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HISTORIQUE DES EXPLORATIONS SOUS-MARINES

canal de Santaren. C'est cette même année seulement que partit la première expinlition anglaise. Par conséquent l'honneur ilètre entrés les premiers dans la voie des explorations sous-marines qui devait devenirsi féconde en résultats, revientaux Américains, et on s'explique difficilement comment Wyville Thomson, dans son histoi-i(pi(' si complet des |tremières découvertes accomplies au fond des Océans, ne mentionne ni les collections formées par les ordres du professeur Bâche et signalées par Pourtalcs, ni la campagne du Co7'i«m(i). En 1868 le gouvernement anglais mit à la disposition de Wyville Thomson et du D' Carpenter le hateau le Ij/ijlitning, pour exécuter des dragages entre le nord de l'Ecosse et les Iles Farôer. La profondeur des fonds explorés ne dépassajamais 630 brasses, et les récoltes d'animaux marins, très abondantes, fournirent de précieux renseignements zoologiques. Encouragée par ce succès, l'Angleterre mettait durant les deux années suivantes à la disposition des mêmes savants, auxquels s'était joint Gvvyn Jetfreys, le bateau le Porcupinc. On explora l'Océan au large des côtes Ouest et Sud de l'Irlande, ou visita de nouveau le canal séparant le nord de l'Ecosse des Farôer, et enfin le Porcripinr \\x\[ explorer la côte de Portugal, pénétra dans la Méditerranée et, après avoir suvi les côtes du Maroc, de l'Algérie et de Tunis, revint vers l'Océan après avoir franchi le détroit de Messine. Les découvertes faites durant ces voyages, ainsi que durant l'exploration méditerranéenne du Waslihir/toii, de la marine italienne, accomplie en 1881 sous la direction du professeur Giglioli, montrèrent qu'il y avait au fond des mers tout un monde animal absolument inconnu, dont la connaissance devait jeter un grand jour sur l'organisation et la distribution de la vie, et permettre en même temps de se rendre compte des conditions dans lesquelles avaient vécu certains animaux marins dont nous trouvons les restes enfouis dans différents terrains constituant notre globe.

Au retour du Po7-ctipme, le gouvernement anglais s'occupa d'or-

(i) La réclamalioii de priorité de la part des États-Unis est consignée dans le American journal of science, t. Y. Mai 1873.

ganiser une grande campagne de dragages et de sondages autour du monde. On arma dans ce but le Challemjer fia Provocante), corvette à hélice dont le commandement fut confié au capitaine .Narres. Wyville Thomson , accompagné d'un nombreux personnel scientifique, a parcouru durant les années 1873, 1874, 1873 et 1876, rOcéan .\tlantique, la mer des Indes, le Pacifique. A l'heure actuelle les collections formées durant cette mémorable campagne donnent lieu à une série de publications de grande valeur, dont j'aurai souvent à rappeler les conclusions dans la suite de cet ouvrage.

Mais tandis que IWngleterre s'engageait si franchement dans la voie des découvertes sous-marines, l'Amérique, qui la première avaitorganisé des recherches méthodiques, ne restait pas inactive.

En 1871 et 1872 le Hassler. sous la direction de Louis Agassiz, draguait sur les côtes de l'Amérique du Sud; en 1873 le Blakc, mis à la disposition de .M. .\. .Agassiz, procédait à l'exploration de la mer des .\ntilles et les résultats des dragages donnaient immédiatement lieu à diverses publications. Pendant la campagne du Challenger, les Américains procédaient avec le Tiiscarora à de nouvelles recherches. En 1874 les Suédois avaient envoyé le Voiingen étudier une partie des mers du .\ord (1).

Ce n'est qu'en 1880. sur la demande de M.M. H. et.\. .Milne Edwards, qu'une e.xpédition lut organisée en France pour explorer les fonds de l'Océan. Une commission présidée par .M. .\. Milne Ed\vards s'embarqua à bord du Travailleur, et procéda à de nombreux dragages dans le golfe de Gascogne (2).

(I) Nous devons encore mentionner l'expédition allemande faite à bord de la Gazelle; les dragages des bateaux américains le Knight Errant elle Triton.

2 La commission scientilique nommée par M. le ministre de linstruclion publique pour diriger les dragages effectués à bord du Travailleur élail composée de -M. X. Milne Kdwards, membre de l'Institut, président ; de M.M. Vaillant et Perrier, professeurs au .Muséum; de M. de Folin, directeur dujouinal les Fotids de la mer; de .MM. Marion et Sabatier, professeurs aux facultés des sciences tle Marseille et de Montpellier; de M. Fischer, aide-naturaliste au Muséum d'histoire naturelle, et de M. Viallanes, préparateur. La même commission effectua les voyages de 1881-1882. On lui adjoignit, en 1883, M. H. Filhol,

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Les résultats eurent une telle importance que le ^'^ouvernement décida de continuer les recherches. Le Travailleur l'ut de nouveau mis à la dis|)osition de i\L A. Milne Edwards et de la commission qu'il |ui'si(lait. Il |iarc(uirut le golfe de Gascogne, visita la côte du Portugal, franchit le détroit de Gibraltar et explora une grande partie de la Méditerranée. En 1882 le même hàtiment entreprit une troisième mission dans l'Océan Allanti(jue où il poussa jusqu'aux îles Canaries (fig. 1).

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Fig. I. — Itinéi-airo du Travailleur dans IWtlautique et la Méditerranée.

En 1883, le Talisman fut armé et aménagé pour une nouvelle campagne de dragages. Ce bateau était commandé parle capitaine de frégate Parfait, qui l'année précédente occupait le même poste ta bord du Travailleur (1). Il y avait à bord M. A. Milne

professeur à la faculté des sciences de Toulouse comme membre, et M.M. Cli. Broiisniarl et Poirault comme préparateurs.

'(1) Durant les premières campagnes du Travailleur, ce bateau était cuniniandé par M. le lieutenant Richard.

Edwards et la commission scientifique nommée par le ministre de rinstruction publique. Le Talisman explora les côtes du Portugal, du Maroc, se rendit aux Canaries et de là aux îles du Cap-Vert. Il remonta ensuite vers la mer des Sargasses pour aller aux Açores, d'où il effectua son retour en France (fig. 2).

Les collections formées durant cette croisière furent, grâce à la perfection des appareils de dragage, d'une extrême richesse. Elles ont v\i\ ([iiolquc* mois à peine après leur arrivée en France,

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Fig. 2. — Carte du vovage du Talisman en ISS3.

mises sous les yeux du public, et la variété des formes animales, la structure si étrange de certaines d'entre elles, la coloration brillante des animaux vivant par des fonds de 5.000 mètres, ont causé dans le public un senliineut d'étonnement auquel a succédé un véritable enthousiasme. On retrouvera figurées dans la suite de ce travail les formes les plus dignes d'intérêt qui aient été récoltées durant cette campagne si féconde en résultats zoologiques.

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