PRÉFACE XXXIII
OÙ il y a, à la fois, plus de liberté et plus d'instruction. „ Faut-il s'en étonner ? N'est-ce pas là une loi de la nature ?
Bagdad, c'est le peuple jeune et fort, guettant dans l'exubérance de son épanouissement les convulsions du vieil empire pour l'émietter et le réduire.
La guerre sainte est dans tous les cœurs. Elle est prêchée partout : le délire religieux déborde, etByzance est destinée à s'abîmer devant le drapeau triomphant du Prophète.
Telle est l'œuvre d'Augustin Marrast, mais non point toute l'œuvre.
Nous l'avons dit dans les premières lignes de cette Préface, Marrast avait une force de volonté qui lui faisait entreprendre et mener à bout les travaux les plus graves et les plus difficiles.
Ce qui le prouve, ce sont ses premières publications.
En 1866, il attirait l'attention du monde savant, par la traduction de l'ouvrage de Guillaume de Humbolt : Reche7Xhes sur les habitants primitifs de l'Espagne à l'aide de la langue Basque *.
Dans son histoire de France, en 1833, Michelet avait exprimé le regret que cet admirable petit livre ne fut pas encore traduit **.
La lacune était comblée, et, en France comme en Espagne, on faisait à la savante traduction l'accueil le plus flatteur.
On remerciait son auteur du vrai service qu'il rendait à la science, en mettant ce livre, par une introduction développée et par des annotations nombreuses, au courant des derniers travaux accomplis dans le domaine des études basques ***.
* Un vol in-8\ 1866, Paris; Franck, éditeur.
** La BiOAUDtiBB, revue de Tinstruction publique, 15 nov. 1866.
Le journal la Frai^ck du 25 juillet 1866, et la Epoca de Madrid du 5 août 1866.