XLII
M. de Vendôme annonca au duc Varrivée du roi d’Espagne comme très-prochaine, en ajoutant que le désir de Louis XIV: était que Son Altesse allat recevoir Sa Majesté Catholique à Alexandrie. La cour entière s’y devait transporter. Je n'étais pas assez bien portante pour y suivre le prince ; mais il le désirait tant, que je consentis à m'y faire transporter en litière, incognito, et à condition qu'on le dirait le moins possible, Je m'apercevais bien que Victor-Amédée était jaloux : c’est un vilain défaut, selon moi, surtout dans un homme pour qui ona plus d'amitié que d’amour. Je le souffrais déjà impatiemment; mais ce n'était pas au point où cela est venu depuis.
Les princesses étaient à Alexandrie avant moi. Madame la duchesse de Savoie se plaignit de ce que l’on m'avait emmenée, non pas à son mari, mais à ses familiers, qui ne manquèrent pas de le répéter.
— J'espère bien que le roi d'Espagne ne la verra pas! dit-elle. j
Le duc eut vent de ce propos. Il n’était pas dans ses idées gouvernementales qu'on s’occupat de ses actions privées ; aussi réprimanda-t-il sévèrement la princesse, qui en avait encore les yeux tout rouges au moment du diner,
— Madame de Verrue est mon amie, madame, avaitildit; j'entends qu'on la respecte comme telle, et vous autant que les autres. Elle ne vous à jamais manqué, vous n'avez pas à vous plaindre delle : ne l’attaquez pas; elle verra le roi d’Espagne s'il lui convient de le voir et de venir prendre à ma cour la place qu'elle y duit tenir, par sa naissance, son esprit ct sa beauté
Je ne vis pas le roi d’Espagne, je n'en étais nullement curieuse, et je restai fort cachée, ce qui m’errangeait beaucoup mieux.
Philippe V, .débarqué à Finale, vint en chaise à Alexandrie. Le duc alla au-devant de lui assez loin, et, dès qu'ils se rencontrérent, ils descendirent de leurs carrosses et s’embrassérent. Les compliments furent courts : le roi s’excusa de ne pouvoir offrir une place à Son Altesse dans une si petite voiture, et lui dit qu’il la recevrait dans peu, se proposant d'aller le soir même lui demander à souper.
Ceci bien convenu, M. de Savoie revint à la ville, passa chez moi pour me raconter cette culrevue, puis s’en alla chez le roi son gendre, Il avait bien slipulé, avecles seigneurs du despacho de Sa Majesté Catholique, qu'il aurait un fauteuil, et qu'il renoncçait à demander la main, ainsi que l'avait eue Charles-Rmmanuel, en allant épouser en personne la fille de Philippe I, mais que, pour le fauteuil, il y tenait,
On fit changer d'avis à M. de Louville, le factotum de vette cour : le duc fut reçu debout, Philippe V dé. commanda son souper, sous prétexte que ses officiers nétaient pas arrivés, Enfin, Viclor-Amédée recut toutes les mortifications possibles: il abrôgon sa visite, et revint à mon logis, outré, me demander un moreeuu à manger, et surtout décharger son cœur,
— lls verront! me dit-il, et l’on ne me traitera pas ainsi chez moi sans que je me yenge!
Le lendemain, le roi d’Espagne Je vint voir et ne s’assit pas; il alla de même chez les princesses, avec lesquelles il se montra de fort bonne grace, particulièrement avec la fille de Monsieur, sa tante et sa belle-mère en même temps.
Le duc fut très-poli, très-digne et très-réservé.
En prenant congé du roi, qu'il reconduisit seulement à un mille de la ville, il lui fit une grande révérence, en lui disant :
— - Votre Majesté m'excusera si je ne fais pas la campagne en personne, ainsi que je l’avais résolu; il se peut même que je ne puisse fournir beaucoup de troupes : mes peuples sont fort épuisés d'hommes el d'argent; je ne suis pasriche, nos montagnes ne produisent guère; mais mes vœux suivront toujours les armes de Votre Majesté.
Le compliment se termina là, et ceux qui connaissaient le prince purent dès lors en augurer ce qui arriva.
Il revint à Turin précipitamment; j'étais partie la veille, pour qu'il nett pas à m'attendre. Gomme je mettais pied à terre en ma maison, Babette, que je n’avais pas emmenée, me vint dire que j j'allais y trouver un étranger caché dans le fond de l'appartement de mes enfants; que Son Altesse lui avait envoyé lordre de le recevoir dans le plus grand sécret, de le traiter comme lui-même et de le servir de sou mieux. Un mot du due pour moi éclaireit le fait : c'était le comte d’Aversberg, envoyé secret de l’empereur.
J'étais fort désolée de tout cela; je voyais la ruine du pays imminente et le prince en butts à tous les malheurs, aux calomnies de l'Europe entière. Je me promis de le lui dire dès que je le verrais.
— Je sais ce que je fais, me répondit-il; il suffit que vous soyez Francaise pour que je ne vous écoute point.
Les conférences eurent toutes lien chez moi, en ma présence. Le comte apportait de très-belles conditions ; mais Victor-Amédée voulait davantage. Je ne sais ce qui en serait résullé, si l'ambassadeur de France, M. Phélippeaux, n’eût découvert par ses espions un courrier dépéché au prince Eugène. Il vint sur-le-champ trouver Son Altesse au palais, et, tout rouge de colère, il commenca des plaintes et des récriminations que M. de Savoie écouta avec un sang-froid méprisant.
— Mais, monseigneur, reprit Phélippeaux, quelles sont les intentions de Votre Altesse royale ?
— Ai-je des comptes à vous rendre, monsieur?
— Non pas à moi, mais à mon maitre.
— S'il m'en demande, je saurai sur quel ton lui répondre.
— Monseigneur, je serai forcé d'écrire tout cela.
— Écrivez, monsieur; qui dit ambassadeur, dit espion, je ne lignore pas.
— Monseigneur, Leurs Majestés les rois de France et d'Espagne vous renverront les princesses vos filles, si vous les forcez à vous traiter en ennemi.
— Qu'ils les renvoient : nous avons besoin de servantes.
L'entretien devait s'arrêter là; je le sentis plus vite qu'eux, moi qui n'étais pus en colère, et je fis signe à Phélippeaux de sortir. IL comprit que mon conseil était bon, car il en profite : il salua le prince, qui lui rendit un signe de tête; puis il nous laissa.
— Ma chère comtesse, me dit Victor-Amcdée, les
vitres sont cassées, et nous allons voir l'Espagne et la France en face de nous. Il arrivera ce que Dieu voudra; mais je n’y tenais plus. Envoyez, s’il vous plait, tout à l'heure chercher Aversberg.
Le comte vint, et ils s’enfermèrent; je n’ai jamais su ce qui s'était dit dans cette conférence. Jen ai vu les résultats. Phélippeaux écrivit; marqua-t-il le mot sanglant du duc sur ses filles? Ce qui est certain, c’est que les suites furent terribles; le roi envoya l’ordre à M. de Vendôme de désarmer les troupes piémontaises qui se trouvaient avec les siennes et qui venaient de faire des prodiges de valeur à la bataille de Lugara. Cette opération se fit sans résistance, car on ne s’attendait à rien. Les soldats désarmés furent incorporés dans les régiments français, et bien entourés, de crainte de désertion.
Jamais je ne vis fureur semblable à celle de Victor- Amédée lorsqu'il apprit cette nouvelle; il soupait chez moi avec Aversberg et deux ou trois familiers. Il jeta la dépêche par terre et donna un grand coup sur la table en jurant d’une facon énergique.
— Comte d’Aversberg, vous pouvez annoncer à l’empereur que je me battrai jusqu'à mon dernier homme et ma dernière ressource, pour m’opposer à l'ambition de Louis XIV. Vous n'avez plus besoin de vous cacher ici; demain, tous mes sujets connaitront ma résolution : je les appellerai à moi, et ils ne me manqueront pas plus qu’autrefois. Je vous réponds d’eux.
Son indignation se répandit, comme une trainée de poudre, dans tout le pays; il n’y eut que cris et que rage, partout, dans toutes les classes; le peuple, la bourgeoisie, la noblesse, ils accoururent tous.
Le soir même où l’on apprit cet étrange procédé, l'ambassadeur Phélippeaux fut arrêté dans son hotel; tous les Français résidant en Piémont le furent également et leurs marchandises saisies.
Dans la nuit, le duc fit appeler les membres les plus influents de l’assemblée des nobles pour s'entendre avec eux.
— Messieurs, leur dit-il, c’est en vous, après Dieu, que j'ai placé ma plus ferme espérance, pour obtenir satisfaction d’une injure qui nous est commune et qui ne peut étre supportée par des gens de cœur.
Ce furent des cris et des menaces effrayantes, qui nous firent trembler, madame la duchesse et moi, car nous ne pouvions oublier que nous étions nées Françaises.
Quoique ennemies en public, et par position, nous étions loin de nous détester en particulier. Nous avions des rapports fréquents, inconnus même à Victor- Amédée, et je donnais souvent à madame de Savoie des avis dont elle profita dans sa conduite. Cette explosion de fureur ne nous plaisait ni à Pune ni à l’autre.
Elle m’enyoya une de ses femmes pour me dire sa désolation de ce qui allait arriver, en ajoutant qu’elle souhaiterait d'être loin alors; à quoi je lui fis répondre que je serais charmée de men aller avec elle.
Le prince envoya chercher Phélippeaux, qu'on gardait à vue et dont tous les papiers fureut visités.
Phélippeaux soutint bien l'honneur de son maître,
— Comment, monsieur, lui dit le due, le roi de France a osé commettre une action aussi lâche sans prendre même la précaution de vous mettre en sûreté?
I tient donc bien peu à votre liberté, à votre vie! Vous étes cependant un fidèle serviteur.
— a Majesté peut disposer de moi : ma liberté et
ma vie lui appartiennent, répondit Phélippeaux, aussi tranquillement que s’il se fit agi d’une partie de chasse. a
— Mais savez-vous que cette action de votre maitre est inféme : désarmer un allié qui dort sur la foi des traités!
— Lesquels? ceux de Votre Altesse avec mon souverain, Ou ceux qu'elle est en train de conclure avec le prince d’Aversberg, caché chez madame la comtesse de Verrue depuis plus d’un mois?
Le duc fut interdit en entendant cette réponse : il se domina assez pour ne rien laisser paraître de son trouble, même aux yeux ciairvoyants de l'ambassadeur; mais il lui vint à l’idée que Babette ou Marion l’avaient trahi, et Dieu sait qu’elles n’y pensaient guère.
— Je puis me venger, monsieur, répliqua-t-il : on m'a abreuvé d’assez de dégoûts, et je n’ai à rendre compte de ma vengeance qu'à Dieu seul... Je vous ferai connaitre mes volontés.
— Je les exécuterai si je le trouve convenable, monseigneur; moi, j’ai à rendre compte de mes actions au roi mon maitre et à l'Europe, qui nous jugera tous les deux.
— Oseriez-vous dire, par hasard, que je n'avais pas le droit de vous faire arrêter?
— Non, monseigneur, vous ne l'aviez pas; vous n’aviez pas autant de raisons de vous assurer de ma personne que le roi mon maitre de faire désarmer vos troupes; deviez-vous douter qu’étant à sa solde, Sa Majesté ne fit la maîtresse de disposer de vous, de vos soldats et de vos États même, monseigneur ?
— Sortez, sortez, monsieur! s’écria le duc hors de lui-même, sortez! ou j'oublicrai votre caractère, et je ne sais...
— Il me semble que, depuis plusieurs heures, Votre Altesse ne s'en souvient plus, répliqua froidement Phélippeaux, faisant une révérence et se disposant à sortir; on pourra le lui rappeler. i
Le duc eut bien de la peine a se contraindre; il le fit néanmoins, pour ne pas mettre le tort de son côté.
Le lendemain matin, il reçut une dépêche de Louis XIV, ainsi conçue :
« Monsieur, puisque la religion, l'honneur et votre propre signature ne servent absolument de rien entre nous, j'envoie mon cousin le due de Vendôme vous expliquer mes volontés; il vous donnera vingt-quatre heures pour vous décider, »
Les vingt-quatre heures de répit étaient une vraie dérision; le duc répondit sur-le-champ :
« Sire,les menaces ne m'épouvantent point; je prendrai les mesures qui me conviendront le mieux, relativement à Vindigne procédé dont on a usé envers mes troupes; je n'ai que faire de mieux m'expliquer et ne veux entendre aucune proposition, »
On lui proposa néanmoins de recevoir garnison francaise à Turin et dans les places fortes du Piémont; if ne prit même pas la peine de répondre; mais, en quelques semaines, il eut organisé une défense magnifique dans tout le pays.
Pour la seconde fois, je fus témoin de l'enthousiasme d'un peuple travaillant pour sa liberté sous les ordres d’un souverain éminemment capable.flest incroyable ce qu'ils firent: les forteresses furent réparées; une armée s'improvisa comme par enchantement; tout Pargent de la noblesse et de la bourgeoisie fut apporté entre les mains du prince, qui sut en tirer un parti merveilleux.
Les soldats que la France avait désarmés et incorporés dans les régiments désertèrent et revinrent trou- +er leurs drapeaux. Le prince était rayonnant.
— Mes peuples m’aiment, me disait-il; vous le voyez, et je suis sûr d'être approuvé de l’Europe, indignée d’un manque de foi, d’une trahison aussi ladigne... Je saurai résister; mais l’empereur me vendra cher son assistance. Ah! pourquoi n’ai-je pas un Etat assez grand pour me passer du secours des autres!
Le dessein était pris Varréter le prince et de l’envoyer en France; j’en fus avertie par quelques lignes d'un ami que je ne nommerai pas, et qui risquait sa tôle pour me rendre service : je ne l’ai jamais oublié. Le duc devait aller visiter les lignes des frontières pour les rendre inattaquables, ou du moins susceptibles de résistance : c'était pendant le voyage qu’il devait être enlevé; le duché était envahi, et j'étais probablement réclamée par les Verrue. Mes parents en France ne m'auraient pas soutenue contre eux, ils me Pont bien prouvé : j'étais done tout à leur merci, mon ami le savait; voilà pourquoi il me prévint avec tant d’empressement, car, pour Victor-Amédée, il w’y tenait guère.
Cet avis m’arriva singulièrement. Le prince aimait les devins, je Vai dit; il en avait plusieurs à Turin qu'il allait souvent consulter, et auxquels il accordait sa confiance. J'y allais aussi, moitié par conviction, moitié pour me distraire, car ils m’avaient trompée quelquefois ; ils m'avaient aussi annoncé des choses très-vraics et trés-Gtranges. Quelques jours après tous ces événements, Marion vint annoncer qu'il y avait la un homme se disant Vénilien, qui me demandait et qui assurait que je le verrais avec plaisir.
— Dites à madame la comtesse, ajouta-t-il, que c’est * celui qu'elle a été consulter.
— Ah! oui, m'écriai-je; qu'il entre, il arrive à propos.
C'était, en effet, notre sorcier de Venise : on juge comme je le recus, car la bague m'avait certainement sauvé la vie; il m’écouta tranquillement, avec ce visage impassible qui faisait une de ses grandes puissances.
— Je suis venu exprès, madame, pour vous rendre un grand service, et j'espère que j’arrive à temps.
— Qu'est-ce donc?
— Que Son Allesse ne sorte pas de la ville: elle court un grand danger! Une embuscade lui est dresée ; on doit l'enlever et la conduire en France; tout est disposé pour cette expédition.
— En êtes-vous bien sûr? ceci est-il une certitude ou une prophétie?
— Si j'étais un imposteur, je m'en donnerais le mérite auprès de vous, madame; mais je vous dirai la vérité : c’est un avis que je suis chargé de vous transmettre, Voici quelques lignes d’un ami, pour vous donner confiance,
Je lus toute troublée,
— Vous voyez qu'on peut et que je ne vous trompe pas. Maintenant, si vous voulez savoir ce que dit la destinée, de grands malheurs menacent M. le due de Savoie, bien que cette embuscade ne doive pas réussir; mais le plus grand de tous sera celui qu'il aura de vous perdre,
— Je mourrai?
— Non pas : vous quitterez ce pays-ci,
ajouter foi à mes paroles
— Volontairement ?
— Volontairement.
— Et sera-ce bientôt?
— Vous ne tarderez guère ; je puis, si vous le voulez, vous en préciser demain l’époque.
— Et pourquoi m’en irai-je?
— Je ne veux pas vous le dire,
— Je voudrais pourtant bien le savoir.
— Écoutez, madame : vous êtes une personne de parole; si vous voulez me donner la vôtre de m’obéir en tout, votre curiosité sera satisfaite, mais pas à présent,
— Comment cela?
— Je regarde comme nuisible à votre bonheur que vous sachiez dès aujourd’hui le sort qui vous attend: seulement, si vous voulez me promettre de ne pas l'ouvrir avant le jour où vous quitterez l'Italie, je vous donnerai un sachet cacheté contenant votre horoscopé. Vous verrez alors si je vous trompe.
— Eh bien, j'y consens ; donnez.
— Je vous apporterai demain ce sachet.
Je m’empressai de congédier cet homme pour chercher le prince et lui faire part de l’avis que j'avais reçu ; il ne s’en troubla point.
— On ne me prend pas comme cela, me dit-il; je saurai m'en garantir. Ah! si Louis XIV venait en Italie, ou si Philippe V n’était pas hors de mes États, je vous jure que... Enfin, nous allons leur en donner pour leurs frais.
— Vous ne ferez pas le voyage que vous projetiez.
— Je le ferai, mais précédé d’un manifeste, pour apprendre à mes peuples ce projet du roi de France, et les prier de me garder eux-mêmes ; vous verrez que je serai bien tranquille et que la mine éyentée n’éclatera pas. Merci, comtesse, votre ami a choisi un messager tout particulier ; que faisait-il donc, notre devin, à courir les armées ?
— Il venait ici à Turin pour vous. Ne l’avez-vous pas mandé?
— Pas précisément, me répondit le duc avec embarras.
Il y avait des instants où il rougissait d’ayouer sa crédulité; j'ai remarqué que c'était surtout dans les moments difficiles.
— Je lui ai seulement fait écrire que je serais bien aise de le voir, ajouta-t-il.
— Il vous a compris, et il est venu.
Le lendemain, le sorcier m’apporta une manière d’amulette fort proprement arrangée à l'orientale, et il me pria de me la pendre au cou jusqu'au jour promis.
— J'ai quelque chose à y ajouter, dit-il; quelque danger que vous couriez, ne yous effrayez pas : ni maladie ni accident ne peuvent vous faire mourir; vous êtes destinée à faire d’abord une grande œuvre, et loin d'ici.
— Laquelle?
— Vous sauverez la vie à un grand personnage; vous conserverez le dernier bouton de l'arbre le plus illustre et le plus précieux de l’Europe, et vous finirez paisiblement et heureusement vos jours; ceci, je vous le promets.
Il a tenu parole, Quant au sachet, je l'ouvris quand j'en eus le droit : j'y trouvai strictement ce qui m'était arrivé depuis. Je n'ai jamais yu devin aussi habile que celui-là, bien que j'en aie consulté beaucoup, car Victor-Amédée m'avait passé sa maladie,