‹ La vie artistique (volume 3)Chapitre 6 sur 25 · DE L'ART FRANÇAIS · texte numérisé non relu

DE L'ART FRANÇAIS

Je veux essayer, non pas de dénombrer les œuvres que renferment le Petit et le Grand Palais des Champs-Elysées, mais d'indiquer le classement, les divisions de ces œuvres, leur aspect général et leur signification. Entrons tout d'abord au Petit Palais.

La logique veut que la promenade ait ici son commencement par la grande gale^ rie et les petits salons de l'exposition rétrospective. C'est un résumé de l'histoire de Tart français, depuis Tépoque gallo* romaine jusqu'à la fin du xvin* siècle. Je craignais, je l'avoue, un encombrement, un abus de richesses, les murailles trop gar-

nies, les vitrines trop rapprochées, les objets trop nombreux. Il n'en est rien.

Chaque époque, chaque forme d'art, n'est représentée que par quelques pièces. Partout on voit clair, partout on peut dégager facilement la caractéristique d'un temps, partout la pièce belle ou curieuse doit donner au visiteur le désir de voir davantage, de chercher, d'étudier, d'apprendre.

Trop souvent, dans les musées, dans les collections, dans les exhibitions du même ordre que celle-ci, on se trouve en présence d'un bric-à-brac dans lequel il est bien difficile au passant, sinon impossible, de découvrir un ordre historique.

Ici, au contraire, tout parait aisé. Toutes les formes d'art sont représentées dans la grande galerie, très large, très spacieuse, qui contourne la cour circulaire. Des ensembles de mobiliers sont reconstitués dans les chambres parallèles à cette grande galerie et qui prennent jour sur les jardins.

Si nous pénétrons par la galerie de la façade que l'on a laissée libre pour per-

mettre la facile circulation de la foule, en dressant seulement çà et là quelques armures du musée d'artillerie, dès le seuil c'est un doux éblouissement. Les deux murailles sont revêtues, sur fond rouge, dès plus belles, des plus vénérables tapisseries. En voici deux, juste devant nous, qui sont comme les enseignes de l'art français au temps de la découverte de la nature. Des verdures s'entremêlent, des tiges d'iris, de larges feuilles de figuier, des fleurs épanouies, de toutes couleurs. Cela sembla bouger, frémir dans la lumière. Voici, parmi (es feuilles lancéolées, des oiseaux qui se posent» un perroquet rouge et bleu qui ouvre ses ailes. Ce cadre est orné à ses angles supérieurs de deux écussons ; au bas, un couple assis et un couple dansant. Le second cadre, de feuilles, de fleurs, de fruits délicieux, porte à ses angles quatre médaillons. La beauté, c'est l'harmonie verte, bleue et dorée, qui se dégage de ces fouillis de plantes, une harmonie dans le désordre, un épanouissement de libre vie, sans conventions et sans formules.

C'est ici que nos artistes, nos artisans devraient prendre le mot d'ordre ; nature et liberté, au lieu de s'épuiser à chercher des combinaisons froides et des symboles morts.

Ces tapisseries de l'entrée sont significatives, mais nous allons voir bien d'autres merveilles. Par exemple, tel épisode de la Vie de Saint'-Martin^ celui-ci retrouvant les bouteilles contenant le sang de saint Maurice et de ses compagnons, dans un paysage admirable de remparts et d'arbres.

Cette autre vient de Reims : une extraor* dinaire ' Entrée de Clovis et de Clotilde à Paris, une mêlée grise d'hommes, de che^ vaux, de maisons, de nuages* Cette Vie du Christ et cette Vie de la Vierge qui se déroulent en frise et qui sont faites de couleurs pâles et vives délicieusement alternées, de mouvements qui ont la simplicité et la grandeur de la vie, ont été empruntées à Notre-Dame de Beaune. Une autre frise est du Mans, qui reproduit des portraits de villes : Clermont, Beauvais, Paris, Reims, etc. Cette Apocalypse de la.

cathédrale d'Angers eet une des oeuvres célèbres de l'histoire de la tapisserie, créée par Nicolas Bataille qui vivait à Paris au XIV* siècle. Voici, de Reims encore, une Vie de la Vierge en quatre compartiments, et VHistoire des miracles de Saini-Rémy, Voici le Bal des Ardents ^ que Ton a trouvé dans le coffre de l'église de Nantilly, à Saumun Et l'admirable Couronnement de la Vierge, de la cathédrale de Sens. Et tant d'autres pièces magnifiques : ce jardinier qui bêche ; ces Anges soutenant un écusson au centre d'une ornementation qui fait songer & celle d'un tapis persan; ces figures qui font les simples gestes de l'existence ; ces paysages familiers, ces arbres aux feuilles de printemps ou d'automne, ces fleurs qui s'épanouissent.

Apprenons comment cet art naïf, appliqué, charmant, est en même temps de si grande allure par le rythme des lignes et l'harmonie des tons. Apprenons aussi comment il s'est corrompu, comment la tapisserie est devenue un tableau qui creuse la muiraille, alors qu'il doit la revêtir.

Nous retrouverons, pourtant, au xvni* siècle^ de jolies évocations de ^atu^e par des paysages en décors^ des parcs, des bassins, des fontaines qui jaillissent parmi des verdures bleues, tout cela peuplé de. personnages qui semblent déguisés pour une représentation de gala.

L'art des verrièi;es est représenté par des fragments provenant des cathédrales. Avec quelquesxares peintures, telles qpele triptyque de la .cathédrale de Moulins, et le triptyque d'Aix : la Vierge dans le buisson de roses apparaissant à Moïse, les portraits du roi René et de sa iemme sur les volets, chef-d'œuvre de Nicolas Froment, c'est la décoration qui accom:pagiie les tapisseries sur les murailles de la grande galerie.

Chaque vitrine, ensuite, est un monde :

La vitrine des bronzes gallo-romains, où il y a le timon de char du musée de Toulouse, la souple lionne qui attaque un cavalier d'un élan si enragé, le mouvement du cheval cabré, le sang- froid de l'homme qui lève son arme sur le crâne du félin ;

La Vitriae des bijoiiz de l'époque celtique et des bijoux méronûgietis : on n'a jamais fait de plus beaux bijoux que ces bagues massivesi ces lourds bracelets, ces boucles de ceinture qui Terrouillaient la taille des femmes, ces fibules, ces épingles, du même style que l'architecture basse, trapue^ si expressive. Je trouve ces bijoux beaux, parce que, malgré le travail de l'artiste, on a la sensation des choses elles-mêmes, des matières employées, des pierres, des mé** taux ; l'assemblage voulu et précieux des couleurs, les fins cloisonnements, ne viennent qu'après ;

Les vitrines des châsses : la chftsse de saint Taurin d'Évreux ; la châsse de Gimel, en Corrèze, ofi les figurines ont une telle force de sculpture ; la châsse de Linard- Malval, en Creuse, avec les beaux émaux du XIII* siècle ; la châsse d' Ambazac ; la châsse de Chartres, etc. ; toutes de parfaits monuments par les proportions, la place donnée aux figures, la part faite â l'omementation, les pleins et les ouvertures, là distribution de la couleur, Tem-

9tMdw piorm pt^btf Ms #t dêè nnètiiux; iui vitrine cb$ ÎT^ired : YAsigt et la Vii^ffe d'une Annonciation du xiii* fiièele* rébnid pour U |)â:t»ii^ itti ; Ift Fi^f io^ VUlefiêuve^hl^Avignûn et deu ftutrw Vk^fee du im* et du stv* $itele3, d'une A6Uçftt6$eie îofiaies un C^m/pomaftdu XII* ^ècle ; ttûe Anmnçi^tion ayaat apptrtenu 4w di»e^ de Bwrgof oe ; de» ^me» s d^ ^&6 de$ miaMfe0 de réfi«KÙ»i, de trMte90#, de dOuleUr, pr^i^^ park&M et dune inetièFe ($ti «itaie tempe que lee sUboueltee, lee #$ietefwie9 et: kt mueraJer

turcs ;

Lee T^irÂnes dee ob^ete en tsiétad^ des objets d'or{^vi4f ie, pami leequéle une dee

£(|:urWlespJlus ba4t'be!>^ et \» plue vimutes^ le Saint Baudinnc (mi* sîàele), de Tèglisede Seiaf-Nectaif e dau? le Puy-de-4>ônic, un saint au vj^ire wvc^pncU les triaices «L'une barbe dxue rasée sur les joues^ le menton et la Uvre^ r^œil fite, les iitae eéparés da cor.pi3:en ungeSte 4e béftédktioû ; une 6«ûiie AUrtàfi sur la tarâaque^de régjùedft Lnce-*ran, environs de {lÛoe^ wi ickéf dé .Sntei

Ferréolyde l'église de Nexon, dans la Haute- Viennejun Saint M adoubât Bar*sur-Aube ; les deux Anges qui tiennent un livre,du reliquaire de Jaucourt ; le pied de la Crpix du musée de Saint-Omer; un masque d'or du musée d'Angers; le chef reliquaire de Sainte Fortunade, d'une église de la Çorrèze; et par-dessus tout, la Sainte Foy (x* siècle) de l'église de Conques (Aveyron), statue d'pr enchâssée de pierres de toutes couleurs et de toutes grosseurs, petit corps, grosse tête» bras courts, pieds énormes, expression impassible, rigide, idole barbare et somptueuse, d'un art plus sauvage et plus terrible encore que le Saint Baudime.. Toutes ces figures et figurines expriment le même sentiment de nature que les ivoires, les bijoux, les tapisseries; Les vitrines de la serrurerie, de la dinanderie : des serrures où il y a comme un fouillis d'herbes et de lianes où se cache le secret de l'ouverture ; des aquamaniles, des coquemarts étonnants, des formes d'une fantaisie naïve, avec des raideurs et des souplesses assemblées, ce Cavalier mince

en forme d'anse sur un large cheval, cet Aristote chevauché par une femme, ce Fauconnier, toute une série de bronzes que l'on pourrait mettre en regard des bronzes japonais pour la cocasserie de l'invention et la puissance du naturisme;

Les vitrines des émaux^ depuis ceux des inconnus jusqu'à ceux de Léonard Limosin, de Pénicaud, de Pierre Reymond;

Les vitrines des étoffes : la chape du trésor de Saint-Bertrand-de-Comminges, ayant appartenu au pape Clément v; le suaire de saint Potentien; les tissus aux lions verts, blancs, tachés de rouge, du trésor de Chinon; ceux du trésor de Sens;

Les vitrines de la céramique : les fragments gallo-romains, les pots d'argile, de grès, qui représentent les origines; les belles pièces de Rouen, d'Oiron, de Bernard Palissy, de Moustiers, de Nevers, de Sèvres ;

La vitrine de montres du xvi* siècle, etc.

Quittez la galerie pour les chambres, rhistoire du mobilier va se préciser pour vous, du xiv* siècle jusqu'à la fin du règne

de Louis xvi, le lit, le bahut, Tarmoire, la table à leur place, la sculpture dans une encoignure, la peinture accrochée. On a la sensation que l'habitant du logis était là tout à l'heure, que c'est lui qui a disposé les meubles, les objets, tant la vie est ressuscitée par le décor. Ces petites salles apparaissent comme des chapitres d'histoire, sont éloquentes par les rapprochements, font découvrir la suite et la filiation entre les époques. J'admire les savantes architectures de meubles comme le lit des ducs de Lorraine, le bahut lyonnais, le bureau de Boulle,les deuzarmoires etlemédaillier de Crescent, la commode de Riesener, la console Louis xvi ornée d'une vigne de cuivre qui a été empruntée au ministère de l'Intérieur. Je me réjouis de l'accord entre les pièces d'orfèvrerie, cette buire de porphyre montée avec des bronzes de Caffieri, et les peintures d'apparat de Rigaud et de Largillière. La statuette de femme en bois doré de la salle de la Renaissance m'apparalt comme une petite fée au milieu du passé évoqué. La sensualité du xviii*

siècle est enfermée et se démené dans une vitrine, avec les terres cuites de Clodion.

Des visages de femmes aux yeux vifs, au nez retroussé, hument encore Tair où chante Tappel du plaisir. Falconet, Marin, Pigalle sont sur des socles. Watteau, Nattier, Greuze, Fragonard, Chardin sont aux murailles, UEn^igne de Watteau pour Gersaint devient un tableau d'histoire. Et soudain, une révélation, cette Femme nue de Vestier, le xvm* siècle déshabillé, une race solide, charnue, finement musclée, qui apparaît débarrassée de ses robes, de ses paniers, de ses atours, extraordinaire figure captivante,^ presque gênante, tant le I pouvoir de réalisation du peintre a été

' grand pour nous transmettre la chair de

f cette femme d'amour, la vie de cette beauté

disparue.

Sur cette dernière vision, je quitterai ces salles, mais non sans avoir rendu rhommage qu'il mérite à l'organisateur de cette exposition rétrospective, M. Emile Molinier, secondé par des collaborateurs comme MM. Marcou et Migeon.

u'szpp^iTiQN çmrmHMJt

1» LA PSINTdIUI FRAI'ÇAJSB

Tout é^ihwé^ ifMcrifo&« qM^exposkton cdutennale et 1900 n'ampruAté tien à ttWt de 1889. Elle la oatitifiue, at d'una fafon fort safafita et intelUfante. Les graads nome j sont, oamine il r a oâza aA9« «nais (/est surtout la suite liistofiqae <)ui a été cherchée, avee les liaisons entre les dominantes, les oraTTOs tatermédlatres, les indieations données par des artistes trop tôt disparus. Si ^exposition rétrospective montre le go<èt et la scienee de M. Émik Molinier, l'exposition centennale fait honneur à Tesprit erhiqiie et renseigtié de M. Roger Marx, à son ardeur Jamais lassa, à ea beHa aeti«^ité. 11 à au trouver, dans les

musées de province et chez les amateurs, les éléments d'une exposition centennale infiniment curieuse et instructive. Il a cherché en dehors du connu, il a vraiment ressuscité des morts. Enfin, il a été jusqu'au bout de sa tâche en réunissant, mieux qu'en 1889, les peintres contestés d'hier, triomphateurs d'aujourd'hui. Que griœs lui soient rendues pour une action aussi effî'cace I

L'exposition centennale comprend, tout naturelleupient, les patres de la fin du XVIII* siècle, qui avaient survécu.à la Révolution, et vivaient; dépaysés sous l'Empire. La fin du xviii* siècle, le commencement de la Révolution^, — la transformation de passions , de sentiments , d'habitudes, de vêtements, de langage, d'une société, — l'effondrement d'un décor et le surgissement d'un autre, ^— c'est l|i un subil changement à vue fait pour troubler les artistes et bouleverser l'art. Les survivants des temps de Louis xv.et de Louis xvi, les peintres, dessinateurs et graveurs, les petits maîtres de l'art qui avaient été les

grands-maltres des cérémonies des époques gracieuses, enjouées, libertines, sceptiques, où la monarchie «'affaiblissait dans le plaisir et agonisait dans le rire, tous ces artistes qui étaient des spectateurs intéressés au spectacle, voient tout à coup des cataclysmes se produire dans les bergeries à rubans bleus et roses et dans les parcs à la française où erraient les masques de la troupe italienne. Les fonds se lézardent, les arbres taillés se déracinent, les robes blanches s'effarouchent, de brutales invectives font taire les frivoles réparties. Des bandes colères envahissent les jardins, les palais, les salons, pique en main, bonnet rouge sur la tête. Un rude parler retentit, à la fois populaire et classique. Sur les bornes, aux tribunes des clubs et des assemblées, des orateurs nés dans la rue, des rhéteurs enivrés de latinité, expriment violemment l'ivresse de liberté et d'égalité des faubourgs, invoquent en nobles ou sèches périodes les souvenirs de l'antiquité romaine.

Voici l'irruption des vainqueurs de la

Bastille, les femmes en marche sur Versailles, les Constituants et les Conventionnels. Les bataillons partent pour la frontière, derrière laquelle a été rejeté, avec l'émigration, ce qui subsistait encore de ce règne d'hier, si rapproché par les dates, si lointain par les événements. On y voit à peine, maintenant,* et on n'entend guère, tant la fumée des batailles étrangères et des batailles civiles est épaisse, tant la clameur est élevée et furieuse. L'héroïsme grandit avec la colère, les armées de déguenillés remportent des victoires, là guillotine coupe les têtes place de la Révolution.

^ Que pouvaient-ils devenir, dans ce mou-

f vement et ce tapage, les survivants du siècle

f mort? Il n'y avait plus de contact entre

eux et les mœurs nouvelles, l'adaptation de leurs personnes aux convenances sociales de l'ancien régime n'existait plus, leurs idées légères, leur travail de grâce et de caprice, subissaient le même décri que tout ce qui était de la veille. Il leur fallut donc quitter la libre joie de leurs naturelles habitudes et s'adonner péniblement à des

pratiques de métier. Moreau le jetiae, dessinateur de la revue de Louis xy et du sacre de Louis zri, s'ing^énie à fournir un modèle de médaille révolutionnaire et le costume du français républicain. Augustin de Saint-Aubin s'efforce tristement d'orner des cartes civiques, d'inventer des en-têtes de papiers administratifs. Le vieux Fragonard voit bafouer sa verve libertine, son ivresse charnelle, ses hardies esquisses où le plaisir s'ébat dans la lumière, et il s'essaie à des gravités d'invention, à des froideurs et à des sévérités de dessin qui puissent le rendre digne des fonctions officielles et des récompenses nationales.

Greuze était certes mieux prédestiné aux emphases et aux coquetteries bourgeoises, et pourtant la veulerie de sa manière, le rose maladif de ses modelés, subissent encore une déperdition. Le sentiment de naïve grivoiserie et d'hypocrite vertu qui donne un caractère à son œuvre tombe dans les riens de la fausse gentillesse et du sénile badinage. Aux Salons de la République et du Consulat, il attendrit

davantage ses imaginations et radote péniblement ses équivoques, il conte avec les balbutiements des souvenirs anciens et du retour à Tenfance, ces anecdotes d'un intérêt peu excitant : Un enfant hésitant de toucher un oiseau dans la crainte qu'il ne soit mort^ — Une jeune femme se disposant à écrire une lettre d'amour^ — L'Innocence tenant deux pigeons, — Une jeune fille bouchant ses oreilles pour ne pas entendre ce qu^on lui dit. Le peintre de moeurs, on en conviendra, s'est attardé à de puériles contemplations, est resté étranj ger, autant que les autres, à la société en

travail, aux grands événements qui passaient dans rhumanité comme des météores dans la nature, au renouvellement violent de l'âme de la patrie.

Fragonard n'est représenté à la Centennale que par l'ombre de son ombre, un tableau, V Atelier du peintre, attribué à sa collaboration avec Marguerite Gérard.

Greuze est au moins lui-même avec Egine et Jupiter, une figure sentimentale et éplorée comme les héroïnes de ses tableaux

mélodramatiques, et on le retrouve encore dans un portrait de Bonaparte premier consul qui ressemble à l'ingénue de la Cruche cassée, Prudhon, lui, se meut librement sous l'Empire, il n'est pas daté d'avant la Révolution, il échappe à la férule de David, il est épris de formes et d'expressions : voyez ses portraits de Lavallée, de la princesse Elisa, de l'Homme coiifé d'un chapeau directoire, de la Femme ébauchée, et ses esquisses d'allégories des arts et des sciences, du jeune Zéphyr se balançant au-dessus de l'eau, de la Gérés, de Phrosine et Mélidor. C'est un charme que l'œuvre conçue dans l'isolement d'esprit de Prudhon errant aux délicieux paysages de clair de lune, poursuivant ses visions de tendres chairs pâles et doucement meurtries.

Le reste du monde artiste est soumis, sous la Révolution et sous l'Empire, à l'autorité de l'École personnifiée en David.

La Révolution, d'ailleurs, avec tout le révolutionnaire qu'elle apportait dans le monde social, se formulait d'une façon trop

rhétoricienne« se réclamait trop» dans son langage et ses habitudes, de la pédagogie pseudo antique, pour trouver dans l'art son expression immédiate et complète. En ces années, et pendant les années qui suivent, le professorat de David impose à presque tous le sec équilibre des lignes et les froides combinaisons des couleurs. S'il y eût exception, même chez David, cela ne sert qu'à mieux mettre en évidence l'entêtement des plagiats et la banalité des réminiscences. Deux fois conventionnel, s'il est permis d'évoquer par un jeu de mots la fonction publique et l'aveuglement esthétique du maître incontesté de l'école française sous la République et sous l'Empire, David met en accord la forme de tragédie romaine affectée par la Révolution et l'enseignement d'un dessin contre nature, réglementé, codifié, imposé aux yeux, aux mains et aux intelligences, comme une pénalité sans recours. Toutefois, lorsqu'il dé-* laisse sa formule, lorsqu'il peint avec une volonté de vérité évidente un portrait comme celui de M"' Vigée-Lebrun, comme

celui de M"^ Talien, David apparaît un peintre préférable à celui du Sacre et de la Distribution de$ Aigles.

Quelques-uns,Réattu, Gamelin, Vincent, Callet , DroUing , Larivière , Cochereau « Granet, prouvent timidement une vision personnelle, un désir de liberté. Tout de même, ceux qui se risquèrent, du vivant de leur dur législateur, à entreprendre quelques reproductions de lieux qu'ils avaient fréquentés et de scènes qu'ils avaient vues, gardèrent un embarras de facture et une raideur d'arrangement qui témoignent de leur dépendance de disciples et de leur timidité d'observateurs. Mathieu Cochereau, mort à vingt-quatre ans, eut à peine le temps de marquer son passage en peignant une vue de Tatelier où le maître tenait la férule. Drolling os2C des intérieurs de chambres et de cuisines, mais il sut donner aux êtres, aux ustensiles, aux légumes, la pose et la rigidité convenables, il sut éclairer CCS intimités sans noblesse par la lumière neutre que tamisent les vitrages officiels.

Grahet se prononça pour quelque pitto-

resque de mines, de salles basses et de voûtes d'églises, et s'attira de David cette méfiante observation que son dessin « sentait la couleur 3). D'autres y regardèrent de plus près et peuvent être consultés pour leur documentation exacte, pour leur curieux parti pris de détail, pour le luisant de parquet ciré et de meuble à l'encaustique de leur peinture toujours égale, de leur sec découpage de silhouettes : Demarne, considéré comme français malgré son origine belge, qui fit de méticuleux inventaires de paysages et de foules, — Boilly, habile à reproduire l'endimanchement et l'empesé des modes de son temps, les scènes de la rue, les expressions apprêtées des visages, — Debucourt, le plus souple et le plus clair du groupe, et vrai peintre de mœurs, d'habitudes, de caractères, surtout dans les gravures en couleurs. L'œuvre de Debucourt et l'œuvre de Carie Vernet, c'est là où se trouve cataloguée et décrite la changeante société qui prend date à la Révolution et qui s'en va aboutir à Louis-Philippe, à travers le Directoire, l'Empire, la Restauration.

Malgré le poids de l'influence de David, la marque d'école n'est pas sur certains qui réussissent à garder leur goût particulier ou leur fîère indépendance. David codifie pour un long avenir Tart de l'Institut, mais chez ses contemporains, il y a encore le regret de la liberté perdue, et chez quelques-uns même l'espoir de la liberté reconquise. Aux noms qui viennent d'être dits, de Cochereau, Granet, etc., il sied d'en ajouter d'autres. Gérard, après tout, est un artiste qui conserve sa personnalité lorsqu'il peint telles femmes de son temps avec un souci de la vérité visible sous la poésie conventionnelle. Quant à Gros, c'est un vrai grand homme : il prouve son sens de l'histoire directement vue dans V Embarquement de la duchesse d'Angoulême, et il est un précurseur de Delacroix : voyez les chevaux aux prises de la bataille de Nazareth. Géricault vient ensuite, promesse de moisson si vite fauchée : il débute peintre de genre, imitateur de Carie Vernet, et s'annonce peintre d'histoire, continuateur de Gros.

SI le courant de térité se divise ensuite par Ingres et Delacroix, il faut nous en réjouir. Les hostilités et les polémiques n'existent plus aujourd'hui :

il reste deux ensembles d'œuvres où s'incarnent deux violentes et belles personnalités.

Ingres est présent avec quantité de dessins, et ces peintures, portraits d'hommes d'une fermeté, d'une acuité sans pareilles, portraits de femmes où il y a Tamour et la caresse de la forme ' Granet^ Mme de SenoneSj Charles x^ Mme Panckouke^ le Duc d'Orléans, la Princesse de Broglie une tète peinte en collaboration avec Granger, une odalisque, enfin le Vosu de Louis XIII et Françoise de Rimini.

Delacroix, son drame frémissant, sa passion brûlante, les voici avec une figure de la Grèce sur les ruines de Missolonghi, \q Saint Sébastien de Nantua, \t Brigand des Abruj^^eSy le Prisonnier de Chillouj des répliques des Croisés, des Femmes d' Alger, diussi belles que les œuvres originales, et voici le peintre incomparable avec

des morceaux cocame le PotU^ comme les Poissons ci coquillages sur un fond de paysage.

Le romantisme^ par besoin de mouTement et de couleur» opposa la réaction du moyen âge à l'autorité du néo-grec et du néo-romain. Le pittoresque fut revendiqué dans la peinture comme dans la littéra* ture, et les personnages à pourpoints, à panaches et à guitares, gesticulèrent frénétiquement sur des fonds à pignons et à m&chicoulis, sur des ciels orageux et livides. Ceux qui ne remontèrent pas dans le passé firent voyager leur art à travers l'espace, et en méms temps que la peinture dramatique, la peinture exotique fut en vogue. C'est le temps des vignettes à la^ grâce longue et alanguie de Tony Johannot et de Célestin Nanteuil, et c'est le temps des scènes bibliques et des paysages orientaux de Decamps et de Marilhat, C'est le temps aussi des gros travaux de Delaroche et d'Horace Vernet. Suivez k travers tout cela les deux influences parallèles d'Ingres et de Delacroix. Vous

retrouverez l'une, celle de Delacroix, chez un peintre magnifiquement doué comme Dehodencq avant de la retrouver chez les artistes de l'impress ionnisme. Vous retrouverez Ingres dans un tableau fort distingué de Cabanel, daté de 1848, avant de le retrouver chez les mêmes impressionnistes. Vous retrouverez Ingres et Delacroix chez Chasseriau, le peintre des Deux sœurs ^ d'Esther, de Macbeth, des fresques delà Cour des comptes; chez Bouchot, le peintre du Dix-Huit-Brutnaire et des Fu-^ nérailles de Marceau; chez un presque inconnu, Trutat, peintre de Dijon, mort à vingt-quatre ans.

11 restait, — il reste encore et toujours, — à appliquer cette force de peinture à l'interprétation de la vie moderne, à l'étude de mœurs transformée en histoire directement vue. Il y a le pressentiment et la recherche de cet art chez beaucoup, chez ceux qui viennent d'être nommés, et chez Lamy, Isabey, Charlet, Raffet, que sais-je? Mais la grande révolution de liberté restait à faire. C'est à Daumier,

à Gavarnî, aux caricaturistes, et aussi aux paysagistes, que le xix' siècle doit d'avoir été représenté artistiquement. Daumier, Gavarni, ont fait à eux deux, à des points de vue et dans des milieux différents, ce que des milliers d'artistes, leurs contemporains, avaient négligé de faire : une histoire des mœurs bourgeoises, populaires, féminines, exacte et complète comme il n'en fut jamais. Ils l'écrivirent, cette histoire aux milliers de chapitres, cette zoologie compliquée de l'espèce humaine, pendant quarante ans, chaque semaine, presque chaque jour, et leur œuvre de noir - et de blanc, tracé sur la pierre lithographique, éparpillé dans les journaux, cet œuvre colossal, presque impossible à réunir aujourd'hui, les montre à la fois historiens véridiques et grands artistes parmi les plus grands.

Mais ces observateurs, qui ont si bien vu l'homme, qui ont marqué avec une telle précision les caractères immuables de la race et les particularités créées par un état

àt civitisatioQ, ne pouvaie&t voir et dire ' tout l'homme. Ils s'étaient ««treints plus particutièrement à l'étude des sentiments, des habitudes d'esprit, des manies et des ridicules. L'un fut assez occupé 6 peindre la bourgeoisie en possession du pouvoir, exerçant son autorité dans le pays et dans la famille, et il n'eut pas trop de sa TÎe pour fixer, en son dessin cruel et grandiose, les comédies et les tragédies dont il fut le spectateur ironique. L'autre eut pour grande préoccupation d'exprimer le caractère par l'expression du masque et de la mimique déliée du geste. C'est surtout la façon moderne de penser qu'il sut démontrer, avec une certitude pour ainsi dire mathématique, par les expressions et les attitudes : son œuvre est une physiologrie du cerveau.

11 restait donc à fixer, avec les ressources de la couleur, les formes multiples que prend l'agitation humaine, toutes les phases et toutes les conditions de l'existence, les élégances et les misères, les travaux et les plaisirs, le salon et la

rue, le grouillement de la ville et le travail du paysan dans son champ, -^ l'histoire d'après nature!

Ce furent les paysagistes qui décidèrent de cette évolution. Le décor vivant des saisons avait pris la place des faux arbres, des cascades en verre filé, des océans aux vagues en accents circonflexes, des temples élevés sur les promontoires artificiels. Il arriva, comme cela devait arriver fatalement, que le jour où l'un des maîtres paysagistes voulut placer une figure dans le bois ou dans le champ qu'il avait peints d'après nature, il sentit la nécessité de peindre aussi cette figure d'après nature.

Il n'alla pas prendre les arbres là où ils étaient, et les bonshommes dans les musées et les traités académiques. Il trouva le bûcheron dans le bois, et le bûcheron lui apparut comme l'idéal cherché, le paysan lui sembla avoir tous les droits de se dresser auprès du sillon qu'il avait tracé, il ne chassa pas le pécheur et le marin de leurs barques, il laissa la bonne femme chargée de bois mort traverser son

tableau comme elle traverse la forêt. Désormais, la vérité des personnages était acquise comme la vérité des milieux.

Les paysagistes sont en. vue à la Centennale, avec leurs professeurs, issus des peintres du xviii' siècle, qui leur ont transmis, tant bien que mal, leur tradition :

Valcnciennès, Bruandet, Bidault, Bertin.

Voyez-les ensuite, après la révélation de Bonington, de Constable, et la grande entrée en scène de Delacroix, voyez-les s'éprendre d'une vérité de nature» d'une poésie des choses que l'on avait connues avant eux, mais qu'ils rendent si. particulières, par l'esprit qui les anime. 11 y a vraiment un caractère rustique qu'ils découvrent, une intimité de l'homme avec les champs, les ruisseaux, les arbres, les maisons, les nuages. 11 suffit de nommer Paul Huet, Michel, Jules Dupré, Théodore Rousseau, Diaz, Corot, Daubigny, Chintreuil, Hervier...

Corot, avec des œuvres bien choisies, dont on n'avait vu aucune en 1889, ^^^ î^~ Animent exquis de délicatesse, de nuances.

de savante poésie. 11 peint ses modèles comme ses paysages, donne aux femmes nues, aux visages dans l'ombre, le même charme ingénu qu'aux ciels du matin, qu'aux eaux diL soir. Daubigny annonce une lumière plus vive, un frisson nouveau, sous ses études attentives, parfois lourdes.

Il faut prendre tous ces paysagistes l'un après l'autre, et combien alors d'études curieuses, comme le rapprochement de Diaz et de Monticelli !

Le travail des champs, des routes et des ateliers, la petite bourgeoisie des intérieurs bien clos, la société intellectuelle et mondaine allaient enfin trouver pour interprètes des artistes originaux, ne voulant que la vision et l'expérience personnelles, apportant des formules savantes, d'une incomparable franchise. Gustave Courbet a jou^ ainsi l'un des premiers- rôles de la peinture contemporaine. I^ est fâcheux que l'on n'ait pu exposer V Atelier et V Aprèsmidi à Ornans, et ils doivent être évoqués, en même temps que V Enterrement à Ornans. Avec les œuvres de la Ceûten-

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Qàle, le Portrait de l'artiite, la Source, les CribUuses de blé^ on se convainct à la fois que Courbet est un très grand peintre et qu'il a accompli l'acte le plus décisif en faisant son art, comme les artistes d'autrefois, avec les spectacles immédiats.

ÂTec Courbet, après Courbet, il y a maintenant tout un groupe de peintres d'histoire moderne : J.-F. Millet, paysan et poète de la vie paysanne, présent ici avec la Soupe ^ la Barrière^ le Retour des champs, l'Homme à la veste; Honoré Daumier, qui n'est pas seulement dessinateur et caricaturiste de génie, qui est un peintre égal aux meilleurs, qui aurait laissé une œuvre incomparable de force et d'étendue s'il n'avait pas été pris par la besogne du journal. Celui-là est un artiste complètement de son temps, conune Courbet. Voyez ces grandes esquisses : la Femme au linge, le Théâtre j une Foule ^ et ces petits tableaux si complets, si francs, si rudes et si précieux à la fois, le Litige^ les Amateurs, les Comédiens, les Fugitifs^ Don Quichotte^ la Chanteuse des rues, les Saltimbanques, les

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Avocats f la. Partie de Dames^ le Malade imaginaire. Ensuite, Alphonse Legros, que l'on ne pouvait connaître pleinement avant d'avoir vu VEx^voto du musée de Dijon; Fantin-Latour, dont il y a ici le Coin de table^ la Brodeuse^ la Famille Dubourg^ , chefs-d'œuvre d'observation, d'équilibre, de dessin massif, de couleur indiquée (VHommage à Delacroix^ qui manque, était i la Centennale de 1889); Guillaume Régamey^ grand peintre militaire de ce siècle s'il avait vécu» comme le prouvent ces Cuirassiers^ ces Tambours de la garde^ de physionomies si variées, de groupements si solides.

La manifestation d'art la plus neuve, le charme de peinture le plus inattendu, devaient venir, en la seconde moitié de ce siècle, d'un groupe de peintres atrocement bafoué à ses débuts, et qui triomphe aujourd'hui par la durée des osaytH^ la force irrésistible des choses. Impressionnistes, indépendants, intransigeants, de quelque nom qu'on les nomme, ont imposé à leur temps leur neuve vision de la na--

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ture, leur vérité aiguë d'expression, leur claire analyse de la lumière, leur curiosité des goûts, des habitudes, des amours, des mœurs des hommes d'aujourd'hui. Pour citer d'abord le premier disparu, celui qui est mort au moment où l'apaisement commençait à se faire autour de son nom autrefois haï, Edouard Manet vint, avec un caractère de franchise et de décision, continuer l'évolution sans fin. Il a des compagnons, des amis, et voici que tout à coup, parmi eux, se décide une grande transformation de la peinture, un fleurissement nouveau, un règne de la lumière, d'une puissance et d'une grâce infinies, par Claude Monet, Renoir, Cézanne, Pissarro^ Basile, Sisley, Berthe Morisot, Lebourg, Gauguin, Vignon, et le dernier venu, Seurat. En même temps qu'eux, Degas, et ensuite, RafFaëlli, Forain, dont l'efiFort se porte vers les formes en mouvement et vers les observations physiologiques ou sociales.

Tous sont représentés dans deux salles, et leur réunion, incomplète sans doute, mais la plus complète qui ait encore été faite

dans une exposition nationale, les met, enfin, où ils doivent être, à leur date historique, les fait apparaître avec leur neuve vision de la nature, leur vérité aiguë d'expression. C'est la finesse de vérité et la force de peinture de Manet; l'imprévu de lignes et de coloration que Degas a su découvrir; la beauté de forme, le frisson de lumière, le sens de l'universel qui sont chez Claude Monet; le relief des choses et la limpidité dans la richesse colorée de Cézanne; la poésie enflammée de Renoir; le charme incomparable de la campagne chez Pissarro, chez Sisley, avec la perception de l'effet lumineux ; la douceur soyeuse dans les ensembles de valeurs si justes de Lebourg; la vérité de la vie passante, l'agitation des villes, du geste humain, chez Raffaëlli; le charme fluide chez Berthe Morisot. Ceux-là et les autres sont présents, même Basile, tué en 1870, et dont on verra avec curiosité deux œuvres qui viennent d'Ingres et annoncent Renoir.

Ce ne sont pas là, tant s'en faut, tous les noms de la Centennale. Je n'ai pas dit

Loubon et Bonhomé, Tassaêrt et Ribot, Bonvin et Lépine, Lhermitte et RoU, Harpignies et Pointelin, Henner, Ricard, Gustave Moreau, Gaillard, Delaunay, Gustave Colin, Caziû, et Puvis de Chavannes, et Besnard, et Carrière. Presque tous sont représentés dans la rotonde du premier étage, les disparus et ceux qui sont parmi nous en pleine production, et que nous retrouverons à la Décennale : Dehodencq avec une Noce juive j des figures dans la lumière et dans l'ombre, d'une vraie splendeur; Edouard Manet, avec le Déjeuner; Puvis de Chavannes avec la Vigilance^ la Famille du Pêcheur^ et une esquisse de la décoration d'Amiens; Cazin, avec V Ancien port à Wimereuxj Judith j YOrage; Carrière, avec le portrait du sculpteur Dewillez et V Intimité; Besnard avec le portrait de M"" Roger Jourdain ; Renoir, avec la Danseuse; Monet, avec deux paysages d'Antibes; RaffaëlU, avec le Fondeur; Carolus Durai), avec l' Assassine, de 1865 ; J.-P.Laurens, aveclaMoW de Marceau; et Willette, avec Pierrot ^ car il faut bien que Pierrot soit de toutes les fêtes.

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