ARMÉNIE
Après la Hongrie — la Romijania, la Turquie» la Grèce. Jetons un coup d'œii sur ces régio^^ d'art qui a^paraisfie^at stériles, comme desséchées, qui nous envoient nombrp d^ toile3 aux sujets puérik, traités 4e façon dure» métallique.
On objectera que si la Gr^ce a désappris Tart, la Roumanie n'a pas tern^îné ses années d'apprentissage. Bi^n volontiers, cette remarqii^ sera çpnsiga^fs ic^ Toutefois, je nfi trouve guère à noter, 4^s œuvres roufiiaines, que les d(essins de M. Théodore Pallady, par^ii lesqpels tin fia portrait 4^ M, Am^n-Jean; — Jes toiles qui indiqioent un ^plpr^|4 chez M. Nicolas Gropeano : les Enfants ^ux cheveux d'or^ légende roumaine \ portrait de Mme de Nuovina, de TOpéra-Comique ; la Diseuse de bonne aventure et deux pastels ; — une toile brossée avec verve, Parfums d'hiver^ de M. Michel Simonidy, qui
est aussi Tauteur d'une décoration locale :
A la suite de l'Indépendance la Fortune distribue ses bienfaits à la Roumanie, — et enfin une Cléopâtre de M"* Olga Kornéa.
En Turquie, ou plutôt en Arménie, il y a un artiste, M. Edgar Chahine, peintre et graveur, pourvu déjà d'un commencement de renommée à Paris. Il expose à la sec-^ tiofl de peinture deux œuvres : Coin de rue et Montmartre, qui témoignant de son observation attentive aux spectacles de la rue, aux allures des êtres.
Au catalogue, M. Zakarian est classé dans la « section internationale ». Il est également arménien. Ses natures mortes sont charmantes, d'un peintre amoureux de peinture qui a appris son art à la bonne école de Chardin. Les fruits, les nappes « la petite table en bois blanc, le seau, les radis sont du coloris le plus charmant, dans une atmosphère grise qui donne l'harmonie et la vie à toutes choses.
is.
§ IX. — SUISSB
Le groupe des peintres suisses est l'un des plus compacts de l'exposition décennale. Il offre logiquement les subdivisions que veut la contrée, massée et centrale, mais ouverte néanmoins par les larges lits de ses vallées aux influences du dehors.
L'Allemagne, la France, l'Italie pénètrent la Suisse, lui communiquent une pesanteur, une légèreté, une vivacité. Je voudrais des mots qui disent non un défaut ou une qualité, mais une manière d'être.
La pesanteur a son . sérieux, la légèreté n'est pas privée de raison, la vivacité peut être charmante et vulgaire à la fois. La Suisse est cernée de cette façon, et elle est, sous tous ces assauts, la Suisse, un pays de mœurs paisibles et de démonstrations appuyées, avec une certaine inquiétude imitative qui se voit forcément dans les oeuvres de ses artistes. Où pourrait-elle d'ailleurs, mieux se voir?
C'est ainsi que nombre de paysages sont
des portraits, exacts autaot que possible, des sites, plutôt que les images des choses caractérisées et expressives par le choix de la saison et de l'heure. S'il y a une muse de la géographie, c'est elle qui inspire ces représentations Sdèles. Je n'en médis pas, mais je réclame de l'artiste davantage, un peu de la poésie et de l'émotion inséparables de la nature.
Je trouve cette émotion çà et U, dans quelques paysages. II était bien impossible que les artistes vivant en Suisse ne fussent pas éblouis par la beauté de ce qui les entoure. Nulle part les spectacles ne sont plus grandioses : les montagnes dont l'immobilité s'anime sans cesse sous les enveloppements de la lumière, les passages de nuées, les montées dé brouillards, les pics qui se dressent tout proches, qui s'éloignent, qui disparaissent dans un lointain prodigieux, qui se dérobent et qui se montrent par parties en une fantasmagorie merveilleuse, les pi'airies de velours vert qui semblent couler dés sommets, les for&ts agrippées aux flancs rocheux comme
des mousses, les vallons enfouis dans Tombre, où scintille le torrent changé en rivière, les maisons tassées en quelque lieu d'abri, et d'où monte la mince fumée qui dit le foyer humain, et Les lacs admirables, rigides et clairs comme des saphirs et des émeraudes, et tout à coup agités par la tempête qui les creuse et les ravage, à croire qu'une furie s'est éveillée dans leurs profondeurs calmes. En vérité, c'est cette nature qui donnera à la Suisse son école de peintres, c'est en elle qu'elle trouvera, qu'elle a trouvé le point de départ de son évolution d'art. Segantini, suisse autant qu'italien, devenait un peintre sensitif lorsque la mort l'a frappé.
D'autres vont le remplacer, comprendre à leur tour. Qui sait les chefs-d'œuvre que recèle la montagne mystérieuse, si tragique et si douce ?
Quelques-uns, attentifs, volontaires, ont conscience de cette beauté, lui demandent les éléments de leur œuvre. M. Auguste Baud-Bovy , disparu lui aussi, a vu la sérénité du soleil levant sur le lac. L^a Cime
de VEst^ de M. Charles Girons Y Aube et le Pré fleuri^ de M. Alexandre Perrier? les crêtes du Paysage d'hiver^ de M. Ekiouard Boos ; le Paysage à Oberœchiren^ de M. Edouard Kaiser; le Val Bavona (Tessm), de M. Hans Sandreuter, témoignent d'une anxiété devant tant de magnifiques, formidables et gracieux spectacles.
M** Blanche Berthoud s'attaque vaillamment au Breithorn. M. David Estoppey, lumineux, fin, est allé vers les paysages de la Savoie et de l'Ain. La scène de M. Albert Welti, Soir de noces y avec ses personnages, ses maisonnettes, e&t animé du charme de la vérité. M. Cuno Amiet fait preuve d'une sensibilité particulière :
ses Paysages d'hiver^ sa Richesse du soir expriment le froid sec, la campagne dépouillée et morte, le silence des étendues de neige, la terre ensevelie, le ciel chargé de menace.
Les inquiets dont je parlais tout À l'heure sont surtout des inquiets d'art. Ils mêlent les formules au réel,» ils font effort pour échapper à la vie présente, ils cherchent à
resrasciter Tarchalsme en bizarreries modernes. Il se trouve que le nouveau de leur art, c'est surtout ce qu'ils apportent de science et d'émotion à voir et à pénétrer la nature. Le grand talent de M. Ferdinand Hodler, par exemple, est certain, mais c'est à travers ^certaines contorsions de lignes, certaines taches systématiques que j'admire ces corps endormis, ces figurations de cauchemars, ces expressions du réveil, ces musculatures en marches.
M* Bieler, moins âpre, plus élégant, plie également ses facultés de dessinateur et d'harmoniste à des exercices trop voulus.
De même, M. Carlos Schwabe applique de manière un peu semblable à tous les êtres et à toutes les choses un système de déformation et d'ornementation, et c'est sous sa fine calligraphie de dessinateur que je cherche et découvre la subtilité et la poésie. Je veux encore signaler les Sirènes^ de M. Ernest Stûckelberg ; l'Invitation au/es-tin^ de M. Eugène Burnand; les Portraits de M. O. W. Rœderstein, — pour leur recherche d'art; puis le Braconnier ^ de
M. Edouard Vallet ; le Portrait de M. Gîacometti, — pour leur observation attentive.
Enfin, je vois en M"* Louise Breslau les vives qualités d'une artiste qui discerne le caractère des physionomies, la grâce naturelle de Tenfant, les attitudes de douceur des femmes, les harmonies des visages, des mains et des costumes. Parmi ces portraits, il en est un qui restera parmi les effigies que les peintres ont exécutées d'après eux-mêmes, c'est une M"* Louise Breslau véridique, un peu triste de toutes les luttes fatales de la femme et de l'artiste contre la vie et contre l'art, et superbe de passion calme, de courage qui ne se rend pas, — une œuvre de volonté et d'énergie. M"' Breslau a trouvé celle-là en elle. Qu'elle en fasse d'autres, d'après les autres : elle a désormais prouvé, comme elle ne l'avait pas encore fait, sa pénétration et sa puissance de portraitiste.
§ X. — DANEllARit
Les pays du Nord de l'Europe auront l'attention et la sympathie de ceux qui demandent à la peinture, non seulement d'être la peinture, un art de forme savante et d'harmonie colorée, mais aussi de tra^ duire les aspects particuliers de la vie» des pensées profondément ressenties. En Da* nemark, en Suède, en Norvège, en Fin-" lande, il y a vraiment une école danoise, une école suédoise, une école norvégienne, une école finlandaise. Prenez ce terme d'école comme significatif de cohésion^ d'unité. Ici l'artiste ne se sépare pas des autres hommes, ne se livre pas à des tra^ vaux de pure virtuosité, ne s'en vff pas dans tous les sens, par n^importe quelle route, se creusant l'esprit pour inventeir des modes nouvelles; Âucun-e fatigue de décadence n'est visible, tout au contraire c'est une force libre et saine qui se manifeste, en accord avec l'existence de tous.
L'artiste trouve les éléments de son art
chez ceilx avôc lesquels il vit. Il reçmt, et il donne. Il présente à ses compatriotes l'image réconfortante, encourageante, dep leur vie intime. Il n'y a pas pour eela tme admiration de soi-même, une complaisance à se regarder vivre, une suffisance béate* Nullement. Scrutez cette peinture, voua sentirez tressaillir en elle la douleur avec la )oie. Chez certains de ces artistes, que l'on devine de francs hommes du peuple, tout près de la vie des simples, la traduction des choses sera naïve et franche.
Chez certains autres,, plus analystes, plus subtil», plus inquiets,, la sentimentalité sera discrâ^te, sans aucune manière de romance, l'amour et la douleur €Sxprimés avec une sorte de pudeur, sous des aspects réservés, cachés,: comme embrumés.
^indique là, de façon un peu sommaire, un;e tonalité générale. Les nuances de per-* sonnalités diversesr nfe mafi^qfMtit pas, comme on peut penseï*. Voici, pour conï-' mencer par le Danemark, un artiste très représentatif, M. Viggo Johaase^ Onét UQ> poète inttmifiite et familial. Il se piàiV
aux scènes enfantines: V Arbre de Noel^ Maman raconte des histoires^ Le sotr^ les enfants au travail. 11 a un respect très tendre de la vieillesse : l'Anniversaire de Grand'mère. Il est heureux des bonnes heures de thé, de musique, de conversation avec dé sûrs amis : Une soirée che^ moi. J'insiste pour que Ton ne croie nullement, sur ces titres, à de fades anecdotes sucrées d'intentions. L'art de M. Johansen est au contraire d'expression très retenue, rien n'est souligné mal à propos. Il montre ce qui l'a charmé ou ému, à vous dé découvrir à votre tour les raisons du charment de l'émotion. Ajouter que la traduction des sensations de l'artiste est d'une charmante et fine peinture. Il y a dans ses toiles une atmosphère cendreuse tout à fait jolie, où des étincelles de vie scintillent, des sourires, des regards, où les points lumineux de cuivres, de verres ont un éclat très vif et pourtant très doux. La toile Une soirée che:^^ moi^ où la conversation est d'une grâce si paisible, où deux hommes un peu séparés du groupe
pfihctpal témoignent, par je ne sais quoi de leur visage, de leur attitude, d'une amitié si confiante, si pleine, cette toile est délicieuse d'harmonie grise, de couleurs atténuées, de trame lumineuse.
Chez M. Julius Pàulsen, qui expose les solides portraits de M. et M°"'' C. Jacobsen, de M"* Théodora Jacobsen, et aussi des Paysages, on retrouvera, avec la petite toile de la Chambre à coucher^ le même sens juste de l'intimité qui vient d'être loué chez M. Johansen. Et encore, chez M. Ejnar Nielsen : Une malade ; chez M. Peter Ilsted : Petite fille au piano ^Intérieur; chez M. V.
Irminger : Passé minuit, Voyage de noce^ d'une si touchante candeur ; chez M™* Anna Anchér : Deux vieux avec des lapins ; chez M. Wilhem Hammershôj. Celui-ci est l'auteur d'une dizaine de toiles où s'aperçoit l'influence des excellents maîtres de la Hollande du dix-septième siècle : comme eux, M. Hammershôj a le goût des iiiterieurs ordonnés, des belles entrées de lumière blanche par une porte. ouverte, par une embrasure de fenêtre ; comme eux, il
iaimsie à voir, drculant autcmr des maibk^ luisants, quelque silhouette de iménagère ezacte, attentive. Mais n'ayez crainte de pastiches : les intérieurs et iee personnages sont d'aujourd'hui et aon d'autrelbis, tus et observés d'une vision directe et scrupuleuse* traduits avec une expression serieuseigrave,ujcipeu triste. Cherchez le beau groupe des Trois jeunes femmes^ d'une poé^ aiecaLooê si nouvelle. Cherchez aussi : Dam la vieille cour^ un singulier tableau, qui est le portrait d'une encoignure de «muraille, de fenêtres, d'une entrée d'escalier : aucun .être vivant, et c'est la vie, un décor impré>gné de souvenir et d'attente. Le silence opi)resseur pèse ici sur les chîoses, sur cts pierres, sur ces vitres, sur ce palier, sar cette maison qui à une apparence de prieur dans l'atmosphère verditre.
La variété des talents ne manque pas eji Danemark. Voici un franc oomique, un caricaturiste, M. R. Christiansen, avec le Banquet et le Comice agricole. Voici lin mtentionniste aux constructions bizarres, M* J.-F. WiUumsen, avec Ultima
Thule. Voici un très chaud, très coloré peintre d'histoire contemporaine, M. L.
Tuxen, avec les esquisses du Portrait de la reine Victoria et du Couronnement de V Empereur Nicolas ir. Voici des interprètes émouvants de la vie du marin : M. Michaël Anchpr, M. N.-P. Mois. Voici des paysa- |:istes : M. Nîels Skpvgaard, M. Henrich Jespersen, M. August Jerndorflf, M. Fritz Syberg, M. Thorvald Niss.
M. Kroyer a le métier assuré, hardi, un métier de peintre qui a pris ses lettres de naturalisation en France. Il n'a pas la délicatesse de coloris, le sens de l'atmosphère nuancée, mais son intelligence d'observateur est nette, rapide, et les personnages qu'il représente ont le don précieux de la vie. La diversité et la science de ce talent preste, animé, nerveux, éclatent dans Une séance de l'Académie des sciences, qui est un tableau d'apparat, et dans le Déjeuner, le Soir d*été à Skagen, qui sont des tableaux familiers, la poésie du Nord, cordiale et enjouée, bien marquée par la réunion autour de la table, —puis la
rêverie, le silence, le mystère, affirmant leur pouvoir par ce couple en promenade au bord de la mer.
§ XI. — i SUBDB
Très aisément, le visiteur notera les différences entre l'art du Danemark et l'art de la Suède. Il y a, en Suède, une verve, un goût des dehors, un amusement aux spectacles bariolés, et nombre de tableaux sont exécutés comme des airs de bravoure. L'originalité de la race se traduit en ces vives images, celles-ci, par exemple, de M. Zorn, ce Portrait du rot Oscar ji^ cette Afére, ce bal de la Nuit du 24 juin^ peint une heure après le coucher du soleil, toiles primesautières, largement balafrées de couleur, haut montées de ton, avec des modelés délicats. Et cette œuvre de M. Cari Larsson, Fête (ic/ami7/e,si fraîche, avec ses bois peints, ses fleurs épanouies, ses visages d'enfants blonds, meparaitaussi significative des mœurs et de l'esprit du pays. De même, le savant Portrait^ de
M. Richard Bergh, et d'autres portraits encore bien affirmés de M. G. Pauli, de M"* Hanna Pauli, de M. Bjorck.
Des paysagistes ont envoyé des œuvres remarquables. Voyez de M. Fjaestad : La hauteur de Raksta^ Forêt mouillée, Le printemps ne vient donc jamais^ de grandes éténdueS) des sapins, des restes de neige.
De M. Nordstrom : Pierres tumulaires de Saint-Olaf^ Motif de nuit^ Lever de Lune, un beau ciel bleu et vert, des pierres profilées au sommet d'une côte, une maison où brille la lumière du soir, une lune rousse au-dessus d'une solide masse d'arbres verts. Il y a encore : le Crépuscule, de M. Thegerstrom; V Effet de nuage^ de M. Norrman ; des bateaux, une rue, de M. Jansson; Au bord de la Baltique^ de M. Wahlberg; une Marée, de M. Hagborg, la Nuit d'été, le Nuage^ le Vieux Château^ du prince Eugène ; le Cheval^ le Bœuf, de M. Kreuger; un cheval blanc de M. Arsénius. Enfin, je ne veux pas oublier cette scène de miœurs, les Femmes de pêcheurs au retour de l'église, de M. Cari Wilhemsôn;
§ XU. — NORVEGE
En Norviàge, il 7 n trois portraits d'Ibsen, de MM» Erik Werenskiold, Haiis Heyerdahl, Nils Gude. Ce sont trois œuvres dignes du modèle : l'Ibsen clair, vêtu de gris« qui apparaît comme dans une atmosphère de neige, de M. Werenskiold, est le plus saisissant» Mais l'Ibsen de M. Heyerdahl est bien caractérisé et bien profond, et ribsen de M. Nils Gude est bien familier et bien bonhomme. Je ne sais si c'est ce triple hommage rendu au grand poète dramatique de Christiania qui est la causte d'unç obsession toute naturelle, mais il m'a semblé ensuite que l'art pictural norvégien était tout entier ibsénien, que les paysages étaient identiques aux décors des pièces, que les personnages des tableaux avaient des traits communs avec les personnages des drames. Pourquoi non ? Ibsen porte en lui des pensées personnelles, et son art est aussi À lui, mais il a pui$é sa isubstance dans le monde qui
i'caatâoiire* La peinture ae ^iendrait-fJJe point ici pour nous faire mieux apercevoir la réalité de ces conceptions auxquelles beaucoup voulaient attacher excliïsiyement fine valeur spéculative, et ces aspects de jEiature et ces êtres vivants ne s accordentils pas avec tous les mystères du cœur et toutes les tragédies de l'esprit?
Je trouve ime pensée n>éditative et des yeux bien ouverts chez des artistes comme JVL Hans Heyerdahl : Vieux pêcheur, la Barque de la mort; comme M. Erik Werenskiold : Enfant pauvre; comme M. Gudmund Stenersen : Nuit de la Saint^Jean £n Norvège. Des paysagistes ont la vision réfléchie de leur pays, des verdures noires sous la neige, des entrées de mer dans les fjords, des pentes de glaciers, des ciels purs, du crépuscule, de l'hiver, de l'éblouissement de la belle saison, de la vie enfouie dans le silence, de la vie qui renaît dans la lumière : MM. Borgen, CoUett, Hansteen, Diriks^Nielsen, Kielland, Gloêr'sen, Péterssen, Strom, Thaulow, ce dernier <Iiii se partage comme on sait, entre son
— t66 — pays et la France, et qui expose ici oné Nuit d'hiver en Norvège.
D'autres sont des peintres de mœurs :
M"* Harriett Backer, Joueurs de cartes; MM. Wentzel, Enterrement d'un marin à la campagne ; Jacobsen, Soir de samedi; Soot, La Bienvenue.
M, Muntheest undécorateur pittoresque, épris de combinaisons géométriques qui font ressembler à des marqnetteries les pages où il représente : Sigurd Jorsalfar, dit de Jérusalem, roi de Norvège ; Sigurd et Baudoin de Flandre; Entrée de Sigurd à Byzance; Le Roi et la Paysanne; La Porte de la Princesse; Les enfants dans l'angoisse ; Les Filles de l'Aurore boréale et leurs galants'^
§ XIII. — FINLANDB
Nous gagnerons la Russie par là Finlande, qui a son art bien à elle, et qui a ses salles d'exposition particulière. Le pu- I blic parisien connaît M. Albert Edelfelt. Il I a une belle réunion d'ceuvres : des por-
traits, pçirmi lesquels celui de M"* Pasteur, celui de M. Julien Leclercq, des Pêcheurs, une légende finnoise : Le Christ et la Madeleine. Il est d'autres peintres de légendes: M. Axel Gallen, qui représente d'un art singulier, naïf et fort. Les Défett" seurs de Joukahainen^ La Mère de Lemmin^ kainerij le symbole du jour et de la nuit, l'archer qui vçut tuer le dieu de la lumière ; M. Pekka Halonen, avec Les Jeunes filles au guet (mythologie finnoise), et des scènes de mœurs, un dfner de paysans, des faucheurs, des paysages.
De M. Magnus Enckell, un Pilote^ attentif à sa barque, bien seul entre le ciel et l'eau, est d'expression saisissante. Je veux nommer encore des artistes que l'on devine épris des spectacle? qui les entourent, anxieux de les traduire : M. Westerholm, Le Rapide de Woikka; M"* Maria de Wuk, En quittant le foyer; M. Jaernefelt, Por^ traits et Paysages; M"* EUen TheslefF, Joueuse de violon; M"' Soldan-Brofeldt, Repas de paysan ; M. de Becker, Intérieur villageois.
De M. Juhc Ri^sanen, il y a é^ox grâmde^ aquarelles - L'Aveugle et La Disetise de bonne aventure. On trcyavera difficilement an art plus local; d'une observation plus directe. M. Rissanen, qui est un paysan vivant parmi les paysans, a exprin^é d^an art dur, opiniâtre, qui veut fixer la vie, des physionomies très étonnantes de pensée naflve^ de maliceenfantine, de boâtèsimpte.
Quels désirs, quelles méfiances, sw to«R3 ces visages des êtres ra«ssemblés a^âtourde la diseuse de bonne aventure ! Et Faveugtel M. Edelfelt, que je rencontre devant ces oeuvres de son compatriote, me donne ce détait que la femme aveugle ici représentée a répondu au peintre par une pièce ée vers pour leremercier d'un portrait qu^etle ne peut v^oir, qu'elle ne verra jamais, mais q^ofelle sait existant, et qu'elle imagine ta^ plus douce merveille ! — Monsieur Juho Rissanen, paysan, peintre des paysans, restez à-Kuopîo, pafrmi ce monde que vous^ représentez avec tant de gravité ert de sensibilité) ne vcsea j^amaÂs ici apprendre Tart parisien I
— lôç -*