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sement, en vue de l'assiette de l'impôt romain. Or Le parle d'un recensement, qu'il attribue aussi à Quirinius, mais qui se rattache à une mesure prise pour l’ensemble de l'Empire romain (7) et qui serait à placer dix ou douze ans plus tôt, dans les derniers temps du règne d’'Hérode I‘; ni Josèphe, ni aucun autre, ne nous mentionne cette opération. Cependant Le n’a-t-il pas raison contre ce silence ? N'y a-t-il pas eu en Judée deux recensements effectués par Quiriaius, l’un en + 6/7, l’autre auparavant, au temps de la naissance de Jésus ? Ou bien, au contraire, Le ne s’est-il pas trompé, en reportant au temps d’Hérode I°° le recensement de 6/7 après J.-C. ?
Et tout d’abord est-il exact qu'il y ait eu des recensements généraux de J'orbis romanus sous Auguste ? On l’a dit (8); mais les textes invoqués ne fondent pas même une probabilité.
Nous savons qu'Auguste avait fait composer une statistique générale de l'Empire, que Suétone nomme le rationarium imperii, ou le breviarium totius imperii. Le prince l’avait, paraît-il, copiée de sa propre main ; c'était comme son vade mecum d'administrateur, et il ne devait pas être fort étendu, puisque Tibère en fit donner lecture intégraleau Sénat dans la séance où fut liquidée la succession de son prédécesseur. Tacite nous dit ce qu’il contenait : « C’élait le tableau des ressources de l’Empire, des citoyens et des alliés sous les armes, des flottes, des royaumes, des provinces, des tribuls et des péages, des dépenses nécessaires et des gratifications ». La confection d’un pareil livret supposaitévidemment de nombreusesenquèêtes de détail, mais non point un recensement total de l’Empire (9). Un passage de Dion Cassius (54,35, 1) nous apprend, à la vérité, qu'Auguste fit procéder au cens de tout ce dont il avait la disposition, comme un particulier quiinventorie sa fortune. En acceptant même qu’il ne s’agisse pas seulement des biens propres de l’Empereur, mais des provinces dont le partage de — 27 lui
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abandonnait l’entier gouvernement, il n’est pas ques- H | tion d'en dénombrer les habitants mais seulement de dresser l’état de leurs ressources disponibles (40). Tout au plus peut-on soutenir, en s'appuyant sur un autre texte du même Dion (55, 43),qu'il y eutsous Auguste un recensement des citoyens romains ; il n’intéressait pas les gens de Galilée. On n'a pas réussi davantage à tirer la preuve. souhaitée du Monument d’Ancyre (11), ni du travail de mensuration et d’arpentage que l'Empereur aurait fait exécuter dans tout l'Empire. Au vrai, nous nesommes nullement assurés quesemblable opération ait été conduite sous Auguste; nous savons seulement qu’Agrippa rassembla des documents en vue de dresser une carte du monde romain et que cette carte fut, en effet, construite après sa mort. Il y a loin de cette entreprise géographique à l'établissement d’un cadastre et à un recensement général (12), duquel,en définitive, on ne trouve l'attestation précise que dans des textes de basse époque, partis de plumes chrétiennes et influencés par Le (13). Et c’est une première erreur au compte de l'Evangéliste.
I] peut, à vrai dire, ne pas sembler impossible que Ze ait considéré comme général un recensement opéré dans plusieurs provinces à la fois. Lorsqu’en — 217 Auguste eut assumé le gouvernement des Gaules, il y fit procéder à un cens (ércypxv) des personnes et des. propriétés, destiné à préparer la nouvelle division du … pays en quatre provinces et à asseoir les impôts. L'opération provoqua des troubles assez graves, parce qu’elle laissait prévoir aux habitants une augmentation de charges; et, sans doute, ne fut-elle pas menée à bien tout de suite, puisque Drusus Ja reprit en — 12 et Germanicus en + 44 (14). Il paraît probable que, dans le même temps, l'Empereur fit également recenser l'Espagne, qu'il allaitréorganiser, et il est naturel de penser qu’il procéda de mème dans les diverses provinces impériales où il voulut appor-
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