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trop facile : mais raviver des cendres éteintes, évoquer des morts, créer une œuvre vivante qui, sans faire froncer le sourcil au savant de profession, intéresse et passionne Thomme du monde, voilà ce qui ne se rencontre que trop rarement ; et le bruit qui s'est fait depuis quelques années autour des travaux de ce genre, montre assez qu'ils répondent à Tune des tendances les plus marquées de notre époque, celle qui porte l'homme moderne à se rendre un compte, même minutieux, du passé.
Les Esquisses byzantines y ^na vientde publier M. A. Marrast, sont dignes de Tattention des raffinés littéraires qui ont apprécié Salammbô, Le lecteur, même instruit, qui n'a ni le goût ni le temps de compulser les 90 in-folios de VHistoria byzantina, trouvera dans ces scènes variées le tableau saisissant de vérité de la vie sociale byzantine, si curieuse et si peu connue.
Ces chapitres, sans lien apparent, donnent par le choix heureux de leurs sujets, une idée à peu près complète de ce monde étrange. La Constantinople du x® siècle, métropole religieuse et commerciale, capitale de la civilisation au Moyen-Age, revit pour nous avec ses palais et ses temples, ses vues et ses ports, et son immense fourmillement d'hommes de toutes nations : Grecs en robes de laine ou de soie. Persans mitres, nègres de Nubie, Petchenègues, Hongrois, Khazars, Bulgares à la ceinture de cuivre, marchands juifs, francs, italiens.
Au palais impérial, les pompes du cérémonial, vraie liturgie dont le monarque est le Dieu, rendent plus sinistre encore la tragédie domestique qui succède à la fête de la cour. Un jeune chef russe, chrétien de fraîche date, est initié aux délicatesses de la fashion byzantine, par son factotum. Nous le voyons étaler son élégance d'emprunt entre la citharède et la grande dame. L'espion Polycarpe, attaché au « bureau des barbares ; » un patrice, dans son opulente demeure, pleine d'images de saints, et de statues antiques ornées de cheveux postiches et de pendants d'oreilles, s'ingénie avec le marchand Glycon à frauder l'Etat, et donne audience à ses familiers, parmi lesquels figure l'incomparable
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Hilarion, un cochei% splendidement, vêtu d'une schlamvde de soie verte^ semée de paons, et coiffé d un bonnet pointu garni de perles. Nous assistons aux jeux du cirque, où la défaite delà faction verte provoque une émeute; à une représentation théâtrale^ exhibition de pantomimes et de chiens savants; à des scènes militaires, religieuses et funèbres.
L'auteur a évité la monotonie presque inséparable de la forme descriptive, en plaçant ça et là de piquants dialogues. Rassasié de mensonges et de trahisons, l'empereur s'épanche avec un stylite. Deux beaux esprits du temps se font leurs confidences littéraires et s'élèvent jusqu'au sublime du radotage. Un grec de la vieille roche, un Spartiate égaré dans les bureaux du ouesteur de Constantinople, dit rudement son fait à ce haut personnage, etc., etc.
Nous bornons là l'analyse bien incomplète du livre de M. A. Marrast, et nous renvoyons le lecteur à cette œuvre fine et distinguée d'un esprit qui n'a rien de byzantin.
D n'avait, en effet, rien de byzantin. Ce qui le prouve surabondamment, du reste, c'est la façon dont il accepta les éloges en même temps que les bienveillantes critiques, dont son livre fut l'objet. H conçut une œuvre nouvelle, qui put donner satisfaction aux uns comme aux autres.
Il voulait — la mort ne lui a pas permis de suivre son programme — l'enrichir de notes, qui, sans embarrasser la marche du lecteur, lui permissent cependant de se rendre compte de certaines circonstances oubliées depuis le temps, de faits dont la cause éloignée pouvait avoir été perdue de vue, de certaines coutumes inexpliquées, en même temps qu'elles justifieraient de l'authenticité du détail et de l'origine des renseignements.
Revenant de quatre siècles en arrière de l'époque qu'il avait décrite dans les Esquisses y il choisit, conmie