‹ La vie artistique (volume 2)Chapitre 43 sur 52 · IV. — LE GENRE. — L'ANECDOTE. — SCENES DE LA VIE · texte numérisé non relu

IV. — LE GENRE. — L'ANECDOTE. — SCENES DE LA VIE

Une des causes du succès persistant de ce Salon tient pour beaucoup dans Tamusement, la devinette des tableaux de genre.

IIV en a beaucoup, il y en a certainement trop, mais c'est une façon d'employer son temps que de s'attacher à comprendre ces histoires, et leur vogue n'est pas prés de s'épuiser. Les visiteurs vont volontiers à ces toiles de tout format, où il y a quelque chose à déchiiffrèr, des gens à reconnaître. On cherchera à savoir qui assiste au banquet de la Pomme, de M. Krug, comme on observera l'attitude de M. Félix Faure chez les alpins dans le tableau de M. Steinheil, comme on frémira au drame rustique de V Arrestation de Condorcet, par M. Benoît Lévy, comme on retrouvera sa gaieté à la Soirée d'esthètes, de M. Truchet.

Beaucoup des toiles de genre sont trop grandes, paraissent vides, et un bon

exemple est donné par M. Désiré Lucas, qui s'en tient au format de Téniers et de Van Ostade, et qui représente des scènes de la vie paysanne : Conte de grand* mère, la Pileuse au rouet, avec un charme très doux de peinture, un sentiment juste de l'atmosphère rousse et grise des chaumières. M. Jean Veber, lui aussi, fait preuve de mesure par sa parabole des Vierges follei,)oVim^Vït colorée. M.Edmond Tapissier, au contraire, enfle démesurément une scène du Songe d'une nuit d'été, et, d'ailleurs, précise trop le décor de Shakespeare et la fée Titania si vaporeuse. De même, M. Jules Adler s'est trompé dans les proportions de ses Joies populaires.

Chez M. Fernand Sabatté, auteur du Pauvre, du Philosophe, le désaccord est certain entre les personnages et les architectures, désaccord qui n'existait pas dans la toile de Tan dernier.

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