‹ La Vie Byzantine au VIe SiecleChapitre 17 sur 60 · XXVIII PRÉFACE · texte numérisé non relu

XXVIII PRÉFACE

C'est en vain qu'un philosophe cherche à réagir, au nom de la liberté, qui n'a rien à gagner à la révolution :

^ Que sortira-t-il de l'explosion prochaine? dit-il „ tristement. Un nouveau despotisme plus lourd, plus „ étouffant peut-être ! La poussière humaine que „ l'orage va faire tourbillonner un instant dans les „ airs, retombera bientôt en boue sanglante!... „

Sage leçon, qui malheureusement ne touche jamais les agitateurs de toutes les époques.

Aujourd'hui, comme le viveur de Byzance, on lui répond :

^ Dussent les idoles du jour m'écraser dans leur „ chute, je rendrais grâce encore à Jupiter libéra- „ teur. „

L'exemple du passé ne convertit personne, et chaque jour ajoute une page effrayante de plus à l'histoire de l'aveuglement humain.

L'explosion a lieu en effet.

Dans les deux derniers tableaux, le drame palpite et vous saisit.

La querelle des Verts et des Bleus sert de prétexte et d'occasion.

Les commérages de la rue, les affolements du Cirque, les colères de la foule, tout contribue à grossir le flot envahissant.

La Révolution éclate. On se bat autour des palais, sur l'Augustéon, à l'Hippodrome : le sang coule à grands flots.

La ville impériale, Yœil du monde, comme l'appelaient orgueilleusement ceux-là même qui la mutilaient, est en partie brûlée. Et sur un amoncellement hideux de ruines fumantes, le glorieux Bélisaire, avec ses barbares auxiliaires, relève le trône ébranlé, autour duquel quarante mille cadavres attestent à la face de la

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