XX PRÉFACE
guide que sa volonté toute-puissante, Justinien voulut trancher du Pontife.
Dans son orgueil, il ne se contenta pas de régler tout ce qui touchait au domaine civil, il voulut encore mettre la main sur le domaine des consciences et faire la loi dans l'Église.
H combattit Tarianisme et les diverses erreurs qui en furent le corollaire ; mais il transforma sa Cour en une sorte de concile perpétuel, dans lequel chacun disait son mot et formulait son dogme. Véritable tour de Babel où prenaient naissance d'interminables et burlesques discussions, dont l'issue était souvent fatale pour ceux qui n'adoptaient pas l'orthodoxie impériale.
Grattez le Byzantin, vous trouverez le Thrace ! Le Thrace, qui vit de disputes et de controverses, et qui, transformant ses salles de festins en champ clos, se fait, au dire d'Ovide, une arme des coupes destinées à la joie :
Natis in usum lœtitiœ soyphis Pugnare thracum est...
Justinien était un paysan d'Illyrie confinant à la Thrace.
Si par goût traditionnel il attisa, sous prétexte d'unité, les querelles religieuses, il faut reconnaître que la rudesse de sa première éducation le poussa à commettre sa plus grande faute.
Le paysan parvenu, le soldat heureux se retrouve dans le choix qu'il fit de sa compagne.
Une loi de l'Empire interdisait aux grands le mariage avec des femmes de basse extraction *,
* Humiles vero abjectasque personas eas tantummodo mulieres esse censeraus, ancillam, nncillœ filiam, libertam, libertœ filiflm, scenicam, scenicœ filiam, tabcrnariam, tabernarii vel leonis aut arenarii filiam aut eam qusB mercimoniis publiée presuit. Idèoquc hujusmodi inhibuisse nuptias scnatoribus harum fcminarum quas modo enumerayimuB œquum est. — Dat. Prid. nonas aprilis Constant, an 454. Cod. lib. V. tit. VI. leg. 7.