VI. — CONCLUSION
La conclusion, si une conclusion est jugée nécessaire , c'est que les Salons dureront longtemps encore, séparés ou réunis, maïs que l'art, de plus en plus , se libérera de ces exhibitions tumultueuses. Il y aurait un autre Salon à fonder : il y en a bien deux, il pourrait bien y en avoir trois. Ce serait le Salon où se grouperaient quelques artistes de ce temps-ci, peintres, sculpteurs, artisans, qui ne seraient pas longtemps à se compter et à se réunir, s'ils le voulaient bien. Quelques-uns d'entre eux, déjà, se font plus rares aux Salons annuels, et leur départ n'empêcherait pas la promenade du public au Champ de Mars et aux Champs- Elysées ; mais il y aurait, au moins, à Paris, un endroit où les œuvres d'art pour^ raient être vues sans les entoura habituels
de déballage que tous doivent subir, comme si le beau ne prenait pas un mauvais reflet du milieu médiocre. Mais ceci est affaire aux artistes, et ceux qui écrivent sur l'art n'ont d'autre emploi que de signaler les manifestations d'art partout oii elles se trou* vent. C'est ce que j'ai fait pour les deux Salons, heureux de quelques rencontres au long de tant de murailles couvertes de paysages et de personnages factices. Ma conclusion personnelle, c'est que j'ai grand désir de voir de vrais paysages, de rencontrer des femmes vivantes, de converser avec des amis, de retrouver la nature et l'humanité. Tout cela sera en accord avec les souvenirs d'art recueillis et fera, rapidement, oublier le reste.