‹ La vie au temps des libres prêcheursChapitre 14 sur 16 · ÉPILOGUE · texte numérisé non relu

ÉPILOGUE

vêtements, des ornements de velours, des joyaux et des ceintures dorées, afin de nous signaler, par le menu, les excentricités passionnées ou vicieuses de leurs contemporains ; afin de mettre en garde, contre les allèchements du péché, leur auditoire trop enclin à laisser le corps entacher l'âme, sans mesure ni discernement.

Les comparaisons railleuses, les saillies ironiques, les mordantes allusions adressées aux hypocrisies impudentes, aux iniquités imperturbables, que la colère n'a pu parvenir à ébranler de ses saints emportements, vont changer le caractère de la lutte, sans en altérer le but. Cette autre manière de protestation, au nom de la morale chrétienne, nous intéressera au moins autant que l'emploi de prédications sinistres et de paroles irritées. Il nous semblera souvent lire une page de V Éloge de la Folie ou du Pantagruel ; mais l'effet n'en sera pas moins persistant que celui d'une page de Savonarole ou de Pépin.

Certains bons esprits pensent même que le ridicule livre plus durablement au jugement du bon sens les superstitions, les excès et les sottises, que ne le font les graves raisonnements, dont le tort est souvent d'affirmer, avec trop d'insistance, le caractère absolu de vérités relatives, qu'un travail ultérieur de la raison doit renverser un siècle ou deux après.

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