XIV PRÉFACE
si vive que son style même semble en avoir emprunté je ne sais quelle gravité inaltérable et quel ton impersonnel qui conviennent très bien au sujet. On lira avec un intérêt particulier le morceau intitulé : Une tragédie de Palais^ où l'auteur raconte le meurtre de Nicéphore Phocàs, et nous décrit à ce propos le cérémonial compliqué de la cour de Byzance.
Etrange civilisation, à la fois si bruyante et si stérile, si animée et si artificielle, si tragique et si vaine ! Mais ce qui est le signe le plus grave, c'est qu'elle ne paraît pas se douter de son inanité. Le Parisien du second empire, infatué de sa belle ville, capitale du monde et de la civilisation française, modèle incomparable de toutes les autres, n'était qu'à demi sincère dans sa naïveté ; il gardait encore assez de sens critique pour se juger au besoin lui-même ; et il l'a bien montré. Le Byzantin semble avoir été incurable dans son illusion : et il ne fallut pas moins que l'arrivée des Sarrasins et plus tard des Turcs pour l'en faire revenir : si toutefois il en revint. M. Augustin Marrast n'indique pas les sources où il a puisé : il aura craint, dans un tableau ou plutôt dans une série de tableaux destinée à un public de gens instruits plutôt qu'à des savants, d'embarrasser sa marche de notes et de renvois fréquents. Peut-être a-t-il trop cédé sur ce point à un scrupule d'artiste. Mais on devine aisément tout ce qu'un tel petit livre a du coûter de patientes lectures :* chroniqueurs du temps • (ils ne forment pas moins de 60 volumes), histoires et monographies modernes en diverses langues, etc. ^ ^
On nous pardonnera de finir cette revue d'une partie de la presse, qui s'occupa de l'œuvre de Marrast par la courte analyse qu'en donna V Opinion nationale du 14 septembre 1874 :
Bien peu de gens ont résolu le problème de rendre l'érudition attrayante. Entasser des détails archéologiques, se donner, d^ra/irf renfort de bouquina^ un faux air d'érudition, n'est que