‹ La Vie Byzantine au VIe SiecleChapitre 20 sur 60 · PRÉFACE XXXI · texte numérisé non relu

PRÉFACE XXXI

L'Alexandrie des Césars n'eût rien à envier à celle des Ptolémées.

Marrast nous la montre rivalisant avec son aînée, dans un second opuscule, qui n'était pas destiné primitivement à faire corps de volume avec le précédent, mais dont nous l'avons rapproché, bien qu'il en reproduisit certains passages descriptifs.

C'est dans ce foyer d'idolâtries et de superstitions qu'il place V Apothéose, épisode émouvant, fantaisie mystique du César archéologue, que la pensée de la mort poursuit et obsède comme un problème insoluble.

Sera-t-il rangé parmi les dieux après avoir quitté la terre?

Combien de temps règnera-t-il encore sur ce monde qu'il voit prosterné devant lui ?

C'est là une double question qu'il se pose au milieu d'hommages et d'adorations qui ne lui suffisent plus.

Evoquant le souvenir de ses premiers voyages, il rappelle à un philosophe de sa Cour que dans la Chaldée, lorsqu'un ami fait pour son ami le sacrifice volontaire de la vie, les dieux l'en récompensent en lui permettant de revenir sur la terre et d'annoncer à son ami vivant l'avenir qui l'attend.

Trouvera-t-il cet ami?

Le bel Antinous, l'échanson d'Hadrien, entend le vœu formulé par son auguste maître.

Il lui offre le sacrifice de ses dix-huit ans, de sa beauté, de ses espérances, sacrifice doublement précieux, puisque c'est mourir pour César et mourir jeune, comme les bien-aîmés des dieux.

Cette flatterie nouvelle poussée jusqu'à l'immolation, émeut Hadrien; mais il l'accepte, et un soir, sous ses yeux, pendant que, rêveur, il suit le cours du Nil, Antinous se jette dans le gouffre à la recherche de la solution du problème qui consume César.

XXXn PRÉFACE

Tant d'héroïsme méritait une récompense exceptionnelle. Une ville est fondée sur la rive où le corps d'Antinous est retrouvé. Un culte nouveau est établi en l'honneur de la victime du dévouement et de l'amitié.

Ce récit semble un poème, dont le récit et le charme s'augmentent de la délicatesse du style et de la profondeur de la pensée.

Enfin, dans Bagdad sous les Kalifes, Marrast nous donne une très-curieuse étude de la civilisation musulmane sous les Abbassides.

Les grands Kalifes régnent à Bagdad, cette merveiUe de l'Orient, qui a laissé dans l'esprit des peuples de l'Islamisme un long éblouissement.

C'est la cité sainte, le berceau des Mille et une jSuits !

C'est la capitale légendaire d'Haroun, le Sultan magnifique, dont le nom brilla dans une auréole de gloire chantée par les poètes, dont l'histoire rappelle la fastueuse ambassade à la Cour de Charleraagne.

C'est l'Alexandrie, la Rome, l'Athènes de l'Asie avec Mamoun, le Sultan savant et guerrier, qui préside au merveilleux mouvement intellectuel de sa nation.

Mais c'est aussi la Byzance des rives du Tigre.

Bien des analogies, en eflFet, existent entre ces deux centres de civilisation.

On théologise avec frénésie à Bagdad comme à Byzance.

C'est le même luxe et la même profusion de magnificences.

Bagdad et Byzance rivalisent.

Le Kalife traite le Basileus de puissance à puissance. " A force de combattre, on en est venu à se connaître et à s'imiter. „ Et comme le fait remarquer l'auteur, la comparaison " est à l'avantage de Bagdad,

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