PRÉFACE XXI
il rapporta cette loi, en édicta une autre qui lui permit de faire asseoir à côté de lui une pantomime, née dans le cabanon d'un montreur d'ours, épave des théâtres d'Alexandrie et de Byzance.
Avec Théodora montèrent sur le trône de Pulchérie et d'Hélena Augusta, le vice, le crime et la prostitution.
C'est en vain que l'on chercherait à colorer cette union si disparate, en faisant ressortir le rôle et l'influence des courtisanes dans la civilisation grecque.
Ce rôle et cette influence furent réels.
La courtisane représentait, pour cette nation avide de symboles, le beau dans ses plus pures incarnations. Les noms d'Aspasie, de Phrynée, de Laïs, se rattachaient à l'illustration de ceux de Phidias, de Praxitèle, d'Apelle, et à la gloire d'Athènes.
Dans les grandes manifestations de l'art qu'elles avaient inspiré, les Athéniens voyaient comme ime éblouissante émanation de la patrie.
C'est qu'alors aussi, dans cette société raffinée, la courtisane s'imposait par l'incontestable supériorité de son esprit et de son patriotisme.
Périclès ne rougissait pas d'associer Aspasie à rexcrcice du pouvoir : le peuple ne s'en étonnait nullement.
Il distinguait la courtisane de la prostituée et consacrait des temples à Vénus.
Or, le christianisme avait éteint le feu des autels de Gnide et de Paphos, et celle qui fut l'Impératrice Théodora n'était qu'une vile prostituée.
Justinien ne sut pas se soustraire à ses charmes ; quand il l'eut élevée jusqu'à lui, le maître du monde eut un maître à son tour.
Son influence lui fut aussi fatale que sa beauté. Elle lutta coptrç lui dans ses controverses théologi-