ELU
Frédérique s’interrompit. C'était la première fois que le comte la tutoyait. Ce changement de manière lui fit un effet singulier.
Elle continua:
« Je commence par te remercier de la bonne intention de ton départ. Tu es pure et dévouée comme un ange. Si tu savais, ma chère fille, combien je me repens des contrariétés que j'ai pu te causer. Je ne t'ai jamais dit, et je n’ai jamais su moi-même avant ce moment, de quel cœur de père je Vadorais, Je voudrais bien te revoir pour te Yexprimer mieux que je ne l'ai fait jusqu'ici. Dieu me permeltra de ne pas mourir sans t'avoir revue,
» Cependant, il faut que je reste à Paris, mon entant bien-aimée, pour veiller précisément à des choses qui t'intéressent, Ne sois pas inquiète de moi. Je ne vais pas mal. Je ne reste, je te le répète, que pour travailler à une chose qui peut hâter ton bonheur. Mais pardonne-moi de désirer qu'il n’y ait pas tant de distance entre nous. Ne pouvant te rejoindre, je te prie de venir me trouver.
» Ne crois pas pour cela que ton voyage aura été inutile, Non, il aura produit, au contraire, des résultats auxquels nul de nous ne pouvait s'attendre,
» Pour que tu n’aies pas une seconde fois l’ennui de faire toute seule cette longue route, je envoie, pour te ramener, une personne qui arrivera à Eberbach le même jour que cette lettre. «
» Frédérique, je te recommande de recevoir cette personne comme tu me recevrais moi-même. Bien qu’elle te soit inconnue, elle taime plus profondément que tu ne peux croire. Aime-la bien,
» Et reviens vite avec elle, car les minutes vont me sembler des siècles jusqu'à volre retour.
» Ton père dévoué,