ZU PRÉFACE
de l'Impératrice, la lionne du temps et Tamie de Comito Tathénienne, chanteuse et musicienne accomplie. Eudoxie, mariée à un vieux général khazar, qui fait la guerre sur le Danube, s'est prise de caprice pour le jeune Ygor, fils unigue du dynaste russe de Kiew. Elle travaille à civiliser ce barbare, « Tinitie aux raffinements de la toilette de la capitale et lui prodigue les ceintures brodées, les robes à personnages, les reliques de saints. » Une sorte de cicérone, de professeur et d'espion est attaché à la personne d'Ygor : c'est Polycarpe, employé à la police, bureau des barbares. Il promène le jeune chef dans tous les bons et mauvais lieux de Byzance, lui vante la force des remparts, les inépuisables ressources de l'empire. « Ce matin même, il l'a accompagné au grand Stratégion où Ygor a vu parader 10,000 soldats armés à la légère, qui avaient déjà manœuvré devant lui l'avantveille, équipés en hoplites. »
L'époux d'Eudoxie meurt à propos dans un combat contre les Turcs; sa veuve épouse le jeune Russe et part pour Kiew. Tout le long du Dnieper, dont elle remonte le cours en bravant les neuf cataractes du fleuve, et les pillards qui en infectent les rives, elle répand ses largesses et convertit quelques sectateurs d'Odin. Elle a emmené avec elle l'évéque Athanase, le professeur Polycarpe et des moines. La civilisation byzantine fait son entrée dans le pays des neiges, et bientôt les peuples de ces contrées imiteront leurs maîtres en raffinements, dans la foi, dans la philosophie, dans le luxe et dans le crime.
Adolphe Viollet-le-Duc.
Le XI X^ Siècle du 29 août 1874, souhaitait à son tour la bienvenue à l'ouvrage du savant magistrat dans un article bibliographique dont nous extrayons les lignes suivantes :
« Parmi les meilleurs symptômes intellectuels de notre époque, il faut compter l'apparition de ce que Ton appelle une liitéraiure archéologique « destinée à vulgariser les notions que l'érudi-
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lion française et étrangère a rassemblées de toutes parts sur des peuples disparus depuis longtemps de. la scène du monde. Des chercheurs qui sont en même temps des artistes, et dont Fauteur de Salambô nous offre le type accompli, se sont voués à cette tâche^ utile surtout dans un pays comme le nôtre, où les travaux obscurs et patients des savants de profession sont trop souvent ignorés du public môme lettré, ou Télégance de la forme et l'attrait de la mise en scène resteront longtemps encore (ne nous en plaignons pas) les conditions indispensables du succès d'un livre. Les Esquisses ByzaniineSj que vient de publier M. A. Marrast, appartiennent à ce genre de production si en faveur aujourd'huiy et méritent d'être signalées à l'attention des curieux et des artistes »
Le 14 mai 1874 on lisait dans le journal le Temps dont la critique élevée, froide et raisonnée est actuellement Tun des meilleurs critériums en matière de science, l'appréciation suivante, que notre ami considérait comme l'une de celles qui honoraient le plus ses travaux :
Nous nous faisons un plaisir de signaler à l'attention du public lettré ce charmant petit livre, peinture fidèle et animée de la société byzantine. L'auteur fait passer successivement sous nos yeux la ville, la cour, l'existence d'un patrice et celle d'une grande dame, le cirque et le monastère, sans oublier le Stylite sur sa colonne que vont consulter le peuple et les grands. Point de descriptions techniques et fatigantes avec M. Marrast, l'érudition prend Vîe ; nous nous mêlons à tout le mouvement de Byzance, de ses places, de ses palais, de ses églises ; nous assistons aux grandes cérémonies du culte, aux jeux publics, aux festins impériaux, aux conversations des lettrés et des dévots, des courtisans et du peuple. Nulles réflexions inopportunes ; l'auteur s'efface derrière le tableau, ou plutôt il voit les choses de si près et si bien qu'il nous les fait voir avec lui ; et cette intuition est