‹ La vie cachée de JésusChapitre 17 sur 59 · INA E · texte numérisé non relu

INA E

EE : Fe 24 PE. na ls: Eee ANRT. : AL LA VIE CACHÉE DE JÉSUS +.

‘semble se subordonneraux prophéties qui doivent être accomplies : le Messie ne peut naître qu'à Bethlehem, à puisque Michée l'a dit (Mt 2, 5); il faut qu'il aille en; «4 Egypte, puisqu'il est écrit (Osée, 41, 4) : « J'ai appelé mon fils d'Egypte » (Mt, 2,15) (3) ; les cris des mères, dont le cruel Hérode fait égorger les enfants, justifient la prophétie de Jérémie (31,15) : « Une voix s'est élevée dans Rama, qui se plaignait ei poussait un long hurlement ; c'est Rachel qui pleure ses fils et ne veut pas être consolée parce qu'ils ne sont plus » (Mt, 2, 18) ; et enfin l'installation de Joseph à Nazareth vient à propos pour que s’accomplisse la prédiction « des prophètes » : Çl sera appelé Nazoréen » (2, 23) (4). Cette préoccupation de la prophétie à réaliser n’est \ point pour nous donner confiance dans la véracité de l’Hvangéliste. On remarque encore qu’il fait jouer à Joseph un rôle particulièrement important, puisque ses actes et ses songes sont comme les pivots de l'action. Certains critiques, bien disposés pour la tradition orthodoxe, en ont conclu que Mit avait reçu ses informations des descendants du Père nourricier, de ses fils, Çissus d’un premier mariage », qui tiennent une grande place dans la communauté de Palestine durant la seconde moilié du 1°° siècle. Ne serait-ce pas plutôt que le rédacteur évangélique, . désireux de justifier des allégations que la tradition apostolique ignorait, à insinué qu’elles se fondaient sur le témoignage de Joseph, certainement mort au temps où l’histoire matthéenne de la Nativité fut. rédigée et, par suite, hors d'état de la contredire? (5) En eux-mêmes, les récits du premier évangile ont tous les caractères des légendes et la seule question qu'ils posent est au fond celle de leur origine et du symbole qu’ils recouvrent peut-être. | Arrêtons-nous un instant sur l'épisode des mages. Mi ne nous dit pas ce que sont ces personnages, ni combien ils sont, ni d’où ils viennent exactement : son « de l'Orient » (éd éveroküy) manque de précision.

; ute considération et qu'il attache à leur démarche | Ja plus grande valeur. La légende postérieure dira

. qu'ils viennent d’Arabie ou de Perse; mais ces précisions ne représentent rien de plus que les développe- - ments des thèmes posés par notre Évangéliste et exé- … cutés, pour la plupart, à l’aide de textes de l’Ancien Testament (6). Quant à ces thèmes eux-mêmes, on en “ cherche l’origine également dans la Bible (7). On “ s’est demandé si, en dehors du dessein général de » montrer l'Orient, qui passait pour le berceau de la science et de la sagesse, empressé à reconnaître le …. Messie, Mt (ou sa source) n’avait point cédé, en choi- | sissant les mages pour le représenter, à quelque suggestion plus précise que celle de l'Écriture. Harnack (8) éprouve la tentation, à laquelle il n'ose d’aïlleurs pas céder, d'admettre que peut-être « des mages d'Orient sont venus à Jérusalem, au temps d’'Hérode, pour y recueillir des renseignements sur le messianisme juif et que leur voyage est déterminé par quelque conjonction d’astres. »

Nous savons, par les auteurs païens (9), qu’en l'année 66, le roi des Parthes, Tiridate, vint en Italie, avec trois mages, chargés de présents, pour rendre hommage à Néron; que ce voyage, entouré d’une …— grande pompe, fit du bruit et que les voyageurs s’en « retournèrent chez eux € par un autre chemin ». Cet … épisode n’aurail-il pas donné naissance à l’histoire évangélique que nous étudions ? Si Néron, l’Antichrist, a reçu l'hommage des rois et des sages de l'Orient, ne fallait-il pas que le Christ véritable les reçût égaleÿ ment ? Il y a là une possibilité, qui a séduit un cer- “ {ain nombre de critiques; mais la légende s'explique de façon satisfaisante sans elle. Il n’est pas non plus nécessaire de recourir à l’interprétation mythique, … d’après laquelle (10) les trois mages représentent les » trois étoiles de la ceinture d’Orion, qui, au solstice

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