‹ La Vie Byzantine au VIe SiecleChapitre 3 sur 60 · VI PRÉFACE · texte numérisé non relu

VI PRÉFACE

des courtisans et des soldats qui remplissent la nef. La foule des femmes occupe les immenses galeries supérieures.

" Les colonnes de granit et de porphyre ravies aux temples de l'Egypte et de l'Asie, les marbres de couleur, verts de Thessalie, bleuâtres de Lybie, blancs de Phrygie aux raies d'un rouge de sang, qui couvrent le sol et les parois; les lacés de fleurs et de feuillages faits de jaspe, d'agate et de nacre de perles, qui courent le long des balustrades dorées s'embrasent à la lumière de milliers de lampes d'or.

** L'encens fume ; un chœur à quatre parties où les voix profondes des hommes répondent aux voix argentines des enfants, fait entendre avec accompagnement d'orgues, des chants d'une simplicité pénétrante, échos des antiques mélodies de la Grèce. Au fond du sanctuaire apparaît, colossale, la sagesse divine, la Pallas chrétienne, personnifiée par ce peuple amoureux des symboles. Les gigantesques chérubins des pendantifs aux six ailes multicolores, la Panagia qui tient son fils debout sur ses genoux; le Sauveur bénissant Justinien prosterné à ses pieds; les patriarches, les apôtres, les saints, les martyrs, gardent encore quelque chose des nobles attitudes antiques. Les dissonnances se perdent dans la grave harmonie des fonds d'or : l'effet est puissant. L'art religieux du temps a donné sa fleur et atteint le grandiose à force d'adresse et d'éclat. „ —

Les Esquisses Byzantines eurent du succès.

L'homme éminent, si habile à captiver les esprits qu'on a pu, avec raison, l'appeler le grand charmeur, M. Jules Simon, écrivait à Marrast : ^ Vous avez trouvé le secret de rendre l'érudition attrayante. „

* Esquisses BT2ANTnrBS p. 8 à 10.

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