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XXXIV PRÉFACE

Profondément versé dans l'étude de la philosophie allemande, il publiait, en 1869, un Essai analytique sur la philosophie du droit de Hegel.

Un de nos plus savants magistrats, auteur lui-même de nombreux et remarquables ouvrages, lui rendait dans le journal le Droit cet hommage flatteur : ^ Son style est remarquable de concision, de clarté, d'élégance. Son livre mérite de trouver place dans la bibliothèque de tout homme qui s'intéresse au progrès des idées politiques, juridiques et sociales *.

Pour se distraire de ses graves travaux entre l'analyse d'un philosophe Allemand et l'étude des chroniqueurs Grecs, Marrast traduisait en vers Goethe, Schiller, H. Heine... toutes leurs œuvres y ont passé. Peut-être avait-il l'intention de publier, un jour, ces traductions empreintes d'un grand cachet d'originalité ?

Nous n'avons rien trouvé dans ses écrits qui trahit un désir à cet égard.

Nous respecterons son silence en déplorant que la mort soit venue arrêter, dans toute la vigueur de sa maturité, ce talent tout à la fois si robuste et si fin.

De tous les. temps, les travaux des magistrats ont jeté un lustre brillant sur le grand corps auquel ils avaient l'honneur d'appartenir.

Le culte des lettres n'est pas incompatible avec celui du droit.

* M. B. do Lagrèze, conseiUer à la Cour de Pau. lb Droit, journal des Tribunaux, des 25 et 26 juillet 1866.

PBÉFACE XXXV

, Ils sont nombreux les esprits élevés, les érudits infatigables, qui ont cru bien servir leur pays en ajoutant, à raccomplissement des devoirs austères de leur charge, des études destinées à accroître le domaine intellectuel de la patrie.

Aux jours d'épreuves, lorsque son principe est combattu, son prestige attaqué, sa dignité méconnue, la magistrature française peut fièrement jeter autour d'elle un regard auquel le déchaînement des passions ne saurait rien enlever de sa sérénité. A côté des noms de ceux qui ont encore le périlleux honneur de lutter dans ses rangs pour le droit et la vérité, les œuvres de ses chers disparus lui restent à jamais comme un filial hommage et comme une suprême consolation.

Adrien PLANTÉ.

ATicien magistrat.

Pau, le 10 décembre 1880.

LA

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