort de l'homme contre le Destin : la Cheminée, le Laminoir, la Coulée de la fonte, l'Accrochage, et l'horreur de l'Hécatombe.

Constantin Meunier a fait son œuvre de la même manière que ces pauvres gens font la levir. Je lui ai entendu dire, en son beau et simple langage, comment il avait vécu cette existence de travail, accomplissant chaque jour sa tâche, ajoutant sans cesse, allant devant lui. Il peut s'arrêter pendant un instant aujourd'hui, et regarder le pays qu'il a parcouru. Mais il aura une joie sans orgueil, et demain, il se remettra en route.

Il a la grande qualité, il est de la race des forts. Il est à la fois traditionaliste et nouveau. 11 a vu, de ses yeux, de son esprit, le spectacle de la vie, et il l'a exprimé, sans recherches pénibles, faussement naïves, sans prétentieux et vains symboles. Il a saisi d'une main ferme l'outil que lui ont légué ses prédécesseurs et ses maîtres, il a

de puddleurs, de marteleurs, de briquettiers,, de carriers, p^ le groupe du Grisou, par les hauts-reliçfiS .de. la Glèbe, de la Remonte au jour; du Mineur à la veine ^ de V Industrie ^ du. Por/;,. -^après, avoir dît etn asppcts. essentiels Içs fatalités du sort e.t les résistance^ hupiaiiiieç, Constantin Meunier év0queTatmQspl\èr.e et le décor d'existence de cette foule, ign.or^. .Elle se. meut dans l'ombre^ elle . habite . aux pays noirs, elle gîte en:de.ba^ses.c.ahutes aux régions indus.trielleSi.elle.deçcend aux sous-sdis, elle y chemine comme une armée, myistérieuse qui. y a tout à l'heure sortir de . terre et saluer l'aurore. .

C'est toute ..Ç;e.tte vie cachée, ces trç8sa.illements, cette bataille contre les chpses^ cette. dominatiQ^. du feu. et. de. la machine, que voici exprimés. par les peintures, les aquarelles,, les pastels, les dessins. De l'aube, à la nuit, ui^ drame humain adniirable se.dérp.ule.. Des .escppades de .miser râbles défilent d'un pas lourd et rythnjé, émigjirants dont l'énergie vaà larencoçitre du hasard V trayaillQur s. d.e. l'usijie.et dupuits

sans mélodrames, de soumissions momentanées au destin, à ces poèmes de violences au repos, si terribles dans leur stupeur, si grosses d'avenir.

Dans la complète notice, si justement admirative, si digne de l'artiste, qu'il a écrite pour le catalogue de cette exposition, Georges Lecomte résume son impression, en affirmant que Constantin Meunier est de ceux qui pensent qu'un artiste doit tirer de la nature tous les éléments de beauté.

C'est, en effet, une preuve nouvelle de cette vérité, affirmée par toutes les œuvres vivantes de l'art, qui nous est apportée aujourd'hui par le sculpteur de Louvain, par ce solitaire qui a poursuivi sans trêve le rêve de la beauté, de l'expression, de la force. Il l'a réalisé avec la vie qui était toute proche de lui, avec cette existence cachée qu'il a découverte, avec ces humbles qui constituent la permanente réserve humaine. Ces humbles ont été les collaborateurs de Constantin Meunier, ils lui ont donné les éléments de son art. En

de puddleurs, demarteleurs, de brique^ tiers,, de carriers, p^ le groupe du Grisou, par les hauts-reliçfis.de. la Glèbe, de la Remonte au jour; du Mineur à laveine^ dp Vlndu^txie, du.Pprf;,, —après avoir dît en asppcts. essentiels Içs fatalités du sort e.t les rjési^tançéç hupaaiiiieç, Constantin Meunier évoque, ratmo.sphère et le décor d'existençç de cette foule, ignpr^e, Çlle se.ineut dans Tombre, elle . habite . aux pays noirs, elle gîte ende.ba^ses.cahutes aux régions indu^r trielles,. elle. deçcend aux sous-sdis, elle y chemine comme une armée, myistérieuse qui. va tout à l'heure sortir de . terre et . saluer l'aurore. . .

C'est toute ..cette vie cachée^ ces tressjaillement3, cette bataille contre les chpses^ cette. dominatip^. du fe.u.et.de.la machine, que voici exprinxés.par les peintures, le3 aquarelles,, les pastels, . les dessins. Eie l'aube, à la nuit, un drame humain admirable se.dérp.ule.. Des escouades de .mis^ râbles défilent d'un pas lourd et rythnjé, émigjirants dont l'énergie yaàlaT.encputredu hasard V travailleurs de. llusipeet du.puiits

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