‹ La vie artistiqueChapitre 32 sur 41 · V. — PEINTURE HISTORIQUE · texte numérisé non relu

V. — PEINTURE HISTORIQUE

Un événement assez rare : une Jeanne d'Arc conçue avec simplicité, sans charlatanisme mystique. Elle a pour auteur M. Paul-Hippolyte Flandrin. Un homme d'armes avance maladroitement sa jambe et son pied bardés de fer, au premier plan du tableau, et c'est dommage. Tout le reste est d'une sobriété parfaite, d'une humanité sobre: les soldats, les paysans qui regardent Jeanne, et Jeanne ellemême, très petite fille, tranquille et résolue, sans aucun cabotinage.

nistres- Ce sont gouvernants et gouvernés. Et cela, en vertu du mirifique système des récompenses. Celui qui e^ïpose et qui prétend à une mention honorable, pour comraencerj est dans la filière, et il lui faudra aller jusqu'au bout. Il est perdUj en ce sens qu'il est dépendant, qu'il ne pense plus qu*aux médailles, qu'il les lui faut pour s'affirmer, pour vivre. Il n*est pas de situation plus pénible pour tout le monde, et pour ceux qui donnent les médailles et pour ceax qui les reçoivent. Il ne faut pas se lasser de redire cette situation, que chacun subit pourtant comme une condition nécessaire, fatale.

De ce point de vue, la séparation en deux Sociétés a été utile. Le premier coup aux récompenses, au vaste système de la clientèle, a été porté. La Société nationale, il est vrai, s'est organisée aussi avec des degrés, et se ferme, et se fermera sans doute de plus en plus aux nouveaux venus. Cela prouve, une fois encore, que les grandes agglomérations

d'artistes ne peuvent vivre que par la liberté. Ceux qui ne voudront pas entrer dans la cohue resteront dehors. Ils feront bien, mais cela n'empêche pas la cohue d'être intéressante par la manifestation instinctive, par le désir de vivre qui émane de toutes les foules.

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