EDMÉE
Je baisai ce billet en bénissant presque la perverse créature qui me l'avait fait écrire; puis je me rapprochai de la porte du cabinet de toilette pour écouter si je n’entendrais pas quelque bruit. Tout était silencieux.
Je me couchai en relisant le billet d'Edmée, et je m’endormis en le pressant sur mon cœur.
Je fus réveillé au point du jour, non-seulement
ar les premiers rayons du soleil, mais encore par e piqueur de M. de Chamblay, qui allait frappant de porte en porte. Georges m'avait préparé, sur une chaise, mon costume complet de chasseur. Je relus le billet d'Edmée, je le baisai encore une fois et je m'habillai.
Le domestique m'avait averti qu’une légère collation était préparée dans la salle A manger. A onze heures, la chasse nous conduirait dans un petit bois où nous trouverions notre déjeuner nous attendant au milieu des ruines d'une petite chapelle gothique,
Je sortais de ma chambre, me demandant s'il n'y avail pas un moyen de voir Edmée avant le départ, lorsqu'au moment où je passais devant sa porte, celle porte s'entr'ouvrit et j'en vis sortir une main qui, évidemment, attendait mes lèvres,
Mes lèvres ne se firent pas attendre, et, à travers l'étroite ouverture de la porte, j’aperçus Edmée en long peignoir de nuit; elle avait quitté sa toilette commencée pour venir à moi, el ses longs cheveux cendrés, dans leur abondance luxuriante, dont sa