PRÉFACE * XI
tantôt heurté par des barbares ou éclaboussé par le char d'une hétaïre qu'il prend pour quelque basilissa. Après une course interminable qui a lassé ses jambes de montagnard^ il rentre dans son auberge, la tôte en feu, et ne se rendant pas compte encore de ses impressions. »
Il faut lire le récit de ses aventures et de ses mécomptes au milieu de cette grande ville où brillent les temples élevés àla divinité, mais où, en réalité, le seul vrai Dieu est l'or. Cependant, guidé par Dixidas, son compatriote, vieil officier retiré à Constantinople, il visite les églises, Sainte-Sophie en particulier, où il s'attarde longtemps. • Trois barbares du Nord, paraissant fort troublés, sortent avec eux de la grande église. Ces fils d'Odin, qui arrivent de leurs forêts glacées, se sont crus transportés dans le ciel dès chrétiens à l'aspect de cette splendeur inouïe et jurent avoir vu des anges s'envoler au-dessus du sanctuaire. Un prêtre passe ; ils s'agenouillent et demandent le baptême. »
Au théâtre, Daimonidas ne sait pas distinguer les courtisanes des patriciennes : il s'attendait à voir représenter les chefs-d'œuvre d'Eschyle et de Sophocle ; il n'y voit que des danses et un chien savant nommé Python « qui désigne de lui-même la femme la moins vertueuse de l'assemblée, ouvre un livre à la page qu'on lui cite ei range par ordre chronologique une série de médailles d'empereurs. » Puis, c'est la grande course du cirque et la lutte entre les Bleus et et les Verts. Nous retrouvons là l'élégant cocher, commensal du patrice Chadène, qui cette fois est vaincu par son rival Nicias. Cet événement prend les proportions d'un soulèvement populaire, et la chute des Bleus patronés par la cour provoque une émeute. Il y avait loin de là aux jeux olympiens que le Spartiate croyait retrouver à Constantinople.
Ce chapitre ost plein de curieux détails que nous ne pouvons citer ici, car notre espace est borné ; nous renverrons donc le lecteur au livre de M. Marrast.
Nous ne voulons cependant pas finir sans recommander encore l'histoire d'Eudoxie, nièce