IV. ~ PORTUGAL
Nous trouverons en Portugal une peinture assez grosse et naïve, un goût simplet de Tenluminure. Pourtant le roi lui-même, dom Carlos I", domicilié au Palais-Royal das Necessi^ades, à Lisbonne, essaye de donner l'exemple d'un art nuancé, avec le pastel: Lever des filets (Tune madrague. Autant que lui, vraiment, nombre d'exposants professionnels ont l'air d'amateurs. Ceuxci, M. José Vellozo Salgado et M. Ernesto Ferreiro Condeixa, traitent le même sujet : Vasco de Ganta devant le Samorin de Calicut^ à grand renfort de costumes et de coloriages. Cet autre, M. Arthur Prat, nous documente de Costumes et paysages de la province d'Alemtejo et de la province de Douro. M. José Julio de Sou^a-Pinto, qui fréquente nos Salons annuels, y .a pris le goût d'une peinture un peu fade sous prétexte de clarté, mais il a, néanmoins, une douceur et un agrément dans les Châtaignes, Chloé enfant, le Chant de r alouette. Les dix-huit études de Paysages,
marinesy intérieurs^ de M. Âlfredo Keil, témoignent d'un esprit curieux et chercheur, mais d'un peintre sans souplesse. Les Potiers^ de M. José Malhoa, disent aussi un effort pénible et louable.
Mes préférences vont, dans cette section, aux portraits de M. Salgado, déjà nommé, à ceux de M. Antonio Texeira Carneiro, à ceux de M. Bordallo Pinheiro Columbano, et de ce dernier, je préfère, à la série de petits portraits bruns, trop pareils, les deux grands portraits d'acteurs : l'acteur J. Rosa et l'acteur Taborda, vraiment significatifs de physionomies de théâtre.
Et ne quittons pas le Portugal sans avoir admiré et respiré les Pivoines et les Roses de dona Maria- Augusta Bordallo Pinheiro, artiste délicate, de vision sensible, de touche sûre et fine.