‹ La Vie Byzantine au VIe SiecleChapitre 48 sur 60 · LA VICTOIRE · texte numérisé non relu

LA VICTOIRE

Quant tout fut fini dans le Cirque, Bëlisaire donna l'ordre d'attaquer le Cathisma. Le portail d'airain donnant sur une des cours du palais ayant été barricadé, les soldats dressèrent des échelles d'assaut du côté de l'arène, et les scolaires de la garde ayant à leur tète Boraîdès et Justus, neveux de Justinien, se précipitèrent les premiers dans la tribune où un petit nombre de défenseurs se groupaient encore autour d'Hypathius : toute résistance était impossible. Le prétendant, renversé de son trône, fut conduit immédiatement devant l'Empereur avec son beau-frère Pompée.

Ce dernier faiblit dans ce moment.

Se traînant à genoux devant Justinien, il protestait

avec larmes de soa innocence : « Maître, dit-il, c'est » par zèle pour ta cause que nous avons rassemblé » tous tes ennemis dans le Cirque ».

— Vous avez bien fait, répondit ironiquement Justinien, mais vous n'auriez pas dû attendre que la moitié de la ville fut consumée.

Hypathius montra plus de dignité, non sans trahir son double jeu.

Après avoir reproché à son beau-frère sa contenance peu virile, il ajouta qu'il ne pouvait plaindre ceux qui avaient péri dans THippodrome par le fer des soldats, après y avoir entraîné Pompée et luimême, qui n'avaient aucun mauvais dessin contre l'Empereur.

Ce langage, comme on pense, ne désarma pas Justinien, qui ordonna aux candidats de conduire les neveux d'Anastasc dans une des prisons du palais.

La tuerie au Cirque avait coûté trois ou quatre fois plus d'hommes que les combats des rues, de trente à quarante mille peut-être.

Des messages furent expédiés sur-le-champ dans toutes les grandes villes de l'Empire pour annoncer la victoire du gouvernement.

D'après les nouvelles du soir, l'ordre régnait à Constantinople.

Pendant la nuit, une barque sortit du port impérial

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et s'avança vers la Propontide. Elle portait les corps des patrices Hypathius et Pompée qui avaient été exécutés sommairement. Ils furent jetés à la mer.

Les flots ramenèrent plus tard le corps d*Hypathius, et Justinien permit qu'on l'inhumât dans l'église de Sainte-Maure.

L'aspect de la ville à demi consumée était navrant.

On en avait fermé les portes pour empêcher les suspects de s'évader. Les ponts étaient interceptés, les vaisseaux arrêtés aux postes d'Hiéron et d'Abydos.

Dans les rues désertes et silencieuses les boutiques restaient fermées. Les portefaix d'Amastra, les matelots étrangers, les juifs du Ghalkopration erraient ça et là fouillant dans les décombres.

Dans le port, les navires se succédaient sans relâche, amenant des soldats des garnisons d'Europe et d'Asie.

Plus de soixante-dix mille hommes, la plupart barbares, campaient dans les cours et les jardins du palais impérial, sur les places publiques et jusque dans les églises.

Les Huns, trapus, basanés, portant un manteau de peaux de rats sur leurs vêtements sombres ; les Phrygiens Lycocranites ou têtes de loups, coiffés du bonnet

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national ; les Tartares au nez camus, aux longues tresses descendant jusqu'au bas des reins, ces ancêtres des futurs conquérants de Byzance, montagnards de risaurie ; les Arabes saracènes» toutes les races orientales s'y mêlaient aux fils du Nord : Goths, Mains, Gépides, Hérules.

Le lendemain les escouades, guidées par des époptes, se répandirent dans la ville et aux environs pour faire la chasse aux insurgés.

Beaucoup de sénateurs, de patriees, de personnages de distinction, réfugiés dans les églises et les monastères, en furent arrachés et périrent.

Ceux qu'on arrêtait étaient entassés dans les cachots souterrains du quartier impérial, où on leur envoyait des espions déguisés en moines pour leur arracher des révélations.

Le soir, les barbares rassemblés autour de grands feux, dévoraient des quartiers de bœuf et de mouton.

Les vins de l'Archipel coulaient à flots.

Les chambellans de l'Empereur distribuaient de l'or.

Les chants sauvages des forêts Scandinaves et des steppes de l'Asie boréale retentissaient dans la ville grecque.

Les courtisans avaient reparu bien vite et se mêlaient aux soldats sur les ruines et dans les palais abandonnés.

Cependant des tourbillons de flamme et de fumée s'élevaient de l'Hippodrome, où Ton avait amoncelé toute une forêt de pins et de cyprès, bûcher colossal où brûlaient trente mille cadavres.

De plus en plus, Tordre régnait à Byzance.

Le Basileus était sauvé t

Fin de la Vie Byzantine au vi« Siècle

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PTOLEMEES

l'alexandrie des ptolémkbs 233

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