‹ La vie artistiqueChapitre 18 sur 41 · IX. — PAYSAGES ET NATURES MORTES · texte numérisé non relu

IX. — PAYSAGES ET NATURES MORTES

Nous sommes à la campagne. Restons y. Nous rencontrons les paysagistes que nous connaissons, semblables à euxmêmes, avec leurs motifs d'habitude :

M. Harpignies : Oliviers et chénes-verts à Beaulieu\ M.Pointelin: Vallon du Haut- Jura; M. A Guillemet : La tour de La Hougue {Manche),

D'autres, nouveaux ou oubliés, m'attirent. C'est un très beau paysage que Le soir à Tursac (Dordogne), de M. Lou's Cabié,avec son atmosphère dorée de soleil couchant, son eau pénétrée de lumière, ses arbres dans Tombre et ses arbres éclairés par les flammes lointaines des derniers rayons. Il y a de cette même dorure sur la toile de M. Dambeza : Bords de rivière, le soir. Un tout autre aspect est celui de la Fin de journée à Monti-

gny-stir^Loing^ de M. Jacques Marie :

le temps est gris, lecielcouleurd'ardoîse, le village massé au bord delà rivière est chagrin, le paysagiste a su donner aux cil oses une expression morose* M* A, Cellier aussi, avec La récolte du goé~ fnon^ est éloquent et grave : devant son tableaUj on souffre du ciel bas, du groupe lamentable, résigné, des hommes, des bœufSf des charrettes, de la ligne triste des falaîsesj de Taspect fâché et morne de la mer. On retrouve quelque espoir devant Zi? matin à Mareuil-le-Guyon de M. A. Gosselin, le joli réveil des choses par le soleil, les arbres, la mare, les maisons, qui renaissent à la lumière.

Après tant de pérégrinations, trouvons quelque repos devant les tableaux de nature morte, tout en employant, bien à regret, cette dénomination. Il y a longtemps que Thoré a écrit : « Il n'y a point de nature morte !» Mais le terme est consacré, on n'en a pas trouvé d'autre, et rien n'y fera. Classons donc ainsi les fleurs si vivantes. Quelques peintres les

placent au premier plan d'un paysage.

Elles paraissent, il faut Tavouer, un peu apprêtées, un peu solennelles, ne participent pas à la vie qui les entoure, le paysage devenu un prétexte au bouquet habituel. Pourtant, le Fond de jardin abandonné, de M. Gri volas; les Bords fleuris de la Loire, de M. Achille- Cesbron, sont de charmants paysages fleuris.

MM. Bergeret, Chrétien, VoUon, fournissent toujours, en abondance, poissons et huîtres ; MM. Monginot, Claude, ^me Foyot d'Alvar montrent leur science à dresser un melon, des fruits, la table d'un goûter ; ei Taiguière d'argent de M. Biaise Desgoffe est toujoursinfîniment reluisante.

Page 1