PRÉFACE
L'assassin se saisit du sceptre ; le cadavre impérial est précipité d'une fenêtre dans le jardin du palais, et Zimiscès a déjà chaussé les brodequins de pourpre, il est salué par la foule et proclamé empereur.
Le chapitre II, Chez le Patrice^ nous initie aux détails de la vie d'un grand ; il nous montre le fonctionnaire Chadéne recevant le marchand Glycon et l'aidant à frauder TEtat. Le patrice a des intérêts dans une entreprise commerciale (jui consiste à faire entrer dans la ville, sans payer les droits de douane, la cargaison d'une caravane arrivée de l'Inde. Le marchand est remplacé par un bel esprit, littérateur, calligraphe et enlumineur. C'est un moine qui cause aussi théologie, et penche vers une hérésie qui amuse Chadène. La dissertation est interrompue par l'arrivée du fils du patrice. Celui-ci est le aandin du temps. Il amène l'incomparable Hilarion, le cocher, l'homme à la mode, coiffé du bonnet brodé de perles, chaussé de bottines citron. C'est le champion des bleus protégés par l'empereur. Lui-môme et ses amis rossent les veriSy « houspillant leurs femmes et pillant leurs boutiques. » Naturellement, la conversation change d'objet. Il est question de Comité la citharède, qui est malade ; la pantomime Callirhoé a représenté au théâtre de Chalcédoine les amours de Léda ; une statue de Saint Paul a pleuré. C'est un mauvais présage; aussi les Sarrazins ont dépassé Tarse. Puis le cocher, le moine, le patrice et son fils s'en vont à la Cour.
Plus loin, le cultivateur Daimonidas, habitant les environs de Sparte, issu d'une ancienne famille dorienne et regrettant les beaux jours de la Grèce antique, est cependant dévoré du désir de voir Constantinople, la ville des merveilles. Il s'embarque à Corinthe et aborde aux rives étincelantes de la Corne-d'Or. Vous voyez d'ici son admiration et ses naïves surprises. La donnée n'est pas neuve ; mais le thème des Lettres persanes est toujours bon. « Devant ces magnificences, le Spartiate, comme un oiseau de nuit transporté au soleil, chancelle ébloui; tantôt stupéfait devant les statues dont il n'a vu dans ses campagnes que quelques débris informes,