‹ La vie au desertChapitre 82 sur 175 · PR · texte numérisé non relu

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et moi ; nous tachions de ne point montrer notre tendresse et d’être ensemble devant les autres comme auparavant C'était le plus difficile.

Ma belle-mère voyait moins son fils ; elle affectaif une froideur sévère, espérant le ramener ainsi et le conduire à l'amende honorable. Jl commençait à trembler, en effet, loin de moi; mais, dès que je paraisSais, dés que mon regard rencontrait le sien, il reprenait du courage et de l’espoir. Nous allions partout ensemble; nous retournions souvent à notre chère villa et à la chambre en point de Hongrie. Nous nous rappelions sans cesse ces premiers moments de bonheur, et nous en croyions la durée éternelle. Un événement trés-naturel, qui d’ordinaire comble de joie les familles, et qui pour nous était la révélation publique de notre union renouvelée ou plutôt formée, vint redoubler nos embarras.

Il fallait l'avouer à madame de Verrue. Nous n’avions point dérobé ce pauvre petit; c’élait l'enfant de notre amour; nous étions heureux de lavoir ; encore fallaitil qu’il fût reçu par son aïeule comme une bénédiction du bon Dieu qu'il était pour nous tous, et je ne savais trop si elle y consentirait.

Nous le cachâmes tant que cela fut possible. Une fille coupable d’une faute ne prend pas des précautions plus minutieuses. Ma souffrance me trahit. Madame de Verrue devina tout à ma paleur, à mes incommodités continuelles. Chaque fois qu’elle me regardait, je rougissais. Mon mari rougissait davantage encore; il détournait la tête et levait le siége. Il craignait les explications. Je ne tardais pas à le suivre, j'en avais aussi grand’peur que lui.

Un jour, comme j'étais déjà détalée, madame de Verrue me rappela. Je n’osai pas aller plus loin; je sentis qu'il fallait revenir et que le moment de la révélation arrivait. Ma belle-mère me rappela encore ; je retournai vers elle. Son regard me toisa avec un éclair de haine, et sans préambule elle me dit :

— Vous êtes grosse, madame ?

Je ne répondis point, tant la déclaration à brilepourpoint me semblait brusque.

— Quand donc le comptez-vous avouer? quand donc comptez-vous en faire part à Leurs Altesses ? Est-ce que vous prétendez vous cacher, par hasard?..,

— Madame...

— Tout ceci est très-ridicule, je vous en avertis. Après vous étre comportée avec mon fils d’une façon inqualifiable pour votre dge; après avoir mené une existence qu'une effrontée désavouerait certainement, ne voulez-vous point faire la prude et dissimuler ce qui s’en est suivi? Voilà une belle modestie, vraiment! Comme si vous ne deviez pas ètre fière de donner un héritier à la maison de Verrue! A quoi seriez-vous bonne sans cela ?

Je me regimbai, lorsque je m’entendis injurier ainsi.

— Ne suis-je pas mariée, madame, s’il vous plait? En quoi ai-je manqué à la modestie? En quoi ai-je montré des façons d'effrontée ? Si je donne un héritier à la maison de Verrue, il me semble que je suis de la maison d’Albert, et que...

— La maison d'Albert! s'écria-t-elle, enchantée d’avoir trouvé un sujet véritable de m'humilier. Vraiment, la maison d'Albert ? Ah! vous croyez que cela se ressemble ? Qu'est-ce donc que la maison d'Albert ? D'ailleurs, est-ce une maison, et, dans pareille classe, donne-t-on ce nom aux familles? Votre grand-pére était un fauconnier, ma belle demoiselle de Luynes :

votre aïeul était moins encore, apprenez-le, si vous Vignorez, et chacun sait ce qui a fait de ce fauconnier un duc, n’en pouvant faire un gentilhomme.

— Alors, madame, repris-je, toute pale de colère, pourquoi la petite-fille de ce fauconnier a-t-elle été arrachée à son pays, à cet hôtel de Luynes où l’on vit si beureux, à cette famille que tant de respects entourent, pour venir souffrir auprès de vous? Pourquoi l’héritier de la maison de Verrue est-il devenu mon mari ? Ce n’est pas ma dot qui vous a tentée, je n’en ai point reçu. Ce n’est ni ma beauté, ni le charme de mon esprit : à treize ans, on n’a ni l'un ni l’autre. D'ailleurs, vous ne me connaissiez pas. Qui donc vous a pu conduire à une alliance avec ce duc de Luynes, qui n'est pas gentilhomme et que vous méprisez tant?

L’étonnement tua, chez madame de Verrue, la colère. Dans le premier moment, elle me laissa dire, parce qu'elle ne comprenait point mon audace. Soumise jusqu'ici, je me relevais pour la première fois. J'étais la mère de l’ainé de sa maison en ce moment; j'étais la femme du comte de Verrue, et non une étrangère que l’on peut impunément offenser. Elle pressentitun adversaire qu’elle aurait de la peine à vaincre, et dès lors ma perte fut jurée, je n’en doute pas. Cependant, elle voulut combattre et ne pas me quitter sans avoir épuisé tout son fiel.

— Si je vous avais connue, madame, si j'avais prévu ce que la fille de treize ans deviendrait plus tard, vous ne seriez point ici, je vous le jure. Mais je crus cet abbé de Léon; confiante en son amitié, désirant surtout assurer le bonheur d’un fils que j'aime par-dessus tout, j'ai consenti à vous recevoir ici, en mendiante, vous venez de le dire, à vous tout donner, n’exigeant en échange que votre jeunesse, votre vertu, votre beauté pour l'héritier d’une des plus vieillesmaisons del'Italie, me disant, pour excuser la mésalliance, que le comte de Verrue était bien assez grand seigneur pour faire une grande dame sans le secours de sa noblesse à elle, et qu'il était plus noble de tont offrir sans rien recevoir. Puisque vous le demandez, voilà pourquoi je vous ai prise, madame, et pourquoi vous m'insultez aujourd'hui, en reconnaissance de mes bontés.

J'étais retombée sur mon siége, suffoquée par la rage, par l'impuissance, par toutes les passions contenues et dans l'impossibilité d'éclater.

Elle eût continué ainsi deux heures, que je n'aurais pas répondu davantage; j’étouffais, je me sentis mourir. Elle n’eut aucune pitié de moi; se levant, au contraire, et enchantée de m'avoir réduite au silence, elle me fit une révérence ironique en me disant :

— Je vais vous envoyer vos femmes pour délacer votre corps de jupe, madame, et je vous engage à n’en plus porter. Gela devient inutile, je sais tout.

Marion et Babette, qu'elle fit mander en me quittant, accoururent, poussant des cris et des exclamations sans fin, Marion alla chercher M. de Verrue dès que je fus reconduite à mon appartement, en lui annonçant que la méchante douairière nous allait tuer, mon enfant et moi, s'il n'y voulait mettre ordre,

M. de Verrue se lamenta fort; mais il n'était point homme à mettre ordre à rien en face de sa mère, Il se trouva trés-empéché entre nous deux, Je lui déclarai queje ne resterais pas une heure de plus en son palais, après le traitement que j'avais reçu; que j'allais écrire à ma famille, et prier mon père de me venir chercher.

— J'attendrai son arrivée en quelque couvent, ajou-

tai-je; il serait peu séant que j’habitasse cette maison où madame votre mère m'a reçue par charité. Les filles de duc et pair de France n’endurent point de pareils traitements.

—Et moi! et moi! que deviendrai-je? répétait-il en :

“pleurant ; et mon fils?

— Vous, monsieur, vous aurez madame votre mère pour vous consoler. Quant à votre fils, soyez tranquille, je vous le renverrai dès que j'aurai pu m'en débarrasser.

Ma furie était semblable à la malédiction del'Écriture, elle allait jusqu'à la troisième génération. M. de Verrue se jeta à mes genoux, il me supplia, il me demanda pardon, il pleura, il baisa mes mains, il parvint à toucher mon cœur qui Vaimait; je le baisai à mon tour, je mélai mes larmes aux siennes, je lui pardonnai, je pardonnai à son fils ; mais, à l'endroit de la douairiére, rien ne pouvait m’apaiser.

Tl fallait lui signifier sur-le-champ qu'elle eût à chercher un autre logis, qu’elle nous laissat libres chez nous en ne nous embarrassant pas davantage de sa présence et de sa domination.

Mon mari serait plutôt mort que de faire une semblable levée d'armes: il se remit à pleurer de plus belle et à me As sur tous les tons. Je ne me laissai point attendrir, et, tout en Vembrassant, je lui répétais:

— Pen suis aussi désolée que vous, ce n’est pas ma faute ; il faut choisir entre nous deux; si elle reste, je sortirai.

Après cette scène, je m’endormis, fatiguée que j'étais. M. de Verrue ne se vit pas d'autre refuge que notre bon abbé Petit; il n’espéra qu’en lui seul, et, dès que j’eus fermé les yeux, il courut chez lui, trouvant cette manière plus courte et plus sûre que de l’envoyer chercher. Le curé écouta tout, il se doutait de cette situation. Il connaissait depuis longtemps madame de Verrue; il m'avait devinée, il prévoyait cette zizanie et s'était préparé à la combattre.

— La personne à employer dans fout ceci, c'est madame Royale, dit-il. Elle seule aura le pouvoir et la volonté de dominer madame votre mère, Elle seule entrera dans les sentiments de madame votre femme, sa compatriote et la fille d’une maison quelle à toujours honorée de ses préférences. Allez près de la princesse, monsieur, ou, si vous ne vous en sentez pas le courage, j'irai pour vous, je vous l'offre dé grand cœur.

Mon mari accepla avec reconnaissance, avec bonheur ; il remit tous ses pouvoirs à l'excellent prêtre, qui, en le quittant, s’en alla droit au palais, avec sa simplicité habituelle, avec ses modestes habits et son placide visage, bien plus connu des malheureux que des riches. Aussitôt qu'elle sut qu'il était là, madame Royale donna ordre de Vintroduire, elle qui refusait souvent les dames et les seigneurs les plus brillants.

M. Petit g'exprima, comme toujours, en fort bons termes. Il raconta à Son Altesse Ja révolution intestine arrivée ehez nous, il Ini exposa la position que me faisait madame de Verrue, et la supplia d’apaiser la tempéte qui, sans elle, menacait de tout bouleverser,

La duchesse connaissait ma belle-mère, Elle ne 8'6tonna point; elle promit à l'abbé Petit de s'intéresser à sa demande, et, comme elle me supposait la plus facile à séduire, elle voulut commencer par moi, æ&

ans s'inquiéter des facons ni de l'étiquette, dont elle faisait bon marché depuis la fin de la régence, elle

prit son écuyer, une demoiselle suivante, et vint chez moi tout de suite, en carrosse de ville. ;

Je ne l’attendais pas, on le pense bien, je Curent encore,

Elle ne souffrit pas qu'on m’éveillat; et voulut, au contraire, m'éveiller elle-même. Jamais surprise n'égala la mienne, lorsque je la vis supres de mon lit; j'en perdis la parole. (on

— (est hien moi, dit-elle en riant; ne soyeh point si étonnée. Nous allons causer un peu ensemble, si vous voulez m’entendre, ow plutôt si vous le pouvez; on dit que yous étes malade rg ne sera Tien; je l'espère. MR OR

Elle ne souffrit point que je me tabs et s'installa auprès de mon lit. Avec son charmant esprit et toute sa bonté, elle me fit raconter ma situation, mes douleurs, mes coières, mes résolutions de quitter la maison de mon mari, si ma belle-mére persistait à y demeurer avec nous. i ne me fallait point être PHARES jeter tout mon feu. if

—Vous connaissez ma mére, vous, tata m'écriaije; vous connaissez le duc de Luynes, et vous savezsi leur fille est venue en ce pays comme une mendiante!

La princesse m’écouta avec patience, sans m’interrompre. C'était le seul moyen d'obtenir sur moi quelque empire. TH

Lorsque jeus terminé, elle reprit mon discours d’un bout à l’autre, et jeta bas mes raisons une à une. Elle me représenta mes torts, tout en ne cherchant point à excuser ceux de la comtesse; elle me parla de mon mari, de mon enfant, de marenommée, de tout ce qui pouvait m'émouvoir. wi

Pyfus d'abord insensible; mais, comme elle insistait avec une véritable tendresse, je m’y laissai prendre, et m’attendris. Elle en profita pour m’arracher la promesse que je ne partirais point et que je ferais avec madame de Verrue comme sil m'était rien advenu.

Je ne sais ce que madame Royale dit à madame de Verrue, mais elle la calma tout à fait. Depuis lors, nous Wavons plus eu aucune discussion; elle m’en a bien plus détestée pour cela, et elle s’est bornée à se venger sourdement.

Elle agit avec une finesse et une adresse si shige rieures en me cajolant et en cajolant son fils, qu’elle reprit en fort peu de temps tout son empire. Elle le retint sous sa loi, ainsi que disent les poëtes; d’abord, en flattant le sentiment qu'il me portait; ensuite en l'inquiétant sur celui que je lui portais moi-même.

IL fut done successivement, et suivant la volonté de sa mère, tendre, empressé, confiant ét jaloux. Tl fut mon amant d'abord, mon mari ensuite, mon ami jamais. Bile ta dans son cœur cet attachement qui survit à tout, en Ini inspirant peu à péu dés ‘craintes sur mon caractère, en me peignant, — et cela avec des nuances et des précautions infinies, — enme peignant, dis-je, comme une étourdie, une folle, une visionnaire d'amour-propre, enragée de domination, naspirant qu'à Vhomilier, à Pamoindrir, à faire tout ployer | sous ma volonté.

tl en résulta qu'après les phéifters moments passés, i} ment plus d'amour, i n'eut plus tien du tout. Je lui

devins, mon pas odiense, ce serail trop dire, cola aurait dépassé, sans Patteindre, le but de la douairidre, mais eompléfement ‘indifférente, Ine vit en moi qu'une fémine portant son nom, tenant sa place à table et près des princes, assez belle et assez spi-

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pour ne pas blesser sa vanité de mari, mais incapable de rien ‘autre chose, et un ver zéro pour. la fortune et tla gloire | de sa maison. es belles espérances. énvolèrent une à une; car, moi, je l’a aimais toujours, mais je l'aurais aimé bien dayantage encore s’il Pedt voulu, car il fat | demeuré. le ae mour de ma. yie, en dépit dés apparences, en i fe, fautes et de mes erreurs. Il Il aurait. fall

hélas! je nef Pétais point.

dae madame de Verrue a fait de nous deux, qu delle a prépar ées à la séduction qui marmi moi. Ah! les belles-mères, Dieu. vous en

garde pat is, 3 elie À yp?

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. de Verrue fut bien vite rentré sous la adame sa mère. Malheureusement, mon enfant ne vint pa à terme. J'acconchai dans de gra louleurs à cinq mois, Sans impradence, sans pro gyocation, simplement, dit le médecin, parce que ah $ pas force de le porter: ‘davantage.

t ADS malheur, je le répète; si j'avais pu

sci un fils » ma belle-mere ett perdu tout son pou-

voir sur mo mari, j'étais puissante. Sans lui, je fus va Nee ae de l'esclavage l’emporta.

e cherchais à m'en consoler par les distractions. Je

site les bals et les fêtes; j'allais à tous les cér-

e fis constamment la cour à Leurs Altesses

Dp ae maison, où je ne trouvais que des ennuis.

e voit, M pe

oie commencait à me regarder de plus près

vint même deux ou trois fois me sur prendre

à campagne, Jorsque, par hasard, je m’y retirais endre un peu de repos.

en parla sourdement ; mais le soin que je mis

7 a “thal. point répondre fit tomber” ces rumeurs dès

Le or que j'étais assise dans un salon où passait monde, je me jouais avec un petit singe qu'on onné à madame Royale et qui était le plus joli du mo e; ; j'entendis auprès de moi le bruit que faisait 16 pri ce dé Carignan, lorsqu'il désirait qu'on le regardat. Je me retournai aussitôt; il me fit signe de venir sseoir sur un canapé dans une manitre de niche, c des glaces, et, la, notre conversation muette coma.

1 waaiasatt de son auguste cousin, et il voulait isha de l'amour qu'on lui supposait pour moi, mine je m'écriai que cela n'était point vrai, il tapa qe pied avee impatience; I] me répéta que cela était très-sûr et qu'il le savait bien.

me Non, monsieur, répétai-je à mou tour.

— Son Altesse vous aime, Gcrivit-il très-vité, je Le sais; mais, si vous étés sage, vous ne l'écouterez point, vous Jui montrerez que yous n'entendez point maner à votre mari, Tl faut, madame, regler dans l'ôrdre : oo , On est toujours malheureux. C’estun homme aux réflexions foreées qui vous donne ce Consil Suivez, ih eur, soyez tranquille, répondis-je ; je veux igter fidèle à M, de Verruo, non-seulement par devoir, ïais Cacore par amilid, — Mors tout est bien, etje suis tranquille, en effet.

al ni

— D'ailleurs, M. le duc de Savoie a une épouse aussi jeune et plus belle que mot; il doit l’aimer sans doute, et il Paime ; pourquoi aurai-je la hardiesse de croire qu'il puisse’ tourner les yeux de mon côté?

Le muet secoua Ia tête et traca dans son langage extraordinaire et figuré deux ou trois lignes où il disait que les plus beaux fruits d’un arbre semblaient toujours étre ceux que l’on ne pouvait pas atteindre. ©"

Cet illustre muet me “portait un intérêt véritable; plus tard, il me rappela ces avertissements: je me les rappelais “bien sans lui; ils ne pouvaient plus servir à rien, hélas!

Victor- Amédée ne me dit pas un seul mot que je ne pusse entendre. Mais: il prit l'habitude de partager mon jeu et de s’asseoir auprès de moi, de me faire demander de mes nouvelles par ses gentilshommes, lorsque je manquais un jour à me trouver au cerele de Leurs Altesses. Cela n'était guère marqué que pour moi et les courtisans au nez fin; es autres y pouvaient voir un attrait d'esprit ou une enyie d’être agréable à madame sa femme, qui me voulait traiter en amie et en compatriote, Je ne m’y frompais point, je m’écartai peu a peu.

Le prince me demanda tout haut à madame de Verrue, qui ne manqua pas la belle occasion de noter mes caprices, mon humeur désagréable, et la peine qu'elle avait à vivre avec moi. * |

Madame Royale n’était pas présente; sans quoi, elle n'eût pas osé parler ainsi devant elle, qui savait le fond des choses, Le duc n’essaya pas de me défendre; il avait trop de finesse déjà.

Le lendemain commençait la semaine sainte , époque à laquelle tout le monde s’enferme en des couvents, ou fait la retraite chez soi en passant Ja moitié de son temps dans les églises. Les offices et les yépres durent fort tard. Chacun a une lanterne ou une chandelle allumée pour Lire ses prières; mais, au moment de sortir, on les éteint toutes en même temps: il en résulle une obscurité et une infection incroyables.

De bonnes âmes restent à prier dans ces ténèbres, ou bien des Ames tendres en profitent pour se réunir eLse faire, an pied des autels, des serments clandestins qui n’en sont pas mieux gardés pour cela. Le jeudi saint surtout, les chants se prolongent infiniment, et, 1a, on veille toute Ta nuit près du saint tombeau.

J'étais triste et je voulus aller prier à mon tour, accompagnéeseulement de mes gens et de Marion, qui, pour ce jour-là, devint tout à fait demoiselle suivante, car je n’emmenai qu'elle. Nous allâmes dans une chapelle appartenant à la maison de Verrue, où il nv avait personne, à ce que nous croyions, du moins, Le coufessionnal de ma belle-mère s'y trouvait: il était placé dans la partie la plus obscure, Elle ne supportait pas qu'on la vit agenouillée, même devant le représentant de Dieu,

J'allai me placer dans le fond et je me mis à prier, Marion un peu éloignée de moi. Pétais tout À éôté du confessionnal, énfoncée dans mes patenôtres. Pentendis quelqu'un Venir, mais je my pris pas garde, et, sans rotourner la tte, j'aporous une robe noire semblable à celle d'un pélérin ou Wun moine qui passait fort vite, ‘

IL y où avail lant aux dglises ce jour-là, que cela n'avait rien d'extraordinaire, An bout d'un instant, une voix sembla sortir du confessionnal qui, me fit peur, el j'allais crier, lorsque colle voix me dit

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