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ter quelque importante nu Reaton administrative. Aussi bien ne sommes-nous pas surpris de le voir ordonner un recensement de la Judée lorsqu’ il en dépossède l’hérodien Archelaüs et qu'il songe àla rattacher à la province impériale de Syrie en + 6.
C'est toute la Syrie qui semble avoir été pour lors - soumise aux opérations du cens (15); seulementla
Syrie, même tout entière, n’est pas à confondre avec « la terre habitée », ni le temps de la déposition d Archélaüs avec « les jours d’Hérode ».
Mais, objecte-t-on, dans une province voisine de la
Syrie, l'Egypte, il existait un cycle de recensement de
quatorze ans; c’est-à-dire qu’on procédait au dénom-
brement de la population tous les quatorze ans; pourquoi, parallèlement, n’en serait-il pas de même
en Syrie? D'abord parce que nos renseignements sur
| le « cycle égyptien » ne nous prouvent certainement . sonexistence que depuis + 19/20 ou + 20/21; pour. + 5/6 et pour — 10/9 on ne saurait raisonnable- -
ment parler que de possibilité ; ensuite parce que pas un texte ne nous montre en Syrie l'équivalent de ce qui se passe en Egypte. D'ailleurs, en supposant que
le recensement égyptien de + 5/6 soit représenté en Syrie-Palestine par le recensement dont parle … Josèphe, en l’attribuant à Quirinius, celui de — 40/9 ne saurait se confondre avec celui auquel Ze fait "allusion, puisque certainement Quirinius ne gouver- - nait pas à cette époque la Syrie. Ramsay dépense une louable ingéniosité à expliquer que, cette fois-là, Popération se trouva retardée d’un an ou deux en
Syrie et qu’il l'y faut placer en — 8/1; mais ce retard ne suffit pas encore pour qu’on la puisse rapporter à Quirinius, car, de — 9 à — 6, c’est Sentius Satur-
ninus qui gouverne la Syrie et, de — 6 à — 4, c'est, Quintilius Varus.
‘Au reste Josèphe dit clairement que lorsque Quirinius commence le recensement de + 6/17, c’est en vertu d’une mission spéciale ; il ne s’agit donc pas
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de l'exécution d’une mesure habituelle et qui irait de soi. L’émoi que montrent tout de suite les habitants nous est un sûr garant de la véracité du chroniqueur. Ainsi rien ne nous permet d'affirmer, nimême de croire, que le « le cens général » de Lese justifie par un recensement simultané de plusieurs provinces voisines.
D'autre part, un cens ordonné par l'Empereur, un cens romain, est-il vraisemblable en Judée sous le règne d'Hérode ? Ceux qui répondent par l’affirmative ne produisent que de mauvaises raisons. Hérode, roi allié (rex socius), disent-ils, ne possédait qu’une autopomie apparente; Auguste demeurait maitre d’agir en Judée selon qu'il le jugeait bon. Sans doute ; mais il ne tenait pas à s’embarrasser de l'administration du pays ‘et tout nous prouve, par exemple, que. le prince juif était entièrement le maître chez lui en matière d'impôts. En supposant mème qu'il payât encore sous Auguste le tribut jadis imposé par Antoine, il lui appartenait d’en trouver le montant comme il l’entendait, et il n’existait dans son royaume aucunetaxe proprementromaine. À diverses reprises, nous le voyons accorder des exemptions et desremises d'impôts, ce qui prouve qu’il disposait librement de ses finances, et la violente protestation qui s'élève, à sa mort, parmi ses sujets, contre sa fiscalité, nous en est une preuve nouvelle. Or un recensement romain, je pense que personne ne le conteste, n'a de sens qu’en tant qu'il précède l'établissement d’un impôt romain. On objecte que la composition du breviarium
imperi, dont il a été question plus haut, supposait
un recensement des alliés ; ce n’est pas exact : Tacite nous dit (Ann., 4, 11) que ce breviarium contenait un état des alliés sous les armes et des ressources financières de l’Empire ; le relevé administratif que cette liste suppose n’a rien à faire avec un dénombrement
de la population. La Judée ne figurait dans le brevia-
rium que pour les auxiliaires qu’elle devait peut-être
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fournir et le tribut qu’elle devait peut-être payer.
Pour établir la vraisemblance d’une intervention fiscale des Romains dans les Etats d'Hérode, on avance encore un texte de Tacite (Ann., 6, 41), d’après lequel les Clites, montagnards du Taurus et sujets d’Archélaüs, roi de Cappadoce, se soulèvent parce que ce roi veut les soumettre à un censanalogue au cens romain et, naturellement, aux impôts qui en sont la conséquence (quia nostrum in modum deferre census, pal tributa adigebatur); Vitellius, gouverneur de Syrie, envoie des troupes pour réduire les rebelles. Cela ne prouve rien, sinon que, pour sa commodité personnelle, Archélaüs prétend imposer à ses sujets un système fiscal analogue à celui des Romains, et qu'ils s’insurgent. Les autorités romaines n’ont pas ordonné l'opération et elles n’interviennent que pour aider le roi allié à rétablir l’ordre.
Enfin on a récemment essayé de tirer parti, toujours dans le même sens, d’un fait que nous connaissons par Josèphe (Ant., 17, 2, 4) : en — Tou — 6, Auguste exige, des sujets d'Hérode, un serment direct de fidélité, que nombre de Pharisiens refusent; à cette occasion, et presque nécessairement, pour s’assurer que tous obéissaient à l’ordre impérial, les Juifs avaient dû être recensés. On s’appuie sur un texte de Tertullien, qui rapporte le cens dont nous parle Le au gouvernement de Sentius Saturninus (de — 9à — 6). Malheureusement nous ne savons pas sous quelle forme'le serment en question fut prêté; nous ignorons s’il fut vraiment accompagné d’un recensement et l'affirmation de Tertullien (Ado. Marc., 4, 19) n’a, en l'espèce, aucune autorité. Elle corrige Le, mais elle ne procède pas d’un souvenir historique irrécusable touchant lopération du cens sous Saturninus, elle prouve seulement que celui qui Va formulée savait que Quirinius n’avait pas gouverné la Syrie du vivant d’Hérode. Nous n’avons donc aucune raison de croire qu’un recensement ordonné
par Auguste ait été effectué en Judée sous Hérode I°".
Voici d’ailleurs une autre difficulté : si on admet qu’un recensement a été fait en Judée vers — 7/6, on ne peut le confondre avec celui que Josèphe place, avec tant de vraisemblance, après la déposition d’Archelaüs, en + 6/7. Il y aurait donc eu deux recensements dans le pays, à une douzaine d'années de distance et, comme on ne voit pas pourquoi le premier n'aurait puservir à établir l'assiette des impôtsromains en + 6, on ne comprend pas l'utilité du second. L'expérience prouvait que l'opération provoquait d’ordinaire des troubles dont le gouvernement romain n'avait pas intérêt à renouveler l’occasion ; Josèphe, qui ne connaït que le cens de + 6/7, nous le présente comme quelque chose d’entièrement nouveau dans le pays, et qu'on y prend très mal, évidemment pour les raisons qui ont conduit les Gaulois à la révolte dans des circonstances analogues. En tout cas, je me demande comment Quirinius aurait présidé à un recensement opéré en Syrie vers 8, 7 ou 6 avant J.-C.
C'est pour tourner la difficulté que certains critiques entendent le texte de Ze comme s'il disait : ce recensement eut lieu avant que Quirinius ne füt gouverneur de Syrie ; mais, si cette interprétation arrive à se justifier grammaticalement, elle n’en reste pas moins invraisemblable : pourquoi Le, désireux d'être précis, n'aurait-il pas donné le nom du gouverneur qui avait conduit le recensement, plutôt que celui du gouverneur qui ne s’en était pas mèlé?
D'autres cherchent une solution dans ce fait que Quirinius a peut-être été deux fois légat de Syrie. Tacite, qui lui consacre quelques lignes en signalant sa mort (+ 21), dit qu'après avoir obtenu le consulat en récompense de divers services, il reçut les ornements du triomphe, pour avoir réduit les Homonadenses, montagnards de la Cilicie, en état de révolte depuis plusieurs années; après quoi il accom-