REMBRANDT A LONDRES
Arrange- toi de façon à bien mettre en œuvre ce que tu sais déjà : tu trouveras en leur temps les choses inconnues qui t'inquiètent.
Rembrandt.
Je voudrais faire ici tout concourir, comme cela se fît dans la réalité, à l'impression prodigieuse que je reçus, la dernière quinzaine de février, des oeuvres de Rembrandt réunies à Londres, dans les salles de la Royal Academy o farts. Jamais, de manière si forte, ne m'était apparu le pouvoir de l'art pour interpréter et résumer la vie. Aucune solution de continuité entre les aspects du dehors et les images peintes. Cette exposition d'œuvres biséculaires fut vraiment le résumé expressif de
tant de visions que je venais d'avoir, et devint le but logique de mon voyage.
Quant on part, le spectacle commence à l'instant où l'on va mettre le pied hors de chez soi. Les choses familières prennent brusquement un aspect nouveau, deviennent des choses quittées, comme si elles étaient abandonnées pour toujours. Je ne parle pas seulement des êtres laissés derrière soi et de la sensation d'arrachement ressentie par tous ceux qui s'en vont. Je parle aussi des objets inanimés, et de la perception que l'on a tout à coup de l'existence habituelle, de celle que l'on vit tous les jours, machinalement, sans y penser. Au moment que l'on a fixé, on ne peut empêcher l'inquiétude du regard errant aux ipeubles et aux murailles, aux tableaux avec lesquels on dialogue chaque jour, à la table de travail où la poussière va commencer un ensevelissement de la vanité des livres et des papiers épars.
, Le même sentiment croît encore en mon esprit sur le seuil de la maison, puis,
lorsque la voiture m'emporte par les quais et les ponts, et que je cherche à apercevoir les visages pensifs et les mains agitées aux fenêtres. Bientôt tout s'efface, et je connais un état nouveau, le halètement du voyage, une sorte d'allégresse bizarre à changer de place, à se mouvoir en hâte, à courir vers le mirage. C'est aussi une satisfaction instinctive, un tressaillement héréditaire, à se retrouver en liberté, à croire que Ton échappe aux mille et mille obligations qui tissent la vie sociale, et que l'on va s'en aller, sans plus connaître de lois, de conventions, de relations, au hasard de l'aventure. On sait bien que l'on va chercher les règlements, les douanes, les coutumes d'une autre région, mais on s'y soumettra avec plus de curiosité que de contrainte, et Ton n'en sentira pas le poids. Pendant le voyage, regarder suffit, on juge après.
Le temps de dévider ces réflexions, le fiacre roule, traverse le Paris du matin, croise ses foules qui descendent des faubourgs avec un rythme d'armée en marche
vers une bataille, et me voici à la gare du Nord, devant cette grande baie vitrée si invitante qui est comme une porte ouverte sur l'espace, sur l'inconnu. Dans les salles, dans le hall, les silhouettes se précipitent, les recommandations et les adieux dessinent leurs gestes si expressifs et leurs étreintes. On voit s'aggraver les expressions fiévreuses et anxieuses des nerveux précis qui attendent les retardataires. Il y a des ruées fébriles vers les calmes guichets. Quelles singulières allures ils avaient tous dans cette gare ! Et, sans doute, ces allures étaient aussi les miennes et celles de mes compagnons exacts au rendez-vous.
Cela ne revient que plus tard à la mémoire étonnée d'avoir enregistré ces images brisées et successives de cinématographe. Mais ces images d'un instant ont un sens, certain de généralité. Où courent tous ces gens? Où courons-nous nous mêmes ? Pourquoi cette fièvre, cette inquiétude, ces appels, ces effrois .^ Sommes-nous chasseurs ou fugitifs, poursuivants ou poursuivis ? Et ne figuronsnous pas ici l'éternel voyage, l'éternel destin ?
La cloche retentît, les portes des wagons sont fermées, le train s'ébranle. La puissante machine nous entraîne, lentement d'abord, passant sur les plaques de métal avec des cahots sonores, comme si nous franchissions des obstacles. Puis, des tours de roues plus vifs, la traversée des faubourgs, sous les ponts, entre les usines, les hauts fournaux, les gazomètres, dans le gris du brouillard et le noir de la fumée.
Et soudain, d'une vitesse que nous conserverons jusqu'à la fin, la glissade éperdue à travers la campagne, et toutes les belles apparitions du sol et de la nue. Sous le ciel chagrin, où tremble à l'orient une lueur de soleil, dans l'écart des brumes qui roulent de l'est vers l'ouest, se profilent, avec une rapidité fulgurante, les collines rouillées, les bois bleuâtres, les villages enfantins, les petits clochers rustiques.
Tout près de nous, les terres labourées exalent une vapeur, une mince fumée sort du toit d'une chaumine, un cabriolet mené au trot d'un cheval blanc semble immobile sur une route. Les maisons se multiplient,
une ville se dénonce, un lacis de ruelles, une géométrie de canaux, que dominent les tours d'Amiens. Le pays change, nous traversons des plaines marécageuses, des terres tristes, pour nous approchet de la mer. Le ciel s'éclaircit au-dessus des dunes pâles, le vent passe sur de longues herbes sèches, des échancrures d'eau mordent le sable, des jetées et des phares s'avancent dans on ne sait quel vide où s'aperçoit tout à coup la ligne précise de la mer, un rang de vagues dures comme du bronze.
Boulogne, bientôt, oiFre à la vue ses maisons et ses navires confondus, à les croire baignés des mêmes lames, son port en hémicycle vers lequel semble tomber la mer.
Le transbordement du wagon au bateau renouvelle les spectacles de la gare et, dès l'installation, les femmes enveloppées de châles, les hommes en houppelande et en casquettes, prennent davantage 1' « air anglais », nous préviennent qu'ils ont retrouvé leur sol sur les planches du paquebot. Le bateau frissonne, s'anime, souffle à voix rauque, et son énorme masse, d'un mouve-
ment léger s'élance, passe la limite des eaux calmes, bat la pleine mer de ses hélices, monte et descend au gré de la houle. C'est le lendemain, la fin de la tempête de la mifévrier, la mer est encore hargneuse, et ses flots grognent contre le navire qui tangue et roule sous leurs assauts en tous sens.
Un autre souci que celui de la nationalité s'inscrit maintenant sur les visages : le mystérieux mal de mer décompose les traits, pâlit et verdit les chairs, et l'abominable torture physique donne aux physionomies les expressions de la douleur morale, depuis la simple perplexité jusqu'à l'horrible angoisse. Parmi cei^x qui sont restés sur le pont, les uns marchent avec une précipitation trébuchante, les autres se défendent, sous leurs couvertures, par l'immobilité et le silence. Deux femmes, blotties l'une contre l'autre, ont l'attitude atterrée, écrasée des grands deuils. Une malheureuse jeune fille blonde, après avoir longtemps résisté, doit accepter sa défaite et descendre dans l'entrepont, soutenue par deux marins. Elle fait peine à voir,
rinsensîbilité de la mort sur son frêle visage. Ophélie se laissant glisser au fil de l'eau, Desdemone chantant et pleurant le Saule, n'ont pas un visage plus funèbre.
Le bateau, qui a retrouvé un peu de tranquillité au milieu du détroit, reprend sa marche chavirée à l'approche de la côte anglaise, et c'est au milieu de paquets d'eau sournois et parmi des barques de pèche qui montent et descendent les hautes vagues, que nous touchons Folkestone . Le soir vient pendant que le train nous emmène, la vision est tout de suite bornée par des masses confuses, des opacités où luit quelque filet d'eau, où clignote quelque lumière. Après la grande clarté livide de la mer et sa brutalité héroïque, il semble, dans cette brume et cette nuit, qu'on entre sous terre- Il faut l'arrivée dans les feux du gaz, le roulement sur le pont de Charing- Cross, le large décor de la Tamise avec l'horloge lumineuse de la tour de Westminster, il faut le surgissement de réalité fantastique de Londres, pour rendre à l'esprit la certitude joyeuse de la vie. Je
souris auxmille flammes du soir, au rayonnement électrique, au mouvement, au bruit, comme à la beauté du jour reconquise à la sortie d'un long tunnel.
Je n'irai pas tout de suite chez Rembrandt. Je veux, auparavant, la sensation des précédents séjours à Londres, le contact avec l'agitation ordonnée de la rue. Je me mets donc à l'unisson de ce mouvement extraordinaire qui va sans tumulte, je marche, je roule en cab, je grimpe aux omnibus, je descends aux cryptes des railways, je parcours la région de la banque et celle du commerce, les quartiers de luxe et les quartiers de travail et de misère, les faubourgs aux larges avenues, aux tranquilles maisons où se reposent les activités de la ville.
Partout, émergeant du brouillard de la journée, ou brillant sous l'éclat des vives lumières nocturnes, je distingue, variées à l'infini, les expressions du visage humain.
Il n'y en a pas deux qui soient semblables, et ces masques de la rue, qui paraissent si bien attachés, trahissent presque tous,
entrevus au passage, un tempérament, un instinct, une force, une faiblesse, une inconscience, une réflexion, une manière d'être sociale ou sentimentale. Qu'est-ce donc alors pour les mêmes êtres observés, selon la gesticulation et Tanimation de leurs propos, ou TUS devant quelque spectacle, leur attitude rigide tout à coup débridée, manifestant l'enthousiasme, la joie, Témoi ?
La vie^ vraiment, multiplie ses images pour qui saurait les.voir, et nous passons sans cesse, dans nos endroits d'habitude, auprès . des plus merveilleux spectacles expressifs.
Londres, le samedi soir, dans ce quartier brûlant qui a pour foyer central Piccadily- Circus, révèle le fond humain en une folie singulière dont on peut suivre les progrès heure par heure, minute par minute. I /alcool déborde, s'allume, change en une mêlée furieuse le va et vient mécanique des autres jours. Dans l'assaut des cafés et des bars, les audaces et les frénésies des sanguins, les rabâchages et les entêtements des lymphatiques se confondent.
Des costumes étranges sortent du brouillard doré. Des langages divers retentissent en mots entrecoupés. La prostitution erre autour de ce champ de bataille pour achever les blessés. Tous les pas sont tremblants et tous les yeux vacillent. Londres, admirable machine, ensemble de rouages précis, a perdu son équilibre, et ses forces déréglées battent le vide. Le morne repos du dimanche remettra tout en ordre.
Le repos, Je croyais aussi le trouver, par contraste, aux salles de la ^oyal Académy, et tout d'abord, il est vrai, un apaisement naît de la belle ordonnance des deux cent huit œuvres de Rembrandt, du silence recueilli des visiteurs, du jour terne qui tombe des vitres dépolies. Mais, sitôt que Ton se trouve en face de certaines toiles, l'agitation rencommence : Rembrandt vous dit de toute sa puissance qu'il n'y a pas de séparation entre la vie et l'art, et que toutes ces images diverses, multipliées, ces gesticulations, ces expressions, que nous voyons tous les jours, viennent aboutir à ces des-
sins rapides, à ces peintures profondes.
Rembrandt n'a pas tout vu ni tout dit, parce qu'un seul homme, ni même tous les hommes ne sauraient épuiser l'univers toujours renouvelé, mais il a senti directement, et tout ce qu'il a pu prendre, il Ta pris, allant de plus en plus vers la signification complète et la force du résumé.
Il y a ici des œuvres de toutes les dates de son existence de peintre, depuis le portrait de sa mère qui est de 1628, peint au sortir de sa vingtième année, jusqu'à son portrait à lui, qui est de 1669, l'année même de sa mort. Le portrait de sa mère Neeltge Willemsdochter est d'une extraordinaire beauté d'observation, à le croire daté rétrospectivement si l'on n'avait d'autres preuves de la précocité de l'artiste. Il est toutefois d'un faire précieux dans une atmosphère rousse et dorée, de ce ton saur qui est une des marques de Rembrandt.
La tète est solide et fine, avec mille signes que la vie a déjà fait son œuvre. La Vieille femme lisant (1630), — une tête penchée, un grand livre qui s'ouvre dans toute la
largeur du tableau — est d'une recherche déjà plus libre, et voici l'artiste, en ces années 1630 à 1635, qui tâtonne, qui varie si manière, qui se force à la précision ou s'essaye à la souplesse harmonieuse, par 1< portrait blond de sa sœur Lisbeth, par h portrait gris de son père Harmen Gerritsz par l'effigie d'une vieille dame aux yeuj voilés de sang, par la représentation d'ui homme solide, coloré, rageur. Le Construc teur de navires et sa femme est une œuvr< complète de cette époque, — Rembrand encore soumis aux pratiques régulières d< la peinture hpllandaise d'alors, — doubb portrait où les personnages dialoguent, s< complètent, l'homme occupé à dessiner un< coque de navire et distrait en son travai par l'entrée de sa femme qui lui remet ur message. La manière gagne en ampleu:
avec le portrait d'un Rabbin à la grandi barbe grise de bouc, à la lèvre supérieure rasée, homme ferme au visage de prudhomie, rigide observateur de la loi, sachan extraire le bon conseil du texte qu'il invoque.
Saskia entre bientôt dans le cercle magique de la poésie de Rembrandt. C'est elle en robe claire couleur de soleil. C'est elle, costumée, dans le Bourgmestre Paneras et sa femme^ de formes un peu disparates, mais non pas dégingandées toutefois comme celles du Festin de Balthaj^ar. Ce qui suit a plus de tenue. L'artiste s'attache à dégager la signification humaine des épisodes bibliques : le ^on Samaritain, Isaac et Esaû, la Salutation, Abraham renvoyant Agar et 'Ismaël, la Robe de Joseph, — classés ici d'après leur ordre de production.
Parallèlement à ces évoca^tions de sentiments éternels par des scènes intimes et populaires, Rembrandt continue son œuvre de portraitiste par des peintures d'un goût et d'une élégance rares, où jamais l'afféterie de la mode ne se montre. Tels, le portrait de la Dame à l'éventail, d'une autre Dame à la robe brochée d'or, de la Femme du bourgmestre Six. Il est égal à ses sujets, les aborde tous avec la même force sûre d'elle-même, quitte ses clients de haute bourgeoisie ou d'aristocratie pour les mo-
dèles qui lui sont proches, la Fille à la fenêtre, V Homme lisant, la Femme de Nicolas Berghem, ronde, rouge et saine comme une belle pomme.
Les années passent, l'émotion grandit.
Le Tobie et sa femme, de 1650, — deux vieillards dans une chambre rustique, une haute cheminée, une petite fenêtre encadrant la lumière du dehors, — est l'admirable poème de la vie délaissée et de l'attente. U Homme d'armes,lQ profil incliné sous l'ombre de son casque, un sourire bizarre affleurant aux maigres traits, est une sorte de penseur mélancolique, frère du songeur dressé au tombeau desMédicis. Des indices de caractère expectant, d'humeur discuteuse, se lisent dans la scène biblique du Tribut à César. Des visages d'israélites sont aigus, maladifs, inquiets, d'autres ont la patriarcale assurance. La mère de Rembrant réapparaît plus vieille, un regard fier encore dans ses yeux affaiblis.
L'enfance de Titus rêvasse devant une écritoire. Une jeune femme en robe de fourrure blanche apporte encore une beauté
inattendue. Un homme, que Ton croirait un ouvrier d'aujourd'hui, avoue sa rudesse non loin de cette grâce. La Circoncision est une féerie de lumière, et les chairs de l'enfant, et la robe d'or, et les couleurs et les rayons fleurissent au centre de la toile comme la rosace d'une cathédrale dans les ténèbres.
L'homme créateur de ces merveilles, abritées dans les grandes collections d'Angleterre, et de celles qui sont à Amsterdam, Paris, Saint-Pétersbourg, Dresde, Munich, Cassel, ailleurs encore, — ce Rembrandt est lui aussi présent, et ses portraits successifs ne sont pas les moins extraordinaires. Peut-être même est-ce son portrait de 1658 qui est de l'art le plus magnifique, de l'expression sublime entre toutes. Il est plus grand que nature, vêtu d'une jaune tunique juive à grands plis, la main sur un bâton, le front dans l'ombre d'un grand chapeau noir. Quel regard assuré, dominateur! Quelle ampleur! Et le beau voyageur humain !
Le Rembrandt de l'année suivante, su-
perbe de force, de couleur, le visage rouge, les cheveux roux, les vêtements d'un noir de nuit, est plus ravagé, les traits durcis de tristesse, animés d'une volonté invincible. Cet autre, entre 1660 et 1665, en robe grenat, la palette à la main, a toute sa bonhomie tranquille. Cet autre, de 1661, la vieillesse subitement venue^ se réjouit de la comédie huniaine, de la science acquise.
Le dernier, de 1669, Tannée de la mort, content malgré tout, est une image de bonté qu'il faut vénérer. C'est ici, cette bonté, le mot suprême de Rembrandt, c'est sa haute vertu qu'il nous lègue, simplement, loyalement, comme il a vécu.
Je sors de ces merveilleuses salles, Je revois la rue, la mêlée des hommes, je repasse mon voyage, je confronte le réel présent et le rêve évanoui de Rembrandt. 11 se trouve que les lignes fuyantes des. horizons sont fixées aux moindres de ses dessins, que les visages rencontrés s'identifient aux visages peints. Il y a un échange direct entre la nature et l'art.
Cela n'est vrai que pour quelques rares artistes. Burne- Jones, dont je vais visiter l'exposition dans Regent-Street, n'a pas cet amour, cette avidité de la vie. C'est un érudit qui transpose d'après l'art, qui rassemble en mosaïque des détails pauvreexacts dont l'ensemble est inharmonieux.
Il a vécu son rêve italien dans cette ville aux aspects sans nombre, et il l'a presque ignorée. Rembrandt, génie du Nord, est autrement chez lui à Londres. Il est fâcheux que ce soit seulement une légende qui l'ait fait venir en ce pays. Il aurait, ici, humé avec délices l'air de mer qu'apporte la Tamise, et le mystérieux brouillard mordoré. Il aurait respiré cette odeur de bière, de gin, qui.emplitles rues. Il aurait cherché les lueurs de la peur et de l'héroisme aux yeux flambants ou effarés de l'ivresse. Il aurait pénétré aux tavernes, parcouru l'univers évoqué par les Docks, les bassins où se pressent, comme les arbres d'une forêt, les mâts des vaisseaux.
Je lis, dans le Temps acheté à Leicestersquare, un extrait passionné de Carlyle
racontant les funérailles d'Elisabeth et découvrant Shakespeare dans la foule. Dans»
toute foule humaine on évoquera, avec Shakespeare, Rembrandt. Les analogies de ces deux génies se déduisent d'ellesmêmes. Rembrandt est un prodigieux enregistreur, comme Shakespeare, comme Balzac. Sa force est de se satisfaire de toutes les réalités, de sentir la poésie de toutes choses, d'exprimer cette poésie par la magie de la lumière et de l'ombre.
Février 1899.