‹ La Vie Byzantine au VIe SiecleChapitre 11 sur 60 · XVIII PREFACE · texte numérisé non relu

XVIII PREFACE

Sa magnificence excitant le zèle des artistes de son temps, il élève des villes et des monuments bien faits pour exciter l'admiration de la postérité...

Mais il en est de Justinien comme de beaucoup de grands hommes.

Pour conserver à leur nom le prestige que leur a donné l'histoire parfois intéressée à leur gloire, il faut les envisager de loin.

De même, pour les hautes montagnes qu'on voit se dessiner à l'horizon dans le développement harmonieux de leur imposante grandeur. Quand on s'en rapproche, la pureté de leur ligne azurée disparaît. On en compte alors les rudes aspérités, les gouffres menaçants, les effravantes horreurs.

Tel nous apparaît dans l'histoire générale qui lui sert d'horizon, le règne de Justinien. Tel il n'est plus quand on l'étudié de près.

Le bloc de granit laisse voir sa fissure ; l'armure, son défaut; la statue d'or, ses pieds d'argile !

Les chroniqueurs du temps se sont chargés de faire la lumière et à leur tête Procope, de Césarée, sénateur de l'empire romain d'Orient, familier de la Cour.

Il n'y a pas de grand homme pour son valet de chambre, dit-on souvent. Nous ne saurions admettre la vérité absolue de cette proposition passée à l'état d'axiome.

Et sans aller chercher bien loin dans les âges, on nous permettra de le dire, non point comme une flatterie, mais bien plutôt connue un sincère hommage rendu à la vérité, nous avons connu des princes et des grands, dont le contact journalier, dont l'intimité de la vie forçait l'admiration dévouée de ceux qui avaient l'honneur de les approcher.

La véritable grandeur n'a rien à redouter de l'analvse.

Dans son ouvrage sur les Edifices dûs au faste de

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