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XIV. — INTÉRIEURS, FLEURS ET FRUITS, POÉSIE DE VERSAILLES

Mme Annie Ayrton fait preuve de sa science coutumière avec le panneau pour salle à manger. La Nature mortCy de M. Zakarian, est sobre, fine, d'une coloration rare. Les chrysanthèmes et les roses de M. Henri Dumont ont une sourde richesse. Mme Lisbeth Delvolvé indique délicieusement la forme et la couleur de coings, d'orchidées, de roses, de cuivres, de verres de Venise.

Parmi les intérieurs qui relèveraient aussi du genre de la nature morte par rétude des objets inanimés, cette jolie étude de vitrail de la Cathédrale de M. Gaston Prunier; la Forge abandonnée, de M. Marcel Beronneau ; la Cour du Baptistère {Fontainebleau), de M. Walter Gay; et les quatre toiles de M. Maurice Lobreconsacrées à Versailles:

VŒU de bœuf^ la Bibliothèque du Dauphin. \t Petit Salon Louis XV, le Salon

jardin coloré de M. Lebasque, les maisons de Moret de M. Albert MouUé, la fine plage de Biarritz de M. Léopold Stevens, les jets d'eau de M. Maurice Eliot, les féeries de M. Gaston La Touche, les barques de M. Le Goût-Gérard, le soleil couchant de M. Gustave Albert, les reflets sur la rivière de M. Richard Ranft, le gris Boulogne-sur-Mer de M.

Braquaval, l'inondation et les glaçons de M. Pierre Lagarde, le soir à Camaret-sur-Mer de M. Richon-Brunet, le crépuscule d'été de M.Maurice Courant, les marines de M. Mesdag, le faubourg de Dieppe de M. Thaulow, les vues de La Fère-en-Tardenois de M. Moreau-Nélaton, la Sologne de M. Hamoye, le Loing de M. Billotte, la Venise de M. Smith et celle de M. Iwill, la terre africaine de M. Dinct.

Tous ces peintres pourraient sans doute être subdivisés en groupes, étudiés individuellemei^t. C'est ainsi que, si Ton cherchait à dé/înirplus spécialement le caractère rustique de la peinture

S'il s'agit des graves, des mélancoliques pourvus de style et de grâce, voici M. Dauchez, dont la Baignade est fort belle; M. René Ménard, qui s'applique trop, précisément, à styliser la nature, mais a de larges et pures conceptions du Fleuve, du Temple, du Troti" peau; MM. Georges et Lucien Griveau, Emile Boulard, Georges Costeau, J. W.

Morrice, tous très doux, très apaisés, sachant les fines nuances des choses et les jolies lueurs qui les éclairent; M.

Henri Duhem, Mme Marie Duhem, dont les paysages sont d'une beauté si recueillie; M. Le Sidaner, qui crée un charme de solitude et de silence avec un soleil pâle, des vieilles pierres, des fenêtres éclairées, une statue sur une place, deux ombres noires assises sur un banc, une maison dont les lumières se reflètent au paisible et triste canal.

S'il fallait chercher les caractères d'une race, les œuvres flamandes pourraient être réunies : le beau paysage du littoral belge avec le coup de lumière

parfaites, prises séparément, ne se mettant pas tout à fait d'accord pour composer ce grand tableau.

M. Aman-Jean me semble parvenir à Tinstant précis d'un talent assuré, en pleine possession de ses moyens, avec ses portraits de femmes si doux, un peu lointains, d'une forme souple, d'une expression rêveuse et profonde. M.

Louis Anquetin, de même, d'une manière toute différente, musclée comme AThabitude, avec une tranquillité parfaite, dit sa personnalité et ses moyens par le portrait de Zo d*Axa et les portraits de Paul et Victor Margueritte, tous trois significatifs, bien vus dans leur caractère et dans leur œuvre.

Mlle Louise Breslau, avec Vlitude de la géographie^ Vlitude du dessin, le Dàudoir^ptini l'enfance sans mièvrerie, par solides constructions et iiarnionies fleuries. M. de La C}andara me plaît surtout par la peinture d*un réalisme très net : Jeune femme et vieille femme dans un parc^ deux silhouettes étranges

nouard a consacrés à TExposition universelle occupe deux salles, et c'est un des agréments de ce Salon de la Société des Beaux-arts. L'événement est d'hier, et déjà il est historique. Il s'est trouvé heureusement un artiste spirituel, adroit, au bon sens du mot, pour l'observer pendant qu'il se produisait et le fixer dans sa vie pittoresque. Les personnages qui ont présidé à la fête ont là leur portrait pris au moment où ils étaient en scène :

le président de la République, les ministres, le directeur des Beaux-arts, les architectes, et celui qui fut l'inspirateur de ce désordre savamment réglé. De ce dernier, M. Picard, Teffigiô est surtout caractéristique : il y a du mathématicien et de l'apôtre chez cet homme méthodique et ardent, au visage d'ascète, aux yeux fiévreux.

11 est encore un personnage principal :

c'est la foule, et c'est celui-là que Paul Renouard a surtout voulu représenter, au Champ-de-Mars, dans le palais des Illusions, dans la salle des Fêtes, entre les

Hamlet, aux portraits de Puvis de Chavannes, Rodin, Octave Uzanne, à des souvenirs d'Espagne, de Marseille, de Versailles, aux paysages du Chemin mouillé^ de la Saison des champs^ de la Rivière sous bois^ à une observation comme VAlcooL La remarque est à faire que l'effet est partout presque semblable, d'une riche vapeur colorée où il y a des lueurs de flammes, de phosphore et de soufre, mais le sentiment de l'harmonie est toujours vif, la forme se masse savamment, avec des trouvailles de gestes déliés.

M. Charles Milcendeau quitte, cette année, la Vendée et la Bretagne, où naquit son art d'une naïveté subtile. Il aborde TEspagne, dans la province de Salamanque, où il est certain que sa vision s'est appliquée, qu'il a cherché une force plus dense, une couleur plus riche et plus soutenue. Lorsqu'il reviendra à son pays natal, il lui fera présent de ces richesses trouvées au loin. Au village où il a passé ses jours de vacances, il a

Germain ; M. Gabriel Biessy, qui représente en douce grisaille de pastel les ruelles qui courent en lacis autour de Notre-Dame ; M. Frédéric Houbron qui délimite des églises, des maisons et toute une vue de Paris, en traits fermes et précis; M. Vieillard, qui fréquente les montées de Montmartre où peinent les chevaux côtiers ; M. Eugène Béjot, épris de l'espace et de la lumière des quais.

Les autres expriment la grandeur et la douceur des paysages ou la vie pittoresque des paysans et des pêcheurs :

MM. Pierre Prins, Auburtîn, Mesdag, Iwill, Gaston Hochard. Ceux-ci, de tout leur talent, s'appliquent à traduire le charme de pensée, la beauté d'expression du visage humain. Voyez les figures de M. Aman-Jean, dont la réunion 'fait un si délicieux ensemble de couleur atténuée, de vie au repos ; la Jeune Fille au grand chapeau^ d'une grâce si légère, de Mlle Louise Breslau ; la Grand-mère avec sa petite-fille^ de

Mlle Ottilie Rœderstein, d'une volonté appuyée et expressive; les portraits de femmes de M. Louis Legrand, d'un si souple tracé; le portrait d'artiste, aisément reconnaissable, par M. Robert Besnard; les fins crayons colorés de M.

de La Gandara ; les portraits de jeunes filles, d'enfants, celui de Huysmans, en aquarelles estampées, de M. Pierre Roche, sculpteur amoureux de la forme dans toutes ses recherches.

Cette section des dessins présente encore le maître talent de M. Daniel Vierge avec la gouache des Ours au Jardin des Plantes^ et les croquis de si juste signification de M. François Guignet. On y admire enfin les aquarelles où Mlle Berthe Crespel a retracé d*un art si ample la physionomie décorative des capucines et des chrysanthèmes, des artichauts et des tomates.

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