VI.— PAYSAGES
Les. paysages sont nombreux, brofaés légèrement, joliment ébauchés, souvent crayeux. Le défaut de la Société nationale est la craie, si le défaut de la Soci^ des Artistes français.est le bîtumè« Certains y
échappent toutefois, et contîntient exaàtement l'étude de la région où ils vivent, où ils reçoivent la leçon incessante des Heures, des flots, des forêts, des rivières, M. Emile Barau, dans sa Champàjgne, M. Victor Binet, dans son cher village de Lusancy.
Des peintres flamands disent la poésie delà canaux et des rues dé leurs villes : ainsi, M. Marcette, en une jolie série de toiles, ainsi, M. Baertsœn, M. Willàert. M. Thaulow s'est installé à Dieppe. M. Piet visite les marchés des villes où il passe. M. Maxime Maufra construit un beau Lacronan de granit verdi. M. Lhermitte anime les champs de ses glaneuses et de ses laveuses.
M. Pierre Làgarde dresse le décor des places grises et désertes. Et encore, les eaux calmes de M. Vail, les rues de Moret de M. MouUé, les pêcheuses de Loguivy, de M. Pierre Boyer, les deux paysages de M. René Seyssaud, talent méridional vigoureux, enflammé» d'un bel instinct, la Farandole de M. Valère Bernard^ les charmantes fleurs de M. H. Dumont.
J'admire la belle lumière, le ferme dessin
^348dès fisitaiéé^ dé Penarth et de Cardi£F, des
->"' piages, dés vagues, de M. Sisley. M. Albert Lebourg évoque Vetheuil,. Rouen, la
> . Hollande, Nôtre-^Dame de Paris, en ses ^ toiles doucement colorées, de taches justes, de ciels profonds. M. René Ménard donne dé beaux décors de clairières et de forêts aux scènes mythologiques et montre un drame de l'espace avec Pluie sur la mer* M. Dauchez met en action les Brûleurs de ^oémçnsur une côte basse, de maisons à ras du sol, entre une mer et un ciel verdàtres, dans une atmosphère'grise et triste.
M. Cazin expose huit toiles, très différentes de sujets, très semblables de poésie intime. Qu'il s'arrête devant des gerbes au soleil ou un ciel mouvementiè deseptembrCi qu'il conteilhple les ruines d'Etampes ou une fenêtre éclairée sur la route de Fontenay, qu'il se passionne pour un groupe de maisons ou qu'il songe, la nuit, devant un peu d'eau, une étendue d'herbe, un grand ciel, il garde sur sa toile le souvenir du réel et le charme de sa rêverie.